Les Français et leurs économies : état des lieux

Alors que le pouvoir d’achat est revenu parmi les premières préoccupations des Français depuis quelques mois, mieuxplacer.com publie les résultats de son étude réalisée avec Ipsos sur la relation des Français à leur épargne. Se sentent-ils concernés ? Ont-ils le sentiment d’être libres dans leurs choix ? Pensent-ils être bien conseillés ? Ont-ils une vision claire des frais qui sont prélevés sur leurs économies ?

L’étude révèle que les Français ont majoritairement adopté une forme d’épargne automatique, construite sur des comportements transmis par leur entourage, quand bien même cela ne leur apporte aucun bénéfice. Ils ne questionnent aujourd’hui ni leur utilisation restrictive de l’épargne, davantage focalisée sur la peur de l’avenir que sur l’envie de réaliser des projets, ni les frais prélevés sur leurs économies. S’ils ne sont pas certains d’être bien conseillés, ils ne se sentent pas nécessairement en mesure de remédier à cette situation.
« Cette étude valide un constat que j’ai fait tout au long de mes vingt ans de carrière dans ce secteur : les Français ne connaissent pas l’épargne. Ni ses mécanismes, ni les différents produits ou combinaisons de produits qui peuvent leur permettre d’améliorer durablement leur quotidien. Ils se considèrent – à tort – comme peu ou pas concernés, alors même qu’existent aujourd’hui des solutions pour tous les portefeuilles. Entretenus dans leur « zone de confort » qui n’en est pas une, ils se voient conseiller des produits qui ne correspondent pas à leurs projets, la plupart du temps par des intermédiaires non spécialistes de l’épargne. Souvent, ils préfèrent continuer de perdre de l’argent plutôt que de tenter de comprendre comment tirer le maximum de leur épargne, pour leur pouvoir d’achat au quotidien, pour leurs enfants, pour leur retraite. C’est pour cette raison que j’ai voulu écrire, à leur intention, le Manuel de survie dans le milieu hostile de l’épargne ! »
Guillaume-Olivier Doré, président et fondateur de mieuxplacer.com

Les Français pratiquent majoritairement une épargne automatique, quitte à reproduire des schémas d’épargne qui ne sont plus rentables

C’est ainsi que 2 Français sur 3 définissent l’épargne comme le fait de placer leurs économies sur leur livret A – une pratique à laquelle ils sont traditionnellement très attachés, alors même que près de 7 Français sur 10 ont conscience que l’action combinée des faibles taux d’intérêt et de l’inflation leur fait perdre de l’argent. Pour 1 Français sur 3, épargner c’est conserver ses économies sur son compte courant et faire attention à ne pas trop dépenser ; 7% des personnes interrogées déclarent même garder leurs économies en liquide chez eux ou dans un coffre-fort !

Dans le choix de l’intermédiaire également, les Français tendent à conserver leurs habitudes, en dépit des avancées que permettent les nouvelles technologies : 1 Français sur 2 continue de demander conseil à son banquier, tandis que seuls 8% des Français ont recours à internet pour choisir leurs produits d’épargne.

Les Français ne sont pas certains d’être bien conseillés dans leur épargne, et ne sont pas convaincus que leur schéma actuel d’épargne va leur permettre de réaliser leurs projets, mais cela ne leur fait pas remettre en cause leur manière de faire ou les intermédiaires qui les conseillent.

S’agissant du bénéfice réel de l’épargne, les Français font preuve de fatalisme : seul 1 Français sur 10 est aujourd’hui convaincu que la manière dont il est conseillé va lui permettre de réaliser les projets qui ont suscité son envie ou son besoin d’épargner.

De la même manière, si la majorité des personnes interrogées déclare avoir pu discuter de son projet avant de recevoir un conseil, 1 Français sur 3 a eu le sentiment de subir le choix des produits d’épargne qui lui ont été vendus par son intermédiaire.

Cette incertitude sur la valeur réelle des conseils reçus s’accompagne d’une perception très floue du montant des frais prélevés sur l’épargne : si la majorité des personnes interrogées a conscience de ces frais, près d’1 Français sur 3 continue de penser que toutes les sommes qu’il verse sont effectivement placées !

Les Français ne perçoivent pas encore tout le potentiel de l’épargne, mais expriment néanmoins une véritable soif de conseil et d’innovation dans la manière de placer leurs économies.

Dans leur majorité, les Français pratiquent une épargne « refuge », dont l’objectif premier est de parer aux imprévus et aux accidents de la vie : c’est le cas pour 67% d’entre eux. Si les potentialités de l’épargne pour améliorer le pouvoir d’achat au quotidien et préparer son avenir comme celui de ses enfants sont entrevues, elles ne sont pas encore exploitées pleinement : seuls 2 Français sur 10 déclarent épargner pour financer les études de ses enfants, et à peine plus d’1 Français sur 10 pour réduire le montant de ses impôts.

En parallèle, on relève une véritable réflexion des Français sur ce qui pourrait être amélioré dans la proposition d’épargne qui leur est faite : près d’1 Français sur 2 déclare en effet qu’il souhaiterait une communication plus transparente sur les produits qui lui sont proposés ; 4 Français sur 10 opteraient volontiers pour un produit en faveur de l’écologie et du développement durable, 1 Français sur 3 pour un produit plus responsable, etc.

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Fiche technique : enquête Ipsos pour MieuxPlacer.com menée du 14 au 18 mars 2019 auprès de 1 083 personnes constituant un échantillon représentatif de la population Française.

Auteur(s)

  • Laurent Boudon - Directeur de Clientèle, département Market Strategy & Understanding
    Laurent Boudon
    Directeur de Clientèle, département Market Strategy & Understanding

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