Municipales 2026 | Enquête électorale française
Municipales 2026 | Enquête électorale française

Municipales 2026 : un scrutin « sanctuarisé » où les enjeux locaux l'emportent sur la politique nationale

La nouvelle vague de l’Enquête Électorale Française, réalisée du 27 février au 5 mars par Ipsos bva-CESI École d’Ingénieurs pour le CEVIPOF, la Fondation Jean Jaurès et Le Monde, se penche sur les élections municipales : bilan de l’équipe sortante, intérêt pour le scrutin, critères de choix du vote, attentes à l’égard du prochain maire, souhait de victoire à l’échelle nationale… Le dispositif mis en place (suivi depuis novembre 2015 d’un large échantillon de plus de 10 000 Français inscrits sur les listes électorales, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus) permet une analyse précise des tendances à l’œuvre dans l’opinion.

Les chiffres-clés à retenir

▶ 76% des électeurs déclarent qu’ils prendront avant tout en compte la situation politique au niveau local pour déterminer leur vote, contre seulement 24% pour le niveau national.

▶ 61% des Français souhaitent la victoire de la majorité actuelle dans leur commune, confirmant une forte prime aux maires sortants. Ce sentiment est renforcé par le fait que 72 % des sondés jugent le bilan de leur municipalité comme « excellent » ou « bon ».

▶ Pour 69% des Français, le maire de leur commune et ses conseillers municipaux restent les figures politiques qui inspirent la plus grande confiance, loin devant leur député (48%), le Premier ministre (32%) ou le président de la République (23%)

▶ 82% des Français manifestent un intérêt pour les élections municipales de mars 2026. Cet intérêt est particulièrement marqué chez les seniors (91 % chez les 70 ans et plus) et les sympathisants du bloc central (90%).

▶ 71% des Français considèrent désormais La France Insoumise (LFI) comme « dangereuse pour la démocratie », un chiffre en progression de 7 points par rapport à octobre 2025.

 

Un climat national dominé par l’inquiétude économique et sociale

Le pouvoir d’achat s’établit comme le sujet de préoccupation majeur pour 54 % des Français. Il devance nettement l’avenir du système de santé (46%), l'immigration (33%) et la sécurité (31%). D'autres enjeux sont également cités, tels que les crises internationales (26%), les déficits publics (23%) et le climat social (23%).

Ce climat se traduit par un pessimisme marqué : un fossé sépare la perception de l'avenir local et national : les Français sont plutôt positifs sur l'avenir de leur commune (ils attribuent une note de 5,3/10 en termes d’optimisme) et pessimistes pour celui de la France (seulement 3,3/10 en moyenne en termes d’optimisme). Ce pessimisme pour l’avenir de la France concerne 51 % des citoyens au niveau national, alors qu'ils ne sont que 20% à partager ce sentiment pour leur commune. L'optimisme local (31%) reste par ailleurs bien supérieur à l'optimisme pour le pays (8%).

Un attachement fort à la France et à la commune  

L'enquête met en lumière une hiérarchie marquée dans le sentiment d'appartenance des citoyens : le pays et la commune demeurent les piliers de l'identité institutionnelle, tandis que les structures intercommunales peinent encore à s'ancrer dans le cœur des Français :

  • 74% des sondés se déclarent attachés à la France (avec une note moyenne de 7,6/10)
  • Ils sont également une large majorité (63 %) à exprimer un attachement profond pour leur commune de résidence.  
  • À l'inverse, l'intercommunalité ne suscite l'attachement que de 34% de la population, enregistrant la note moyenne la plus basse (5,1/10).

Le Maire : une figure de confiance et d'honnêteté

Dans un paysage institutionnel facturé, le maire reste un acteur de confiance. 69% des Français font confiance à leur édile, un score stable par rapport à 2025. À l'inverse, la confiance dans les institutions nationales reste faible : 32% pour le Premier ministre et 23% pour le Président de la République.

Pour accorder leur confiance, les citoyens exigent avant tout des qualités humaines et éthiques :

  • L'honnêteté est citée comme le critère prioritaire par 64 % des répondants.
  • Le respect des promesses suit avec 52 %.
  • La connaissance des dossiers (32 %) et la proximité (31 %) complètent les attentes essentielles.

Municipales 2026 : un vote dicté par les enjeux de proximité

L’intérêt pour le scrutin est massif (82 %), particulièrement chez les plus de 70 ans où il atteint 91 %. Pour déterminer leur choix, 76 % des électeurs tiendront avant tout compte de la situation politique locale, contre seulement 24 % sur la situation nationale.

Les thèmes qui compteront dans le vote des Français sont clairs :

  • La sécurité (44 %).
  • Le maintien des services publics de proximité (28 %).
  • Le dynamisme économique et l'accès à la santé (27 % chacun).

Un bilan municipal perçu positivement et porté par un désir de continuité

Une large majorité de Français (72 %) juge positivement l’action de sa municipalité, un niveau de satisfaction stable depuis 2020 (71 %).

Ce bilan favorise une volonté de continuité électorale pour 61 % des citoyens qui souhaite que ces élections constituent une victoire pour la majorité sortante, un souhait d’autant plus important dans les communes de petite taille.  

Le souhait de reconduction est en effet massif dans les communes rurales de moins de 1 000 habitants (72 %), mais s'affaiblit dans les grandes agglomérations de plus de 100 000 résidents (48 %).

Brice Teinturier | Elections Municipales

Les élections municipales, test de la stratégie nationale de la France Insoumise — L'analyse de Brice Teinturier pour Le Monde

À moins d'une semaine des élections municipales de 2026, le scrutin s'annonce marqué par une forte prime aux sortants et une logique largement locale. Mais dans les grandes villes, où la compétition est plus politisée et plus ouverte, ces élections pourraient aussi servir de laboratoire stratégique pour les partis nationaux, et notamment pour la nouvelle stratégie d'implantation locale de la France Insoumise. Entre risque politique majeur et pari de mobilisation de nouveaux électorats, ces municipales pourraient constituer un test décisif en vue de 2027.

Les enjeux locaux au cœur du scrutin : un vote largement déconnecté du niveau national

Pour les élections municipales de 2026, les Français privilégient massivement les critères de proximité pour déterminer leur choix : 88 % déclarent que le programme et la connaissance des enjeux de la commune par les candidats seront déterminants. Le bilan de l’équipe sortante et la personnalité des candidats à la mairie jouent également un rôle majeur pour 79 % des électeurs.

Ce scrutin reste largement imperméable aux enjeux nationaux pour la majorité des citoyens : 64 % affirment que leur vote n'exprimera ni soutien ni opposition à Emmanuel Macron. Un tiers des répondants (31%) compte tout de même compte utiliser ce bulletin pour marquer son opposition au gouvernement.

Fusions de listes : un souhait d’alliance partagé à gauche comme à droite

Les résultats montrent une large adhésion aux alliances de second tour : 84 % des sympathisants de gauche (PS, Écologistes, LFI) et 79 % de ceux de droite (LR, RN, Reconquête) y sont favorables.  

Si un peu plus d'un tiers soutient l'union par principe, la majorité l'envisage surtout comme un levier stratégique pour faire barrage au camp adverse, ciblant particulièrement le RN ou LFI.

L’opposition frontale à ces fusions demeure minoritaire, avec seulement 16 % à gauche et 21 % à droite.

Une domination nationale du RN portée par une forte fracture territoriale

Au niveau national, le Rassemblement national arrive en tête des souhaits de victoire pour les élections municipales de 2026 avec 33 %. Il devance le bloc central (Renaissance, Modem, Horizons) qui recueille 18 %, le Parti socialiste (15 %), Les Républicains (14 %), ainsi que La France insoumise (10 %) et Les Écologistes (10 %).

L’enquête met en lumière un clivage géographique marqué selon la taille des communes :

  • Le RN enregistre son score le plus élevé dans les communes de moins de 1 000 habitants (43 %), un niveau deux fois supérieur à celui constaté dans les agglomérations de plus de 100 000 résidents (21 %).
  • À l'inverse, les formations de gauche et le bloc central voient leur influence progresser avec l'urbanité : le Parti socialiste (passant de 11 % à 18 %), La France insoumise (de 7 % à 14 %) et Les Écologistes (de 10 % à 13 %) réalisent leurs meilleures performances dans les grandes villes. Le bloc central y est également plus solide, culminant à 19 % de soutiens.
  • Les Républicains se distinguent par une présence équilibrée sur tout le territoire, avec des scores très stables oscillant entre 13 % et 16 % quelle que soit la strate de population

Gestion locale : un satisfecit sur les impôts et les finances

Malgré la pression sur le pouvoir d'achat, les Français jugent plutôt positivement la gestion de leur ville :

  • 66 % estiment que leur commune utilise bien l’argent des impôts locaux.
  • Bien que 59 % trouvent le montant de ces impôts élevé, ils le jugent supportable.
  • 72 % des citoyens considèrent que la situation financière de leur commune est saine. 

Rapport complet

Présidentielle 2022 - séparateur

À propos de cette enquête

Enquête Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour le CEVIPOF, la Fondation Jean Jaurès et Le Monde menée du 27 février au 5 mars 2026 auprès de 10 927 personnes inscrites sur les listes électorales, constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.

Municipales 2026 | Sondages | Analyses

Retrouvez le dossier spécial Municipales 2026

Sondages, décryptages des grandes thématiques de la campagne, analyses d'experts : vivez les Municipales 2026 au quotidien avec Ipsos et CESI École d'ingénieurs.

Auteur(s)

Articles liés

  • Baromètre Prospectif Groupe VYV 2026 | Les grandes transformations sociales à horizon 10 ans | Éco-anxiété
    Environnement Enquête

    Trois Français sur quatre veulent mieux suivre l’impact de l’environnement sur leur santé

    Alors que les effets du changement climatique se manifestent de façon toujours plus concrète avec canicules, incendies, épisodes de pollution ou tensions sur les ressources naturelles, les liens entre santé et environnement s'imposent progressivement dans le débat public. À l'occasion de la Semaine européenne du développement durable, le Groupe VYV publie les résultats du volet « transition écologique » de son Baromètre prospectif : « Les grandes transformations en France à horizon 10 ans : le regard des Français » réalisé avec Ipsos bva. L'étude révèle que les Français considèrent désormais l'environnement comme un déterminant majeur de leur santé et de leur qualité de vie.
  • Automobile | Mobilité | Les Français et la mobilité

    Les Français et la mobilité : l'automobile dans un monde post-travail

    Après notre immersion dans l'été des Français, Ipsos bva inaugure une nouvelle série dédiée à leurs habitudes en termes de mobilité. Dans ce deuxième épisode, nous nous intéressons à la place de l'automobile dans un monde post-travail. Si l'intelligence artificielle venait à remplacer le travail humain, quel serait l'avenir de nos déplacements ? Dans le prolongement de notre réflexion sur le revenu universel, la communauté Ipsos RealTalk a imaginé la place de la voiture dans un monde affranchi des trajets domicile-travail. Entre le maintien d'une dépendance vitale hors des métropoles, le passage à une mobilité tournée vers les loisirs et l'attrait grandissant pour l'autopartage, l'automobile réaffirme paradoxalement son statut de symbole d'indépendance.
  • Collegien
    Santé Enquête

    Vaccination contre le papillomavirus au collège : un dispositif bien identifié qui s'inscrit dans le parcours de prévention des adolescents

    Trois ans après le lancement de la campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) au collège, une étude menée par Ipsos bva pour MSD met en lumière une bonne connaissance du dispositif par les familles et un niveau de satisfaction particulièrement élevé parmi celles qui y ont eu recours. Les résultats soulignent également le rôle central des professionnels de santé dans l'accompagnement des décisions parentales et identifient des marges de progression en matière d'information auprès de certains publics.