Les parents au volant, des exemples pour leurs enfants ?

A la veille des vacances de Noël, qui sont l’occasion de trajets sur la route en famille, la Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable dévoile les résultats d’une étude inédite sur les parents au volant. Est-ce que la présence d’enfants dans la voiture modifie leur comportement ? Comment les enfants perçoivent-ils la conduite de leurs parents ? Quel rapport à la sécurité routière, et plus globalement à la responsabilité et au respect des règles, leur est-il transmis ? 

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs
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DES ENFANTS CONFIANTS DANS LA CONDUITE DE LEURS PARENTS … ET DES PARENTS TRES SURS D’EUX-MEMES

Les enfants se sentent en sécurité en voiture et font spontanément preuve d’une grande confiance dans la conduite de leurs parents : en moyenne, ils leur donnent une note de 8/10. Ainsi ce garçon de 12 ans qui parle de sa mère en ces termes : « C’est une conductrice bien et puis c’est ma maman, elle ne va pas faire n’importe quoi quand je suis là ».  Ou cet autre enfant de 16 ans : « Ça va, on a confiance en nos parents, et puis on a l’habitude, ils gèrent. On est zen ». Même si les parents s’attribuent une note légèrement inférieure (7,3 en moyenne), ils font cependant preuve de beaucoup d’assurance au volant. Ainsi Isabelle, mère de 3 enfants : « je suis une conductrice très décontractée, j’ai un savoir-faire ». Ou Yoann, père de 2 enfants : « je n’ai jamais eu d’accidents, je suis en pleine maîtrise ». Le Professeur Daniel Marcelli analyse ce sentiment de confiance partagé entre les enfants et les parents : « Pour les enfants, la voiture c’est encore un peu la maison et même plus, comme un cocon, dans lequel on se sent bien, d’autant qu’ils ont toujours au moins un parent avec eux. Quant au parent, il se comporte comme tout conducteur, avec ce plaisir que donne le volant et souvent un sentiment de maîtrise excessif… »

COMPORTEMENTS A RISQUES SUR LA ROUTE : DES ENFANTS OBSERVATEURS ET QUI NE SONT PAS DUPES

Si les parents modifient certaines pratiques lorsqu’ils conduisent avec leur famille à bord du véhicule (68% roulent moins vite et 66% s’énervent moins au volant), ils sont pour autant loin d’adopter une conduite responsable et en sont conscients :

  • 77% d’entre eux admettent dépasser tout de même les limitations de vitesse ; une attitude confirmée par 65% des enfants, qui trouvent que leurs parents roulent trop vite.
  • 59% oublient parfois de mettre leur clignotant pour tourner ; une négligence relevée également par 59% des enfants.
  • 38% des parents ne s’arrêtent pas pour laisser passer les piétons. Une entorse au code de la route observée par 31% des enfants - qui sont eux-mêmes très souvent piétons.

Comme l’analyse Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation VINCI Autoroutes, « les enfants sont particulièrement attentifs à la conduite de leurs parents et leur observation des comportements inciviques ou du non-respect des règles est très développée ; leur perception coïncide d’ailleurs précisément avec la réalité des comportements de leurs parents. Ces derniers, qu’ils s’en rendent compte ou non, conduisent sous le regard lucide de leurs enfants. En ce sens, ils ne peuvent se dérober à leur responsabilité de conducteurs. »

 

 (1)

Le non-respect du code de la route ou les incivilités sont souvent justifiés dans la bouche des parents par un quotidien complexe à gérer, des rythmes de vie qui s’accélèrent et le stress qui les accompagnent. Ainsi, Jennifer, mère d’une fille de 3 ans et d’un garçon de 7 mois à Paris, explique: « La vie avec les enfants, on est pressé, on est fatigué, il faut les emmener quelque part, je suis toujours en train de courir, c’est sûr que je ne vais pas conduire juste à 30 km à l’heure, c’est des chemins que je connais ». Et Sébastien, père de 2 enfants : « je suis toujours à 5-10 km/h au-dessus. Le cas typique, c’est pour aller au travail où souvent on est un peu en retard, j’essaye de rattraper sur la route pour arriver un minimum à l’heure. Le matin ça va tellement vite, s’occuper des enfants ».

DES PARENTS SOUCIEUX DE L’EDUCATION DE LEURS ENFANTS MAIS QUI ONT TENDANCE A OUBLIER LEUR ROLE DE MODELE

81% des enfants constatent que leurs parents disent des "gros mots" en conduisant, ce qu’admettent largement les parents (76%). Ces derniers tentent pourtant de faire des efforts dans un souci d’éducation (2/3 d’entre eux veillent à moins s’énerver en présence de leurs enfants), à l’instar d’Annabelle, maman d’un enfant de 12 ans : « En ville, je klaxonnais, je jurais… maintenant, derrière, j’ai mon fils qui comprend et qui répète, du coup j’essaye d’éviter ». De même, Sébastien, papa d’une petite fille de 3 ans, raconte : « Des fois, elle rigole, des fois aussi elle peut répéter ce que je dis, c’est pour ça que je fais attention aux paroles ».

Si, concernant les « gros mots », les parents ont conscience du risque de mimétisme immédiat de la part de leurs enfants, nombre d’entre eux s’affranchissent pourtant du code de la route sous leurs yeux. L’usage du téléphone au volant en offre un exemple frappant :

  • 44% des parents avouent ainsi répondre au téléphone alors qu’ils conduisent ; 54% des enfants disent avoir été témoins de ce comportement ;
  • 31% des parents passent des appels depuis leur téléphone portable alors qu’ils sont au volant ; une attitude observée par 44% des enfants ;
  • 29% des parents envoient ou lisent des SMS en conduisant (et même 42% des parents de moins de 35 ans) ; du côté enfants, plus d’un tiers (34%) d’entre eux les ont observés le faire.

Certains parents, plus conscients du risque, ont néanmoins le réflexe de demander à leur enfant de répondre à leur place. Annabelle indique : « Parfois, je lui donne mon téléphone et je lui dis de décrocher pour moi et de dire que je suis en train de conduire et que je rappelle ».
« Le portable est devenu le prolongement de soi-même, commente Daniel Marcelli. Pour autant, parents et enfants savent tous que téléphoner en conduisant est une des premières causes d’accident. Les parents ont à prendre conscience qu’ils sont des modèles pour leurs enfants, des modèles extrêmement forts. Quand les parents téléphonent au volant, les enfants apprennent qu’on a le droit de ne pas respecter les règles et les lois…»

LONGS TRAJETS EN FAMILLE : ET SI LES ENFANTS APPRENAIENT A LEURS PARENTS A FAIRE UNE VRAIE PAUSE ?

78% des parents déclarent faire des pauses plus fréquentes avec leurs enfants. Ils s’arrêtent en moyenne toutes les 2h36, soit toujours 36 minutes de plus que le délai moyen recommandé. Toutefois plus d’un parent sur 10 (13%) attend plus de 3 heures pour faire une pause. L’humeur des enfants peut alors devenir une alerte salutaire pour rappeler la nécessité d’un arrêt pour toute la famille. Lorsque les enfants commencent à se disputer, comme en témoigne David, père de 3 enfants, « c’est stressant, c’est le pire ça. Quand ça arrive je gueule quoi ! Si vraiment ça m’a saoulé, je m’arrête ils descendent, ils vont faire un tour ». Mais selon les enfants, près d’un tiers des parents (32%) sont des adeptes de la pause minimaliste et ne s’arrêtent que le temps d’aller aux toilettes et de mettre de l’essence dans la voiture, sans prendre le temps de se restaurer, jouer ou de se reposer.

Par ailleurs l’enquête fait apparaître que les jeunes parents (moins de 35 ans) ont tendance à faire moins de pauses que les autres lorsqu’ils sont en voiture avec leurs enfants  (33% contre 13% des parents en moyenne) et à rouler plus fréquemment de nuit (29% contre 25% en moyenne). « Si ces solutions peuvent apparaître plus confortables pour les parents qui profitent du sommeil des enfants pour rouler, elle sont néanmoins à déconseiller car l’absence de pauses régulières et la conduite de nuit sont des facteurs de risques avérés»(2).

1. ONISR - Observatoire national interministériel de sécurité routière.

2. Sur autoroute, 1 accident mortel sur 3 est lié à la somnolence et 45,5% des accidents mortels ont lieu de nuit alors que cette période représente 10% du trafic – ASFA 2015

Fiche technique :

Etude quantitative : l’institut Ipsos a interrogé, du 4 au 10 juin 2015, par Internet , 502 enfants de 8 à 16 ans et 501 parents d’enfants de cette même tranche d’âge. Précision : les parents et les enfants interrogés n’étaient pas de la même famille. La représentativité de chaque échantillon est assurée par l’utilisation de la méthode des quotas.

Etude qualitative : 6 entretiens à domicile d’1h30 à 2h avec des familles, réalisés en région parisienne et à Rennes entre le 17 et le 25 novembre 2015.

Auteur(s)

  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Ipsos Public Affairs

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