Le harcèlement en ligne est un problème très grave selon 68% des Français

Afin de comprendre l’ampleur du phénomène de cyberharcèlement en France, Meetic a confié à Ipsos la réalisation d'une enquête afin de : mesurer la gravité perçue du problème et la satisfaction à l’égard des actions mises en œuvre pour lutter contre, comprendre les idées reçues associées au cyberharcèlement, évaluer le nombre de victimes et les conséquences des situations vécues et de mesurer l’ampleur du phénomène sur les plateformes de rencontre.

Chiffres clés de l'étude :

  • Le harcèlement en ligne est un problème très grave selon 68% des Français
  • 1 Français sur 2 estime que l’on n’en parle pas assez, et près de 8 sur 10 que les actions mises en œuvres pour prévenir et lutter contre ne suffisent pas (79%)
  • 78% des Français pensent que les femmes sont plus souvent victimes que les hommes, or…
  • 59% des Français, sans différence selon le genre, ont déjà été victimes de cyberharcèlement

Le cyberharcèlement, un problème qui inquiète les Français et contre lequel les actions prises sont jugées insuffisantes

Le cyberharcèlement est considéré comme un problème grave (97%) (dont très grave pour 68%) et qui va prendre de l’ampleur au cours des prochaines années (76%).  Sa gravité doit être prise au sérieux au même titre que les autres formes de harcèlement pour 93% des Français, qui estiment que les conséquences du harcèlement en ligne pour les victimes peuvent être tout aussi graves que lors de situations de harcèlement dans la vie « réelle ».

D’ailleurs la moitié des Français a peur du cyberharcèlement pour ses proches (50%) et 3 sur 10 s’inquiètent d’en être directement victimes. Encore plus alarmant, 83% des parents d’enfants de moins de 18 ans se disent inquiets pour leurs enfants (51% sont très inquiets).

Néanmoins, malgré cette situation très préoccupante, les prises de parole et les actions contre le cyberharcèlement restent pour beaucoup perçues comme insuffisantes : 1 Français sur 2 estime que l’on n’en parle pas assez, et près de 8 sur 10 que les actions mises en œuvres pour prévenir et lutter contre ne suffisent pas.

 

Les difficultés des Français à identifier clairement ce qui relève du cyberharcèlement participent à entretenir de nombreuses idées reçues sur le profil des harceleurs et des victimes

La majorité des Français (60%) estime qu’il est facile d’identifier ce qui relève du cyberharcèlement ou non. Néanmoins, quand on leur expose une liste de 16 agissements relevant du harcèlement en ligne (selon les définitions officielles), seuls 39% les identifient tous comme tels. Par exemple, 1/3 d’entre eux (32%) considèrent qu’envoyer ou poster des photos ou images à caractère sexuel non sollicitées ne relève pas du harcèlement en ligne.

Plus inquiétant encore, près du quart des Français n’identifie aucun des 16 agissements testés comme relevant du harcèlement.

A noter que les personnes qui n’ont jamais subi de harcèlement en ligne identifient mieux ce qui en relève (48% identifient tous les agissements) que celles qui ont été victimes de plusieurs formes de harcèlement (20%). C’est le signe que les victimes ont tendance à minimiser voire normaliser le harcèlement à force d’y être confrontées.

De ce fait, les Français absorbent de nombreuses idées reçues sur le profil des harceleurs et des harcelés :

  • 90% d’entre eux pensent que les harceleurs en ligne agissent le plus souvent de façon anonyme… or, parmi les victimes, seule une sur quatre rapporte avoir été harcelée par un profil anonyme ou un faux profil. La majorité des victimes déclarent avoir été harcelées par une personne qu’elles connaissaient (56%) (connaissance, ami(e), collègue…) et 37% par une personne qu’elles ne connaissaient pas mais qui agissait sous son vrai nom.
  • 78% croient que les femmes sont plus susceptibles d’être victimes de harcèlement en ligne que les hommes… or, chez les adultes, la proportion de victimes de harcèlement est aussi élevée chez les femmes que chez les hommes (59%).

Enfin, cette faible prise de conscience de ce qu’est réellement le cyberharcèlement a même conduit près de la moitié des Français (et davantage les plus jeunes, qui ont grandi avec Internet) à avoir déjà eu un comportement pouvant en relever.       
 

La majorité de la population adulte a déjà été victime de cyberharcèlement

59% des Français ont déjà été victimes de harcèlement en ligne (16 agissements relevant du harcèlement en ligne ont été testés), qu’il s’agisse par exemple de recevoir des messages et demandes d’ajout d’amis répétées et insistantes de personne qu’ils ne connaissaient pas (32% l’ont déjà vécu), de recevoir des propos injurieux (19%) voire des photos ou images à caractère sexuel alors qu’ils ne les avaient pas sollicitées (21%).

  • Les jeunes y ont été confrontés davantage que les plus âgés, même si ces derniers ne sont pas à l’abri de ce genre de situations (74% des moins de 35 ans l’ont vécu, mais on enregistre également une proportion de victimes élevée passé cet âge : 59% des 35-59 ans et 47% des 60 ans et plus).

Dans le même temps, près d’un Français sur deux (48%) en a déjà été témoin : un chiffre inférieur au nombre de victimes, qui montre bien que ces situations ne sont pas toujours publiques mais souvent insidieuses.

Les principales plateformes sur lesquelles le harcèlement se produit sont les réseaux sociaux (42% des utilisateurs de réseaux sociaux ont déjà été victime de harcèlement sur ces plateformes). Elles sont suivies des applications de communication (16% des utilisateurs), au même niveau que les applications de rencontres (16% : 22% des utilisatrices contre 12% des utilisateurs).     
 

Face au risque de se faire harceler en ligne sur un site ou une application de rencontre, les utilisateurs estiment que les plateformes mettent de plus en plus de moyens en œuvre pour l’éviter

Les utilisateurs reconnaissent que le risque de se faire harceler varie fortement d’un site ou application de rencontre à un autre (73%), notamment car certaines plateformes font plus d’efforts que d’autres pour prémunir leurs usagers du harcèlement (76%).

Face à la situation de harcèlement vécue sur une application de rencontre, les victimes auraient souhaité, en premier lieu, pouvoir demander à l’application que le profil du harceleur soit supprimé (45%). En second choix, les victimes auraient aimé que l’application repère directement les messages de harcèlement (37%) ou, en quatrième position, que l’application envoie des messages au harceleur pour lui expliquer que son comportement pose problème (30%). 

Néanmoins, la majorité des utilisateurs actuels de sites ou applications de rencontre (61%) perçoivent que ces derniers mettent déjà de plus en plus de moyens en œuvre pour prévenir et lutter contre le harcèlement sur leurs plateformes.

Enfin, la très grande majorité des Français (90%) estime que la création d’outils pour détecter les potentiels harceleurs sur les applications de rencontre, en les identifiant par exemple quand de nombreux messages sont envoyés à la suite alors qu’ils restent sans réponse, est une bonne démarche (une très bonne démarche pour 35%).

 


Fiche technique : enquête menée en ligne du 26 octobre au 3 novembre auprès de 3 000 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

meetic ipsos

 

A propos de Meetic

Leader du dating en France, Meetic s’engage contre le cyberharcèlement depuis sa création avec une équipe modération active 24/24 et des outils mis à disposition des célibataires. Pour aller plus loin, Meetic mise désormais sur Lara, son intelligence artificielle, qui intervient en cas de cyberharcèlement en venant en aide à la victime et en faisant de la pédagogie auprès de l’harceleur présumé. Plus d’informations : https://www.meetic.fr/p/actualite/cyberharcelement/

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