L'opinion des néo-bacheliers à l'égard de Parcoursup

Pour la troisième rentrée consécutive, le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a fait réaliser une enquête auprès des néo-bacheliers sur leur perception de Parcoursup, plus précisément sur le projet d’orientation et d’accompagnement, l’inscription et la formulation des vœux, la phase d’admission et d’inscription administrative dans une formation, la satisfaction à l’égard de la procédure et les perspectives pour la session de l’année prochaine.

Auteur(s)

  • Laurène Boisson Chef de groupe, Public Affairs
  • Stéphane Zumsteeg Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs
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Une sortie de la crise sanitaire qui a contribué à renforcer la place des journées portes ouvertes

A l’instar des mesures réalisées ces deux dernières années, une très large majorité des candidats a pu bénéficier, lors de la phase de formulation des vœux, d’un temps d’échange consacré à leur orientation et/ou au fonctionnement de la plateforme (85%) et d’un accompagnement pour réfléchir à leur projet d’orientation apporté par leur professeur principal (75%). C’est en général à des moments convenus par l’établissement (plus qu’à l’initiative des lycéens) qu’ont eu lieu ces rencontres. La plupart du temps, c’est auprès de leurs proches et de leur famille (77%) ainsi que de leur professeur principal (56%) qu’ils ont cherché à échanger pour obtenir des conseils sur leur projet d’orientation.

Même si les sites Parcoursup (et son moteur de recherche) et celui de l’Onisep demeurent les dispositifs les plus utiles pour les recherches de formation et la construction d’un projet d’orientation, leur importance décroît (mais légèrement seulement) assez logiquement au profit des journées portes-ouvertes (JPO) des établissements supérieurs et des salons de l’orientation, le contexte sanitaire étant évidemment plus propices à la tenue d’événements publics réunissant beaucoup de monde. Toutefois, il convient de noter que les JPO et salons ne retrouvent pas leurs niveaux respectifs mesurés en 2020 et qui portaient sur l’année scolaire 2019-2020.

Le ressenti positif à l’égard des JPO est réel. D’abord parce que plus de la moitié des jeunes interrogées (56 %) ont fait la démarche de s’y rendre (c’est plus particulièrement le cas d’enfants de cadres supérieurs et d’étudiants admis dans les CPGE ou les filières scientifiques, moins pour les élèves inscrits dans les lycées professionnels). Les lycéens s’étant rendu à des JPO plébiscitent ce type d’événements : trois quarts d’entre eux déclarent y avoir trouvé des informations complémentaires au site Parcoursup pour comprendre les formations mais aussi pour mieux savoir ce qu’ils voulaient faire. Enfin, et c’est un élément de poids, les JPO ont suscité de la confiance quant à la capacité des élèves à réussir dans la formation de leur choix

Ce bon accueil général quand sont évoqués le projet d’orientation et l’accompagnement s’explique notamment par le degré assez élevé de préparation des lycéens : près des trois quarts d’entre eux (74 %) déclarent avoir commencé à réfléchir à leurs choix de formation post-baccalauréat avant la Terminale (39 % y pensant même dès la seconde, voire avant).

Les différentes étapes de Parcoursup demeurent toujours faciles, mais de moins en moins. Des fiches descriptives dont les qualités (quoique toujours positives) sont en retrait

Plus de 7 candidats sur 10 déclarent avoir été accompagnés dans leur lycée lors de l’inscription et la création de leur dossier (77 %, contre 73 % l’an passé) ainsi qu’au moment de la formulation et de la confirmation de leurs vœux (75 %, +5). Le plus souvent, cet accompagnement a eu lieu principalement au lycée dans le cadre d’une procédure mise en place par l’établissement. Point positif, les choses se sont, de l’avis des bacheliers, globalement mieux passées que ce qu’ils avaient anticipé lors de leur accompagnement dans ces deux étapes. C’est notamment le cas lors de la phase d’inscription et de création du dossier sur Parcoursup (les néo-bacheliers sont cette année 55 %, contre 51 % en 2021, à considérer que les choses se sont mieux passées que prévues).

En revanche, ils demeurent très partagés (comme en 2021) sur l’impact de l’accompagnement : seule une courte majorité d’entre eux déclare qu’elle a été avantagée par rapport aux camarades non-accompagnés, que l’accompagnement leur a permis de gagner en autonomie ou donné l’occasion de rechercher des formations auxquelles ils n’avaient pas pensé auparavant.

Quand on les interroge sur les différentes étapes de Parcoursup, certains indicateurs se dégradent par rapport à l’an dernier (et parfois depuis deux ans). Ainsi, l’inscription et la création de son dossier apparaissent de moins en moins faciles (si 73 % considèrent que cela a été facile, ils étaient 75 % en 2021 et 81 % en 2020).

La formulation et la confirmation des vœux reste stable (facile pour 64 % comme en 2021, mais les néo-bacheliers de 2020 étaient 78 %, soit 14 % de plus, à partager cette opinion).

Les informations disponibles sur la plateforme restent appréciées (comme lors des deux vagues précédentes), tant en ce qui concerne les formations identifiées par les candidats, les formations correspondant à leur recherche ou celles pour lesquelles ils souhaitaient faire un vœu (malgré de légères baisses).

Un autre élément d’alerte concerne les fiches descriptives des formations : si elles sont toujours utiles (elles permettent de comprendre ce qui est important pour l’accès aux formations et aident à évaluer ses chances de succès), globalement claires, agréables à lire et complètes, la part des opinions positives tend à reculer. Ainsi, leur clarté recule ainsi de 7 points en 2 ans, leur caractère agréable à lire de 9 points et le fait qu’elles soient complètes de 8 points.

Néanmoins, le bilan de cette phase de candidature demeure largement positif : Parcoursup a permis aux candidats de formuler librement les vœux qu’ils souhaitaient (mais à 79%, en recul de 9 points, retrouvant ainsi son niveau de 2020), de formuler des vœux près de chez eux (75%, -2) mais aussi en dehors de leur académie (73%, +2). Enfin, près de la moitié des candidats a pu formuler des vœux pour des formations découvertes grâce au moteur de recherche des formations auxquelles ils n’avaient pas pensé (45 %, -2).

Une satisfaction à l’égard de son admission qui progresse légèrement, après la forte décrue observée lors de la vague précédente.

96% des néo-bacheliers ayant participé à l’enquête déclarent avoir accepté une proposition d’admission dans une formation.  Dans le même temps, une large majorité d’entre eux se révèle satisfaite (et parfois très satisfaite) tant par les formations obtenues que par les délais dans lesquels ils ont reçu leur proposition d’admission. La baisse significative observé l’an dernier sur ces deux indicateurs est en partie (mais en partie seulement) atténuée. Cette année, 72% des bacheliers manifestent leur satisfaction à l’égard des formations dans lesquelles ils ont été acceptés (70 % en 2021 mais 79 % en 2020). De la même manière, 68% sont satisfaits des délais (contre 64 % en 2021 mais 74% en 2020). Néanmoins, les niveaux de personnes « très satisfaites » ne progressent pas (après les baisses de respectivement 7 et de 6 points observées entre 2020 et 2021).

Parcoursup, un dispositif dont le bilan reste apprécié malgré une remise en cause de sa fiabilité et de son équité

Parcoursup reste très majoritairement considéré comme un dispositif utile où l’on trouve ce que l’on cherche. Malgré une tendance très légère à la baisse, on salue toujours le fait d’y trouver toutes les formations reconnues par l’Etat (89 %, +1), la liberté de choix pour formuler ses vœux (86 %, -2), le fait de donner des indications claires et homogènes pour chaque formation (81 %, -3), le fait de laisser le dernier mot au candidat (80 %, -3)…

En revanche, son efficacité (certes toujours majoritaire) recule et ce pour la seconde année consécutive. Les néo-bacheliers ne sont plus que 68 % (73 % en 2021 et 81 % en 2020) à déclarer que Parcoursup a facilité leur entrée dans l’enseignement supérieur. Symétriquement, ils ne sont que 63 % (66 % en 2021, 75 % en 2020) à souligner sa facilité dans l’élaboration de leur projet d’orientation.

Dans le détail, Parcoursup reste un moment (très) stressant pour les candidats mais surtout, les doutes progressent sur sa fiabilité (seulement 57 % l’estiment fiables contre 66 % en 2021 et 74 % en 2020). Plus préoccupant, si près de la moitié des candidats reconnaissaient son caractère juste (traitant tous les candidats de la même manière) en 2020, ils ne sont plus que 28 % cette année (37 % en 2021). Ces indicateurs soulignent la relative faiblesse des sentiments que suscitent la plateforme quand on entre dans le détail et que l’on n’en reste pas à la satisfaction générale.

Des propositions d’aménagements/améliorations qui sont très favorablement accueillies

Les néo-bacheliers interrogés manifestent un vif intérêt pour la totalité des pistes proposées pour améliorer Parcoursup. Dans le détail, 89 % d’entre eux souhaitent que l’on apporte plus d’information sur les débouchés et les perspectives d’insertion professionnelle pour les formations (ils sont mêmes 59 % à être convaincus en y étant très favorables « oui, tout à fait »). La même proportion (89 %, dont 55% de convaincus) estiment qu’il serait utile de renforcer les outils d’aide à l’orientation en utilisant les informations statistiques sur les précédentes sessions de Parcoursup.

Dans une moindre mesure (59 %), les ex-lycéens interrogés déclarent qu’il faudrait intégrer dans l’examen des candidatures sur Parcoursup les notes des épreuves des deux enseignements de spécialité de terminale.

Enfin, la principale « revendication » des néo-bacheliers renvoie à l’impression selon laquelle Parcousurp ne serait pas forcément fiable (ou de moins en moins fiable au fil des années) et surtout injuste (les candidats n’étant pas tous traités de la même manière). Dans cette optique, ils souhaitent vivement que les informations sur les critères utilisés pour l’examen des dossiers de candidature soient rendues plus visibles sur la fiche de formation (87 % dont 49% répondant « oui, tout à fait »).


A propos de cette enquête

Enquête Ipsos pour le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche menée du 1er au 8 septembre 2022 auprès de 1 001 néo bacheliers (sur la base des fichiers fournis par le ministère), constituant un échantillon d’inscrits sur Parcoursup en 2022 et ayant été admis ou non dans une formation.

Auteur(s)

  • Laurène Boisson Chef de groupe, Public Affairs
  • Stéphane Zumsteeg Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Public Affairs

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