Youmna Ovazza | IA, prospective et innovation
Youmna Ovazza | IA, prospective et innovation

IA, prospective et innovation : ce qui change vraiment dans les stratégies des grandes marques

Marchés saturés, urgence RSE, explosion de la GenIA... Comment piloter l’innovation des grandes marques aujourd'hui ? Youmna Ovazza, Managing Partner Ipsos Strategy3 répond aux questions d'IA 4 Business, le média expert de la transformation par l'IA.

Interview de Youmna Ovazza, Managing Partner Ipsos Strategy3, publiée le 19 mai 2026 sur ia4business.info.

IA 4 BUSINESS – Youmna, pouvez-vous nous présenter brièvement Ipsos Strategy3 et expliquer comment votre rôle de Partner vous amène à structurer concrètement la stratégie d’innovation de vos clients, de la prospective jusqu’aux décisions de go/no go ?

Youmna Ovazza – Ipsos Strategy3 est le réseau de conseil en stratégie marketing, innovation, tendances et prospective d'Ipsos. Nous sommes environ 350 consultants répartis dans une vingtaine de pays, et nous accompagnons les clients d'Ipsos sur ces sujets, de manière indépendante ou en complément des équipes Etudes. Je dirige l'équipe basée en France. Plus particulièrement sur la stratégie d'innovation de nos clients, qui sont essentiellement des grands comptes ou de grandes ETI internationales : nous intervenons principalement sur la phase d'Early Stage, c'est-à-dire la phase qui va de l'identification de nouvelles opportunités d'innovation (à partir de nouvelles tendances, ou de besoins consommateurs non satisfaits...) à la définition de nouveaux concepts de produits ou services. Nous sommes moins impliqués sur les phases de développement produit car généralement nous passons le relais aux équipes Ipsos expertes des validations quantitatives, sauf quand un concept peine à passer les critères de succès, où on peut nous re-solliciter pour comprendre ce qui bloque et repartir de l'insight consommateur. Mon rôle particulier est de superviser les projets stratégiques, de guider les analyses et d'animer la relation client et les principales réunions. Et plus particulièrement sur l'IA : cela fait plus de 2 ans que nous avons intégré l'IA à notre travail au quotidien, soit à travers un usage direct des LLM à différentes étapes de nos projets, soit à travers des solutions d'innovation Ipsos qui intègrent l'IA pour de la génération d'idées ou de concepts, par exemple.

I4B – Vous dites « transformer des données en insights et des insights en opportunités » : pouvez-vous décrire, pas à pas, comment vous passez d’un matériau d’étude Ipsos parfois très massif à un pipeline d’innovations priorisé et actionnable pour une marque ?

YO – Tout dépend du point de départ, car chaque besoin client est différent selon leur situation, mais prenons un cas type : par exemple une segmentation stratégique. Quand on veut faire de l'innovation à partir d'une segmentation, on fait souvent une segmentation de type Demand Spaces, càd qu'on essaie de segmenter les attitudes et comportements des consommateurs d'une manière qui est contextuelle et dépend d'une occasion d'usage, où le choix du produit et de sa manière d'être utilisée va dépendre du moment, des personnes avec qui l'on est, etc. Très pertinent dans l'alimentaire par exemple. Une fois qu'on a identifié 10 ou 12 "Demand Spaces", on va d'abord les prioriser, en tenant compte de critères business pertinents pour le client : l'attractivité business de chacun de ses segments, et la capacité du client de s'y développer. Cela permet de réduire le champ des possibles sur lequel on va se concentrer à 4 ou 5 segments prioritaires. Ensuite, on va mettre en place un processus d'idéation, qui peut intégrer des workshops, potentiellement de l'IA, et des phases d'études consommateur quali et quanti, pour d'abord générer un maximum d'idées, ensuite les réduire selon leur pertinence, faisabilité, degré de nouveauté, etc., ensuite travailler de manière plus détaillée et approfondie sur un nombre plus limité de concepts plus aboutis, pour identifier le top 3/5 qui va être transformé en prototype puis en produit final. On teste beaucoup l'IA dans ces phases pour voir quand et comment elle peut nous apporter le plus de valeur ajoutée ; ce qu'on constate, c'est que ça peut être utile dans des phases préparatoires de workshop, pour du screening ou de la hiérarchisation d'idées, ou en support d'écriture de concepts pour affiner ou varier le choix des mots, mais dans mon équipe on n'est pas très fan de l'utiliser directement en workshop par exemple, ça s'est avéré moins probant à date par rapport à nos approches et à la valeur ajoutée de chaque phase pour nos clients.

Découvrez l'interview complète sur ia4business.info

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