Municipales 2026 | Crédit photo : ToninT / Shutterstock.com
Municipales 2026 | Crédit photo : ToninT / Shutterstock.com

Municipales 2026 : quelles perspectives dans les villes de l’est de la France dirigées par des majorités écologistes ?

Ipsos bva-CESI école d’ingénieurs a réalisé pour le groupe EBRA des enquêtes sur la préparation des élections municipales dans cinq villes de l’Est de la France, toutes dirigées par des majorités municipales écologistes : Annecy, Besançon, Grenoble, Lyon et Strasbourg. Chacune de ces enquêtes a été menée auprès d’un échantillon de 600 habitants inscrits sur les listes électorales de la ville, représentatif de la population municipale de chacune de ces communes. Les interviews ont été menées du 13 au 29 janvier.

Le point sur les intentions de vote

 

Un bilan globalement négatif pour les municipalités écologistes

Le premier enseignement qui ressort de ces différentes enquêtes est une perception globalement négative des habitants sur le bilan des municipalités écologistes. En effet, dans chacune des villes, on observe une proportion plus importante de répondants se déclarant mécontents que satisfaits du travail accompli par la municipalité de leur ville depuis les élections municipales de 2020.

 

C’est à Annecy que le mécontentement est le plus fort, avec 65% des répondants se déclarant mécontents du travail accompli par la municipalité. Si cette proportion est plus faible dans les autres villes, elle reste majoritaire (55% à Grenoble et Strasbourg, 52% à Besançon et Lyon).

Signe de ce mécontentement, une majorité nette de répondants, dans les cinq villes interrogées, ne souhaite pas que l’équipe municipale sortante soit reconduite.

C’est encore une fois à Annecy que ce rejet est le plus important, avec 75% des répondants qui déclarent ne pas souhaiter que l’équipe sortante soit réélue, dont 52% qui ne le souhaitent pas du tout.

 

Dans les quatre autres villes on observe également une large majorité qui ne souhaite pas que l’équipe sortante soit réélue, dont une proportion importante qui déclare ne pas le souhaiter du tout : 69% à Grenoble (dont 48% qui ne le souhaitent pas du tout), 66% à Strasbourg (dont 49%), 60% à Lyon (dont 39%) et 57% à Besançon (dont 40%).

Lorsqu’on examine le souhait de reconduction selon les affinités politiques, on observe des contrastes marqués au sein même des sympathisants de gauche, entre les villes

Les personnes interrogées sympathisantes des partis de droite sont majoritairement (et parfois très majoritairement) contre la reconduction des équipes municipales sortantes écologistes. En revanche, le soutien des sympathisants de gauche varie sensiblement selon les villes.

À Besançon, les sympathisants des différents partis de gauche (LFI, EELV et PS) se prononcent largement en faveur du maintien de l’équipe sortante (respectivement 68%, 82% et 56%). À Lyon également, ce souhait est majoritaire, même s’il est un peu moins homogène : les sympathisants EELV soutiennent très largement la reconduction de l’équipe municipale (89%), tandis que les sympathisants LFI et PS y sont favorables dans des proportions plus modestes (50% et 59%).

La situation est différente à Grenoble et Strasbourg. Si le soutien des sympathisants EELV y reste élevé (65% à Grenoble, 77% à Strasbourg), et que celui des sympathisants LFI demeure significatif (54% à Grenoble, 58% à Strasbourg), les sympathisants socialistes se montrent beaucoup plus réservés : seuls 28% d’entre eux à Grenoble et 38% à Strasbourg souhaitent la reconduction de l’équipe en place.

Enfin, à Annecy, le souhait d’une alternance domine clairement l’opinion parmi les sympathisants de gauche. Moins d’un tiers des sympathisants LFI sont en faveur d’une reconduction de l’équipe municipale en place et seulement 28% partagent cette opinion du côté des sympathisants PS. Seuls 57% parmi les sympathisants EELV souhaitent voir l’équipe municipale être reconduite. Si ce niveau est majoritaire, c’est le plus faible observé dans les cinq villes à majorité écologiste étudiées.

Dans le détail : un bilan plutôt positif en termes d’environnement et de transport en commun mais négatif sur la circulation et la sécurité

On observe des différences importantes entre les bilans des différentes municipalités, mais également certains points communs :

Une perception globalement positive sur les sujets de l’environnement et des transports en commun.

Ces deux sujets semblent être perçus comme des points forts des municipalités écologistes. 78% des Bisontins interrogés sont satisfaits du travail accompli par la municipalité sur les transports en commun. Dans les autres villes on observe aussi une majorité claire qui se déclare satisfaite sur ce sujet (77% à Strasbourg, 75% à Grenoble, 69% à Lyon et 66% à Annecy). De même, on mesure une majorité de personnes se déclarant satisfaites sur le travail accompli en matière d’environnement dans chacune des cinq villes (entre 60% et 69%).

A l’inverse, une perception critique partagée dans les cinq villes sur la circulation et la sécurité.

Les conditions de circulation et de stationnement sont le sujet sur lequel on observe la perception la plus critique dans toutes les villes, à l’exception de Grenoble. C’est notamment le cas à Annecy où seuls 17% des répondants se déclarent satisfaits de l’action de la municipalité sur ce sujet. Une perception critique partagée à Lyon (25% seulement des Lyonnais interrogés se déclarent satisfaits), Strasbourg (26%), Besançon (30%) et Grenoble (39%).

À Grenoble c’est le sujet de la sécurité qui suscite le moins de satisfaction, avec 28% des Grenoblois interrogés qui se déclarent satisfaits de l’action de la mairie sur ce sujet. A Besançon (40%), Lyon (41%) et Annecy (47%) on observe également une proportion de personnes se déclarant satisfaites inférieur à 50%. Seuls les habitants de Strasbourg sont une majorité à se déclarer satisfaits sur ce sujet (53%).

 

Des dynamiques communes traversent donc les cinq villes étudiées, mais chacune de ces villes présente également des enjeux spécifiques, en particulier Annecy et Grenoble.

À Annecy, le logement apparaît comme le domaine d’action recueillant le moins d’évaluations positives, juste après les conditions de circulation : seuls 32% des Annéciens sondés s’en déclarent satisfaits.

À Grenoble, l’enjeu majeur porte davantage sur l’image extérieure de la ville : seuls 32% des habitants en sont satisfaits, tandis que dans les autres villes cette satisfaction oscille entre 57% et 65%

Au-delà du bilan de la municipalité, une image plutôt négative des maires sortants

La plupart des maires sortants font face à une image davantage négative que positive. Ainsi, 45% des Lyonnais interrogés ont une mauvaise opinion du maire sortant Grégory Doucet, contre 33% qui en ont une bonne opinion. Même constat à Strasbourg : 40% des habitants déclarent avoir une mauvaise opinion de Jeanne Barseghian contre 23% qui en ont une bonne opinion.

À Annecy et Grenoble, communes où les maires sortants ne se représentent pas, on constate que ces derniers ne bénéficient pas non plus d’une bonne image. 47% des Grenoblois ont une mauvaise opinion d’Eric Piolle contre 37% qui en ont une bonne opinion. Le constat est plus critique à Annecy, où 47% des personnes interrogées déclarent avoir une mauvaise opinion du maire sortant François Astorg contre 17% seulement qui en ont une bonne opinion.

La maire de Besançon Anne Vignot, si elle ne bénéficie pas d’une bonne image, est celle pour qui l’écart est le plus réduit. Si 39% ont une mauvaise opinion d’elle, 31% en ont une bonne.

Malgré un bilan perçu comme plutôt négatif dans les 5 villes, des situations électorales différentes

A moins de deux mois du premier tour, la situation électorale parait différente entre les différentes villes :

  • À Lyon, Jean-Michel Aulas et sa liste d’union de la droite et du centre parait le mieux placé, avec 44% d’intentions de vote, loin devant la liste d’union de la gauche du maire sortant Grégory Doucet (30%). Les listes soutenues par le RN (8%) et LFI (8%) arrivent plus loin derrière et ne parviendraient pas à se qualifier pour le second tour.
  • À Strasbourg, la liste conduite par la maire sortante Jeanne Barseghian, créditée de 22% des intentions de vote, serait distancée par celle de l’ancienne maire Catherine Trautmann, soutenue par le Parti socialiste (31%). Ces deux listes arriveraient devant celles soutenues par LR (19%) et le RN (11%).
  • À Annecy, la liste d’union de la gauche conduite par Alexandre Mulatier-Gachet arriverait en troisième position, avec 24% des intentions de vote, derrière la liste du centre et de la droite conduite par Antoine Armand (28%) et celle divers droite conduite par l’ancien maire Jean-Luc Rigaut (25%). Si la situation semble défavorable pour la liste d’union de la gauche, la possibilité d’une triangulaire au second tour, voire d’une quadrangulaire dans le cas d’une qualification de la liste soutenue par le RN (14% des intentions de vote) pourrait permettre à la liste d’union de la gauche d’espérer l’emporter.
  • À Besançon la situation semble plus favorable à la maire sortante. En effet sa liste d’union de la gauche (hors insoumis) est créditée de 34% des intentions de vote, à égalité avec celle de Ludovic Fagaut, soutenue par les Républicains et le Modem. Deux autres listes pourraient se qualifier au second tour, celles soutenues par le RN et LFI (11% des intentions de vote dans les deux cas).
  • Enfin, Grenoble est la ville où la situation électorale parait la plus optimiste pour les écologistes. La liste soutenue par les écologistes et le Parti socialiste et conduite par Laurence Ruffin est créditée de 34% des intentions de vote, devant celle d’Alain Carignon (25%), soutenue par les Républicains. Ces deux listes arriveraient largement en tête devant les autres listes candidates.

Rapport complet

 

À propos du Groupe EBRA

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En savoir plus


À propos de ce sondage

Enquêtes Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs menées :

  • du 19 au 29 janvier 2026 auprès de 608 habitants inscrits sur les listes électorales à Annecy âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.
  • du 13 au 19 janvier 2026 auprès de 604 habitants inscrits sur les listes électorales à Besançon âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.
  • du 13 au 19 janvier 2026 auprès de 609 habitants inscrits sur les listes électorales à Grenoble âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.
  • du 13 au 19 janvier 2026 auprès de 603 habitants inscrits sur les listes électorales à Lyon âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.
  • du 13 au 19 janvier 2026 auprès de 602 habitants inscrits sur les listes électorales à Strasbourg âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.

Crédit photo : ToninT / Shutterstock.com

Auteur(s)

  • Stéphane Zumsteeg - Directeur Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs
    Stéphane Zumsteeg
    Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs
  • Pierre Latrille
    Directeur d'études, Public Affairs

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