Les Français jugent leur agriculture

Malgré les scandales et les controverses qui défrayent régulièrement la chronique, l’agriculture française continue de bénéficier d’une large confiance auprès du public. Mais les attentes du consommateur restent fortes. Et parfois paradoxales. Ipsos fait le point pour Opinion Valley (Groupe Comfluence) sur le rapport de la population française avec ses agriculteurs.

DES FRANÇAIS ATTACHÉS À LEUR AGRICULTURE

Notre étude réalisée pour Opinion Valley (Groupe Comfluence) montre tout d’abord que l’agriculture est un secteur d’activité qui compte aux yeux des Français car ils le situent, parmi 10 autres secteurs testés, comme le plus stratégique et important pour la France, avec celui de l’énergie, et juste devant celui de la santé : ces trois secteurs répondent en effet à des besoins vitaux (se nourrir, se chauffer, se soigner).

Une grande majorité de Français accordent leur confiance dans l’agriculture pour produire des aliments sains et de qualité (68%), mais près d’un tiers de la population (30%) se dit tout de même défiante.

Ce niveau de confiance varie en fonction des produits considérés : si la confiance est dans la moyenne globale pour les fruits, les céréales, la viande, les légumes et les poissons (entre 65% et 70% de confiance), elle est plus forte pour le lait (76%) et le vin (79%), mais nettement plus faible pour les volailles (55%), l’opinion française ayant été particulièrement marquée ces dernières années par les scandales dans certains élevages.

UN NIVEAU DE QUALITÉ EN BAISSE ?

Si la confiance est majoritaire dans l’opinion française, le sentiment est cependant que le niveau de qualité et de produits sains est en baisse sur les dernières décennies : près des deux-tiers (61%) estiment que les produits sont de moindre qualité et moins sains qu’il y a 40 ans.

Les attentes et critiques sont de fait nombreuses de la part des Français : si la productivité et la compétitivité sont des domaines dans lesquels ils estiment que les efforts fournis par le secteur sont satisfaisants (à 67%), ce résultat peut être également lu de manière inverse et critique, tant ils semblent pointer du doigt que ces efforts économiques se font au détriment d’autres paramètres. Ainsi, les efforts fournis sont jugés insatisfaisants par une majorité de la population sur : la maîtrise des risques pour la santé des consommateurs (58% de réponses négatives), la prise en compte du bien-être animal (61%), le bien-être des agriculteurs (64%), mais surtout la préservation de l’environnement (66%) et la réduction des intrants, pesticides, engrais (70%).

DEUX VISIONS DE L'AVENIR

On sait, à travers les études déjà publiées sur le sujet, que la science, l’innovation et la R&D provoquent des sentiments partagés en matière d’agriculture et d’alimentation, tant celles-ci sont associées par l’opinion à la production intensive et à l’utilisation d’intrants, précédemment pointées du doigt. En pensant à l’avenir, les Français sont ainsi autant à anticiper dans les 15 prochaines années des effets positifs et des effets négatifs (un tiers à chaque fois, un autre tiers ne se positionnant pas) de la part des innovations scientifiques, que ce soit en matière de sécurité alimentaire, de qualité de produits ou même de capacité de production. Ils sont même plus nombreux à être négatifs (41% vs 32% de réponses positives) concernant les effets de ces innovations sur l’environnement.

PRIX ET ORIGINE DES PRODUITS EN TÊTE DES CRITÈRES DE CHOIX

La dernière question de notre sondage portait sur les critères de choix des produits alimentaires. Si, bien sûr, le prix arrive en tête (71% y sont « très » ou « extrêmement » attentifs), le 2ème critère est celui de l’origine /du « made in France » (60%), suivi par le fait qu’ils soient de saison (56%) et leur aspect (55%). La recherche de « sans » (sans OGM, sans additifs, sans conservateurs, sans antibiotique) intervient également dans le choix (pour environ la moitié des répondants de manière importante). Le fait que le produit soit bio arrive, lui, en fin de liste : 29% des Français s’y disent extrêmement ou très attentifs, mais 37% n’y sont à l’inverse pas attentifs. Sur ce point on note d’ailleurs de vrais différences selon le profil de population (alors que pour les autres questions du sondage, les différences par catégories de population sont plutôt faibles) : le bio attire davantage les catégories aisées/cadres (37%), davantage en quête de normes et labels pour des aliments qui sont produits à distance, alors que les Français habitant en zone rurale sont 45% à ne pas y être attentifs, étant sans doute davantage rassurés par le fait qu’ils achètent à des producteurs à proximité ou qu’ils connaissent.

Fiche technique : Enquête Ipsos pour Opinion Valley menée en ligne du 19 au 21 septembre 2018 auprès d'un échantillon représentatif de la population Française de 1003 personnes de 18 ans et plus.

Auteur(s)

Articles liés

  • Pratique sportive des enfants | Jeunesse | Sport
    Sport Enquête

    Pratique sportive des enfants : 37 % abandonnent en cours d'année

    Pour la Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO) et le programme Kinder Joy of Moving, Ipsos bva a mené une étude menée auprès de 700 parents d’enfants de 5 à 15 ans pour décrypter les pratiques sportives des enfants, les critères qui guident le choix des sports et les attentes des familles. Si le sport occupe une place importante dans le quotidien des enfants, l'étude met en évidence de nombreux obstacles, tels que la difficulté à trouver l'activité la plus adaptée, la perte de plaisir ou de motivation, ou encore les contraintes d'organisation. Face à ces défis, les écoles omnisports permettant aux enfants de découvrir plusieurs disciplines plutôt que de se spécialiser, apparaissent comme une solution concrète pour donner envie de pratiquer… et surtout de continuer.
  • Les sujets de dispute des Français | Baromètre Drees 2026
    Société Enquête

    Baromètre d'opinion de la Drees 2026 : les sujets de désaccord des Français avec leurs proches

    Depuis 2024, la Drees interroge les Français sur la fréquence des désaccords avec leur entourage proche — familial ou non — sur différents sujets de société. Ces données apportent un éclairage précieux, non seulement sur les objets de conflictualité, mais aussi sur les groupes les plus exposés aux désaccords.
  • Démographie | Childfree | Baromètre d'opinion de la Drees

    Démographie : comment expliquer le choix des Français décidant de ne pas avoir d'enfants ?

    La France connaît une évolution majeure de sa composition démographique : la part des 65 ans et plus est passée de 14,9% en 1995 à 21,8% en 2025, tandis que celle des moins de 20 ans a reculé (de 26,4% en 1995 à 22,9% en 2025). Dans le même temps, la natalité, déjà orientée à la baisse depuis les années 1970, diminue nettement depuis 2010[1]. Cette évolution installe durablement la question démographique au cœur de l’agenda public.
    Le baromètre d’opinion de la Drees interroge la perception des Français concernant la décision de ne pas avoir d’enfants, en leur demandant quelles raisons jouent le plus dans ce choix.