Les Français et l’inflation : comment la perçoivent-ils ?

Alors qu’en France les prix à la consommation ont progressé de 2,8 % en 2021, et que cette hausse ne semble pas s’endiguer, Ipsos dévoile en exclusivité les résultats de son étude Global Advisor* sur la perception de l’inflation dans 30 pays à travers le monde. L’étude met en lumière une dynamique mondiale: environ les deux tiers des consommateurs dans 30 pays déclarent que les prix qu'ils paient actuellement pour le transport, la nourriture et les boissons sont plus élevés qu’il y a six mois. Un constat largement partagé par la France, qui anticipe par ailleurs de nouvelles augmentations sur les trois prochains mois : 4 Français sur 10 prévoient en effet de prochaines hausse sur le trimestre à venir. Un ressenti qui aura sans nul doute un impact dans les résultats des élections à venir.

Chiffres et enseignements clés de l’étude :

  • 53% des Français déclarent que les prix qu'ils ont payés ces dernières semaines semblent généralement plus élevés qu'ils ne l'étaient il y a six mois (moyenne mondiale : 59%)
  • Les postes de dépenses ayant le plus augmenté selon les Français sont :
    • Les transports (72%)
    • Les charges (71%)
    • La nourriture (66%)
  • 4 Français sur 10 s’attendent a une augmentation de leurs dépenses dans les trois prochains mois

Inflation  : Les Français sentent passer la facture

Alors que l’étude Ipsos Obs’COP 2021** publiée à l’automne dernier révélait que la question du coût de la vie est désormais en tête des préoccupations des Français (57%, +7pts par rapport à 2020), Ipsos dévoile une nouvelle étude sur la perception de l’inflation dans 30 pays à travers le monde, dont la France. Une majorité des consommateurs à travers le monde (59%) déclare que les prix qu'ils ont payés ces dernières semaines leur paraissent généralement plus élevés qu'ils ne l'étaient il y a six mois. Un constat partagé par 53% des Français, particulièrement chez les 50-74 ans (57%),  et les revenus annuels entre 18 001 € et 36 000 € (56%).  

A noter qu’à l’échelle mondiale : les 12 pays étudiés où les prix sont le plus largement perçus comme ayant augmenté comprennent six pays d'Amérique latine, quatre pays d'Europe centrale et orientale, la Turquie et l'Afrique du Sud. À l'opposé, le Japon et la Chine sont les pays où les consommateurs sont le moins susceptibles de dire que les prix qu'ils ont payés récemment sont plus élevés.

 

Transport, charges, nourriture : les trois postes de dépense ayant le plus augmenté selon les Français

Quels postes de dépenses ont le plus augmenté selon les Français ? Sans surprise, les transports (essence, paiement et entretien de la voiture, stationnement, transport en commun…) arrivent en tête pour 72% des sondés, suivi de près par les charges incluant électricité, gaz, eau, téléphone, internet (71%), et la nourriture / les boissons (66%). Une perception en phase avec la réalité des prix à la consommation, qu’il s’agisse de l’essence, de l’énergie ou encore de l’alimentaire – comme vu récemment avec le prix de la baguette.

« Une partie des Français réalise que les hausses n'étaient ni des fictions médiatiques ni réservés aux autres, sont déstabilisés parce qu’ils ne les avaient pas anticipées et n’imaginaient pas devoir changer leurs habitudes ni leur « train de vie », surestimant notamment leur pouvoir d’achat arbitrable. Ils peuvent se sentir déclassés et frustrés parce qu’aucun plaisir n’est associé aux dépenses contraintes, la plupart étant des frais de fonctionnement pour accéder à des services (téléphonie, streaming, etc.) et représentent des charges sans bénéfice immédiat, ce qui peut susciter rancune et exaspération. »

Yves Bardon,

Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Center.

 

Concernant les autres postes de dépenses, les Français sont minoritaires à percevoir une évolution importante des prix : ils sont 46% à observer une hausse des prix des vêtements ces 6 derniers mois (versus 55% de la population mondiale), 38% à trouver le prix de leur logement supérieur (contre 51% en moyenne à l’échelle mondiale, soit 13 points de moins), idem pour le prix des prestations de santé – là où 73% des Argentins par exemple perçoivent une hausse des prix dans ce secteur. Enfin, 43% des Français ont également observé une augmentation des tarifs dans le secteur du divertissement, un chiffre là encore inférieur au ressenti global (49%).

 

4 Français sur 10 s'attendent à une augmentation de leurs dépenses dans les 3 prochains mois

Et les choses ne sont pas prêtes de changer selon les Français : ils sont en effet 40% à s’attendre à ce que les dépenses totales de leur ménage évoluent à la hausse au cours des trois prochains mois, (« beaucoup » pour 14 %, « un peu » pour 26%) tandis que 44 % disent qu'elles ne changeront pas et 16 % qu'elles diminueront. Une crainte particulièrement partagée par les moins de 35 ans (42%), et les revenus moyens (44%).

 

« Les hausses des prix induites par l’inflation ont un impact réel sur la période électorale. Elles diminuent le pouvoir d’achat de la grande majorité et font apparaître une nouvelle catégorie de Français « surpris », qui se découvrent plus vulnérables qu’ils l’imaginaient face à l’augmentation des prix et qui rejoignent ceux dont le pouvoir d’achat était déjà fragile. 

Ce contexte peut alimenter les frustrations et les tensions si les électeurs ont l’impression que les candidats restent sur leur positionnement et leurs principes idéologiques et sont déconnectés de leurs réalités économiques quotidiennes »

conclut Yves Bardon.


Méthodologie : Enquête de marché menée par Ipsos sur sa plateforme en ligne Global Advisor. Ipsos a interrogé un total de 20 504 adultes âgés de 18 à 74 ans aux États-Unis, au Canada, en Malaisie, en Afrique du Sud et en Turquie, de 21 à 74 ans à Singapour et de 16 à 74 ans dans 25 autres pays, entre le 19 novembre et le 3 décembre 2021.
L'échantillon se compose d'environ 1 000 personnes en Australie, au Brésil, au Canada, en Chine continentale, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Italie, au Japon, en Espagne et aux États-Unis, et 500 personnes en Argentine, en Belgique, au Chili, en Colombie, Hongrie, Inde, Malaisie, Mexique, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Roumanie, Russie, Arabie saoudite, Singapour, Afrique du Sud, Corée du Sud, Suède et Turquie. Les échantillons en Argentine, en Australie, en Belgique, au Canada, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Hongrie, en Italie, au Japon, aux Pays-Bas, en Pologne, en Corée du Sud, en Espagne, en Suède et aux États-Unis peuvent être considérés comme représentatifs de l'adulte général de ces pays. Population de moins de 75 ans. Les échantillons au Brésil, au Chili, en Chine continentale, en Colombie, en Inde, en Malaisie, au Mexique, au Pérou, en Roumanie, en Russie, en Arabie saoudite, à Singapour, en Afrique du Sud et en Turquie sont plus urbains, plus instruits et/ou plus aisés que la population générale. Les résultats de l'enquête pour ces pays doivent être considérés comme reflétant les points de vue du segment le plus « connecté » de leur population. Les données sont pondérées de manière à ce que la composition de l'échantillon de chaque pays reflète au mieux le profil démographique de la population adulte selon les données de recensement les plus récentes.
La « moyenne mondiale des pays » reflète les résultats moyens de tous les pays où l'enquête a été menée. Il n'a pas été ajusté à la taille de la population de chaque pays et n'est pas destiné à suggérer un résultat total. Lorsque les résultats ne totalisent pas 100 ou que la « différence » semble être de +/- 1 de plus/moins que la réalité, cela peut être dû à des arrondis, à des réponses multiples ou à l'exclusion de « ne sait pas », ou non- réponses énoncées. La précision des sondages en ligne Ipsos est calculée à l'aide d'un intervalle de crédibilité avec un sondage de 1 000 précis à +/- 3,5 points de pourcentage et de 500 précis à +/- 5,0 points de pourcentage. Pour plus d'informations sur l'utilisation des intervalles de crédibilité par Ipsos, veuillez visiter le site Web d'Ipsos. La publication de ces résultats est conforme aux règles et réglementations locales

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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