Pour la première fois de sa longue carrière politique, Charles Pasque se porte candidat à la magistrature suprême. Les intentions de vote mesurées en sa faveur ne laissent guère de doutes sur se chances. Jamais le fondateur du RPF n’a dépassé les 3% d’intentions de vote exprimées dans les enquêtes Ipsos depuis sa déclaration de candidature en janvier dernier (la dernière mesure du 22 février est à 1,5%). L’ancien ministre de l’Intérieur doit en plus composer avec une impopularité qu'il n'avait encore jamais. Deux Français sur trois, et plus de la moitié des sympathisants de droite portent un jugement défavorable sur son action. Son solde de popularité est aujourd’hui largement négatif dans toutes les catégories d’âges, de revenus, et socioprofessionnelles.
Lors du premier tour de l'élection présidentielle, les 4 804 713 électeurs qui ont choisi de voter Jean-Marie Le Pen ne sont pas tous des sympathisants d'extrême droite ou du Front national. L'analyse détaillée de l'électorat frontiste indique qu'il est très semblable à celui de 1995, tout en se renforçant et en se diversifiant dans sa composition.
Avec en moyenne 6% d’intentions de vote premier tour, l’hypothèse que le candidat communiste soit le 21 avril devancé par Arlette Laguiller n’est pas à exclure. En terme de popularité, Robert Hue ne séduit véritablement aucune catégorie de la population. Son solde de popularité est aujourd’hui négatif dans toutes les catégories socioprofessionnelles et dans toutes les catégories de revenu. Même les sympathisants de gauche (EG-PC-PS) sont relativement sévères, 40% d'entre eux émettant à son égard un jugement défavorable (contre 51% de bonnes opinions). Son score actuel dans les intentions de vote, autour de 6%, reste de plus de deux points inférieur à son résultat de 1995 (8,6%).
Crédité de 4% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, la candidature du président de Démocratie Libérale n'a jamais été en mesure de troubler le jeu politique. Sa popularité s’est dégradée depuis son entrée en campagne sur l'ensemble de la population, mais s'est redressée chez les sympathisants de droite. Au niveau des catégories socioprofessionnelles, Alain Madelin ne conserve aujourd’hui un solde de popularité positif que chez les artisans, commerçants et chefs d’entreprise et chez les agriculteurs.
Bien que "les Verts" soit le parti préféré des Français, la tâche de Noël Mamère pour cette présidentielle s’annonce délicate. Jamais les candidats écologistes n’ont dépassé les 4% des suffrages exprimés au premier tour des différentes élections présidentielles de la cinquième République. Crédité aujourd’hui de 6,5% d’intentions de vote, il semble tout de même bien parti pour améliorer le score de Voynet en 1995 (3,32%), d’autant plus qu’il obtient une majorité absolue de bonnes opinions au dernier baromètre de l’action politique Ipsos-Le Point, ce qui pour lui est inhabituel.
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A moins d'une grosse surprise, Lionel Jospin devrait dimanche soir être qualifié pour le second tour du scrutin présidentiel. Souffrant d'un déficit de soutien chez les sympathisants socialistes, et plus généralement chez les proches de la gauche plurielle, il n'a jamais dépassé Jacques Chirac dans les intentions de vote premier tour. La poussée de Jean-Marie Le Pen dans les derniers sondages pourrait cependant mobiliser davantage son électorat.
Jean-Pierre Chevènement se présente pour être élu. Renvoyant dos à dos les deux têtes de l'exécutif, le député-maire de Belfort a quitté la présidence du Mouvement des Citoyens pour se consacrer exclusivement à la campagne électorale. Sa percée dans les intentions de vote l'a hissé dès l'automne au rang de troisième homme. Depuis, sa position s'est fragilisée. Chevènement a petit à petit perdu la moitié de son électorat potentiel, pour être crédité dans notre dernière enquête réalisée avant le premier tour de 6,5% d'intentions de vote.
Malgré une forte présence, dans les médias comme sur le terrain, ce n'est qu'en toute fin de campagne que François Bayrou a dépasser le seuil des 5% d’intentions de vote. Il reste toutefois loin des scores enregistrés par les candidats UDF aux premiers tours des précédentes élections présidentielles (16,5% pour Barre en 1988, 28 et 33% pour Giscard en 1981 et 1974, voire 13% pour Poher en 1969). La dynamique de fin de campagne lui est cependant favorable, dans les intentions de vote comme en terme de popularité.
Recueillant le 21 avril 19,88% des suffrages exprimés, Jacques Chirac est arrivé en tête des 16 candidats au premier tour de la présidentielle 2002. La progression des voix en sa faveur, + 682 000 par rapport à 1995, ne doit cependant pas masquer ni l'effritement du score de la droite parlementaire, qui en sept ans a perdu 2 642 000 suffrages, ni la baisse de la participation. A présent, la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour a complètement changé la donne du scrutin présidentiel. Jacques Chirac a d'ailleurs adressé vendredi un ultime appel aux électeurs de gauche pour leur demander d'aller "faire barrage" dimanche dans les urnes "à la tentation de l'extrême droite", en votant pour lui. Crédité de 75 à 82% d'intentions de vote dans notre dernière enquête, il dispose d'un potentiel de voix important. Reste à savoir si les électeurs traduiront dimanche ces intentions en actes. Face au déséquilibre supposé du rapport de force, les tentations abstentionniste et "blanc-nul" ne sont pas à exclure, surtout à gauche.