Le rapport des Français aux impôts demeure très critique, mais on observe une inflexion sur ce sujet

Selon notre étude Ipsos Sopra Steria pour Le Monde et Fondafip, les Français sont critiques envers la fiscalité, 55% trouvent les impôts excessifs, 63% contribuent plus qu'ils ne bénéficient.

Déjà menée en 2013 et 2018, cette étude montre que les Français restent critiques à l’égard de la fiscalité. 55% d’entre eux considèrent que le montant des impôts et taxes est excessif et 63% qu’ils contribuent plus qu’ils ne bénéficient du système. 

Au-delà du poids de la fiscalité, 73% des personnes interrogées considèrent que les pouvoirs publics utilisent mal l’argent des impôts et une grande majorité appellent à une baisse des dépenses publiques plutôt qu’à une hausse de la fiscalité pour réduire la dette publique.

Néanmoins, si le rapport aux impôts est toujours très critique, on observe un fléchissement de cette perception critique. En effet, la part des Français considérant le montant des impôts comme excessif est passée en 10 ans de 72% à 55%. On observe aussi que la part des répondants ayant le sentiment de contribuer plus que de bénéficier du système est passé de 74% en 2013 et 2018 à 63% en 2023. Alors que la vague précédente avait été réalisée en novembre 2018, au début du mouvement des Gilets jaunes, on observe une évolution de l’opinion au cours de ces cinq dernières années, sans doute liée à la pandémie et à l’importance qu’a pris l’enjeu du maintien des services publics. En effet, si 37% des Français justifiaient le taux important d’imposition par la volonté de maintenir un service public significatif en 2018, ils sont 47% à citer cette raison cette année.

De même, la part des Français ayant le sentiment de faire un acte citoyen en payant leurs impôts progresse pour atteindre 59%, soit une hausse de 5 points en 5 ans.

La perception des impôts varie fortement d’un prélèvement à l’autre. Si l’impôt sur la fortune immobilière parait justifié à 82% des Français, et l’impôt sur les sociétés à 81%, on observe que certains impôts paraissent peu justifiés, notamment les droits de succession (26% seulement les considèrent comme justifiés). 90% des Français considèrent en effet comme normal la transmission aux enfants, ce qui nécessite un impôt sur les successions peu élevé tandis que 86% estiment une réduction de cet impôt juste car l’argent taxé lors d’une succession l’a déjà été précédemment.

La politique fiscale du gouvernement, si elle est mieux perçue cette année qu’en 2018, est toujours vue d’un œil critique par les Français. 36% (+12 points) seulement l’estiment bénéfique pour la croissance et 28% (+12 points) juste. Si la suppression de la taxe d’habitation est considérée comme une bonne chose par 70% des répondants, la baisse des cotisations chômages en échange d’une hausse de la CSG est vue comme une mauvaise chose par 51% des Français tandis que le remplacement de l’ISF par l’IFI est mal perçu par 60% des répondants. Autre réforme importante, la mise en place du prélèvement à la source apparait comme une bonne réforme aux yeux de la grande majorité (79%) des répondants.

L’utilisation des impôts dans le cadre de la politique écologique n’est pas perçue comme une bonne idée aux yeux des Français. 69% considèrent en effet que cela pénalise avant tout les personnes les plus pauvres. En revanche, la proposition d’une taxe spéciale sur le patrimoine des personnes les plus aisées suscite l’approbation de 58% des Français.


A propos de cette enquête

Sondage mené du 9 au 12 juin 2023 par Ipsos avec son partenaire Sopra Steria pour Le Monde et Fondafip auprès de 1000 personnes, constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Ipsos et son partenaire Sopra Steria
            LE MONDE FONDAFIP

 

Auteur(s)

Articles liés

  • Inégalités d'accès à l'emploi en France | Jeunesse
    Inégalités Enquête

    Jeunesse et emploi : l’égalité des chances à l’épreuve des réalités

    80 % des moins de 25 ans estiment qu’à efforts égaux, tous ne disposent pas des mêmes opportunités professionnelles. Dans les quartiers prioritaires, cette proportion atteint 90 %. L’enquête Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour la Fondation Mozaïk explore les perceptions des inégalités d’accès à l’emploi, notamment dans les QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville) et les zones rurales, leur impact sur le sentiment d’appartenance à la société et les attentes des Français à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
  • Manifestations du 17 octobre 2026 | Violences urbaines | Sondage Ipsos bva

    Violences du 17 octobre : les Français entre colère, inquiétude et honte

    Comment les Français ont-ils vécu les violences du 17 octobre, et qui tiennent-ils pour responsable de la situation ? L’enquête Ipsos bva-CESI École d’ingénieurs et Le Parisien met en lumière les émotions ressenties, les attentes envers les pouvoirs publics et les perceptions de l’attitude des responsables politiques.
  • Élection présidentielle de 2027 | Elysée | Sondage d'intentions de vote

    Présidentielle 2027 : Mélenchon progresse, Le Pen reste en tête

    À six mois de l’élection présidentielle de 2027, un nouveau sondage Ipsos bva-CESI École d’ingénieurs pour Le Parisien fait le point sur les intentions de vote selon quatre hypothèses de premier tour. Marine Le Pen reste en tête, tandis que Jean-Luc Mélenchon progresse et se qualifierait pour le second tour dans les configurations testées. Le bloc central recule, notamment Édouard Philippe et Gabriel Attal. L’enquête examine également les réactions des Français aux violences du 17 octobre et leur appréciation de l’attitude des responsables politiques.