Rentrée 2021 : 20% des Français seraient contre une nouvelle fermeture des écoles

Alors que près de 13 millions d’élèves français s’apprêtent à faire leur rentrée en présentiel avec un protocole sanitaire de niveau 2, Ipsos dévoile les résultats d’une étude internationale consacrée à l’impact de la pandémie sur l’éducation des enfants, menée dans 29 pays auprès de plus de 20 000 personnes. Quels sont les principaux problèmes qui risquent d’affecter les retours à l’école en septembre ? Quelles seront les conséquences à plus long terme de la pandémie sur l’éducation ? La fermeture des classes serait-elle bien acceptée si elle devait avoir lieu à nouveau ? Les Français sont 51% à déclarer acceptable la fermeture des écoles, contre 20% qui la jugent inacceptable. Ils expriment par ailleurs un attachement renforcé à l’éducation qui devrait être une priorité du gouvernement en cette rentrée pour 30% d’entre eux, soit la 2e priorité la plus mentionnée derrière la santé. Quant aux difficultés les plus redoutées pour les élèves en cette rentrée, les Français s'attendent à ce que la capacité d’attention et la discipline soient plus friables à l’école après deux années marquées par la crise sanitaire.

Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre
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Chiffres et enseignements clés de l’étude

  • Après deux années scolaires troublées par la pandémie, les Français redoutent avant tout que les élèves souffrent d’un défaut de concentration à l’école : c’est une crainte pour 36% des répondants s’agissant des 11-15 ans, un chiffre qui atteint 38% pour les 16-18 ans.
  • Les Français sont parmi les plus préoccupés par la hausse des problèmes de discipline et des comportements turbulents, en particulier chez les 11-15 ans (38% vs 32% au niveau mondial), et les moins de 11 ans (34% vs 27% au niveau mondial).
  • A long-terme, 38% des Français redoutent que la crise affecte durablement la santé mentale et le bien-être des jeunes, un chiffre proche de la moyenne mondiale (37%).
  • Pour 1 Français sur 3 (33%) la pandémie risque d’entrainer une baisse du niveau de qualification des jeunes, et 1 Français sur 4 (26%) redoute qu’ils connaissent un niveau de chômage élevé et une baisse de revenus.
  • 2 Français sur 10 (20%) trouveraient inacceptable de fermer à nouveau les écoles afin de réduire la transmission du virus, contre 18% en moyenne pour l’ensemble des répondants et 12% en Espagne seulement.
  • L’école doit être une priorité budgétaire du gouvernement pour 30% des Français. (vs 27% au niveau mondial) Elle est la 2e priorité la plus mentionnée, après la santé publique (46%) et légèrement devant la sécurité sociale et l’aide aux plus démunis (29%).

 

Baisse de la concentration et de la discipline à l’école : conséquences les plus redoutées de l’épidémie

Le retour des cours en présentiel a été confirmé par le gouvernement pour cette rentrée 2021, mais à quel prix ? Beaucoup de signes laissent penser que la pandémie aura des effets néfastes à long-terme chez les jeunes, affectant notamment leur santé mentale et leur bien-être selon 38% des Français, additionnés à une baisse du niveau de qualification (33%).

Pour cette rentrée, les élèves pourraient rencontrer des difficultés consécutives à deux années de scolarité troublées par la crise sanitaire. En moyenne, 36% des Français interrogés redoutent que les enfants âgés de moins de 15 ans souffrent davantage de troubles de l’attention et de la concentration à leur retour en classe, un chiffre qui atteint 38% pour les 16-18 ans. Autre inquiétude particulièrement forte en France : les problèmes de comportement et la discipline en classe. Ils préoccupent 38% des Français s’agissant des 11-15 ans (32% au niveau mondial), et 34% pour les moins de 11 ans (vs 27% au niveau mondial).

Par rapport aux habitants d’autres pays, les Français sont par ailleurs moins inquiets face aux angoisses liées au Covid que pourraient ressentir les plus jeunes à l’école : seuls 14% des Français se disent préoccupés s’agissant des 12-15 ans – un chiffre qui s’élève à 20% pour les moins de 11 ans – contre une moyenne mondiale de 21%, et 36% au Brésil, où la pandémie peine encore à être maîtrisée.

 

Fermer les écoles, un sacrifice acceptable pour endiguer la pandémie

Fin août, les règles établies par le gouvernement sont claires. Dès le premier cas de Covid avéré, l’ordre sera donné de fermer les classes et d’organiser les apprentissages en distanciel. Malgré les conséquences redoutées de ce type de mesure, la moitié des Français semble se montrer favorable à une nouvelle fermeture des établissements scolaires : 51% pensent que la fermeture des écoles est un prix acceptable à payer pour réduire la propagation du virus – contre 20% qui le trouvent inacceptable. Un niveau d’acceptation cependant bien en-deçà de la moyenne mondiale qui s’élève à 62%.

La santé et l’éducation d’abord !

Lorsqu’on leur demande d’identifier jusqu'à trois domaines qu’ils jugent prioritaires pour les dépenses publiques au lendemain de la pandémie, les Français se montrent tiraillés. Interrogés, près de la moitié confirment leur attachement à investir dans la santé publique (46%), suivi par l’école primaire et secondaire pour près d’un tiers d’entre eux (30%, contre 27% en moyenne dans le monde), juste devant la sécurité et les aides sociales à la population (29%). S’ensuivent les enjeux d’ordre économique - qui semblent être moins prioritaires aux yeux des Français - comme l’investissement dans les entreprises (15%) ou l’amélioration de l’employabilité des individus post-Covid (17%).

 

« Entre autres choses que la Covid-19 a révélées, l’état du système éducatif a montré ses forces et ses limites en France. Les parents ont mieux compris l’importance et la complexité du métier d’enseignant alors que les disparités sociales, économiques et culturelles se sont accentuées. Les Français ont aussi compris la nécessité d’investir et de donner de vrais moyens à l’Education nationale pour qu’elle remplisse ses missions : aujourd’hui, l’école doit être une priorité budgétaire pour 30% d’entre eux (vs 27% au niveau mondial). A noter que, dans un pays souvent critique à l’égard des fonctionnaires, c’est la deuxième priorité la plus mentionnée, après la santé publique (46%) et légèrement devant la sécurité sociale et l’aide aux plus démunis (29%). Le grand retour de l’état régalien ? »

Yves Bardon, directeur du programme Flair et de l’Ipsos Knowledge Centre

 


Méthodologie : Enquête de marché menée par Ipsos sur sa plateforme en ligne Global Advisor. Ipsos a interrogé un total de 20 010 adultes, âgés de 18 à 74 ans aux États-Unis, au Canada, en Malaisie, en Afrique du Sud et en Turquie, de 21 à 74 ans à Singapour et de 16 à 74 ans dans 23 autres pays entre le vendredi 21 mai et le vendredi 4 juin 2021.
L'échantillon est composé d'environ 1 000 individus dans chacun des pays suivants : Australie, Belgique, Canada, Chine continentale, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Espagne et États-Unis, et 500 individus dans chacun des pays suivants : Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Argentine, Chili, Colombie, Corée du Sud, Hongrie, Inde, Malaisie, Mexique, Pays-Bas, Pérou, Pologne, Russie, Singapour, Suède et Turquie.
Les échantillons de l'Argentine, de l'Australie, de la Belgique, du Canada, de la France, de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la Hongrie, de l'Italie, du Japon, des Pays-Bas, de la Pologne, de la Corée du Sud, de l'Espagne, de la Suède et des États-Unis peuvent être considérés comme représentatifs de leur population adulte générale âgée de moins de 75 ans.
L'échantillons du Brésil, de la Chine continentale, du Chili, de la Colombie, de l'Inde, de la Malaisie, du Mexique, du Pérou, de la Russie, de l'Arabie Saoudite, de Singapour, de l'Afrique du Sud et de la Turquie sont plus urbains, plus instruits et/ou plus riches que la population générale. Les résultats de l'enquête pour ces pays doivent être considérés comme reflétant les opinions du segment le plus "connecté" de leur population.
Les données sont pondérées de manière à ce que la composition de l'échantillon de chaque pays reflète au mieux le profil démographique de la population adulte selon les données du recensement le plus récent.

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Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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