Sur l'autoroute, 27 % des Français admettent jeter des déchets par la fenêtre de leur voiture

A la veille du grand chassé-croisé de l’été, la Fondation VINCI Autoroutes publie les résultats de la 9e édition de l’enquête estivale réalisée par Ipsos sur la façon dont les Français gèrent leurs déchets sur la route des vacances. Sont-ils aussi adeptes du tri lorsqu’ils partent en congés que dans leur vie quotidienne ? Leur arrive-t-il de jeter des déchets sur la route, dans la rue ou dans la nature, et pour quelles raisons ? Ont-ils conscience des conséquences de ces incivilités sur l’environnement ?

Alors même que 88 % des Français se disent préoccupés par les problématiques liées à l’environnement, l’édition 2023 de l’enquête illustre la difficulté à faire évoluer leur comportement pour limiter leur impact environnemental. Pour la deuxième année consécutive, 27 % d’entre eux, soit plus d’1 sur 4, déclarent jeter leurs déchets par la fenêtre de leur véhicule lorsqu’ils circulent sur autoroute. Fait plus alarmant encore, cette pratique s’accroit paradoxalement chez les jeunes de moins de 35 ans, qui sont 42 % à avouer le faire – en hausse de 6 points par rapport à 2022. L’habitude de jeter des mégots par la fenêtre de la voiture, particulièrement préoccupante en cette période estivale au regard du risque d’incendie, régresse très légèrement, mais concerne toujours près d’1 fumeur sur 4 (24 % en baisse de 2 points). Ces comportements inciviques et dangereux ont des conséquences graves sur l’environnement ainsi que sur la sécurité des usagers et du personnel d’intervention, conséquences trop souvent négligées. Chaque jour, en moyenne, 25 tonnes de déchets sauvages sont ramassées le long des autoroutes par des agents autoroutiers.
« Les conséquences du changement climatique et les atteintes à la biodiversité sont de plus en plus source d’inquiétude pour les Français. Et pourtant, un geste aussi simple que celui de jeter ses déchets à la poubelle ne va pas de soi aujourd’hui. Les Français ont tendance à minimiser les conséquences d’un jet de déchet par la fenêtre d’une voiture : atteinte à l’environnement, risques d’incendie et sécurité des agents qui doivent les ramasser. » Bernadette Moreau, Déléguée générale de la Fondation VINCI Autoroutes.

Les déchets sauvages ne faiblissent pas...

Que ce soit sur autoroute ou dans la rue, le jet de déchets sauvages ne faiblit pas, voire s’accentue chez les moins de 35 ans. Les Français, quel que soit leur âge, se disent très majoritairement préoccupés par les problématiques environnementales (88 %) et plus d’un tiers d’entre eux (35 %) se déclarent même très préoccupés. Une inquiétude déclarée qui ne se traduit pourtant pas suffisamment dans l’adoption de gestes simples et respectueux de l’environnement tels que le fait de mettre ses déchets dans une poubelle.
Sur autoroute, 27 % des Français, soit plus d’1 sur 4, admettent jeter des déchets par la fenêtre de leur voiture, comme en 2022. Ils jettent des déchets organiques (23 %, stable), des mégots (24 % des fumeurs, -2 points), des papiers ou des emballages (12 %, +1 point), tout comme des bouteilles en plastique ou des canettes (10 %, stable).
Plus grave, chez les jeunes de moins de 35 ans, la situation se détériore fortement : 42 % d’entre eux déclarent désormais jeter des déchets par leur fenêtre lorsqu’ils roulent sur l’autoroute (+6 points par rapport à 2022). Plus précisément, ils jettent de plus en plus leurs déchets organiques (37 %, +7 points), leurs mégots de cigarettes (39 % des fumeurs de moins de 35 ans, +1 points), des papiers et des emballages (23 %, +4 points) ou encore des bouteilles en plastique ou des canettes (22 %, +3 points).
Signe d’impatience ou d’absence de conscience écologique, plus d’1 Français sur 10 (12 %) avoue se débarrasser immédiatement des déchets lorsqu’ils sont en voiture, sans attendre de trouver une poubelle (présentes sur toutes les aires soit toutes les 10 minutes de trajet environ).
Sur la voie publique également, les comportements des Français ne se sont pas améliorés depuis l’année dernière puisque 41 % des Français avouent jeter des déchets sur les trottoirs ou dans les rues. Quel que soit le type de déchets, les records sont atteints : déchet organique (33 %, +1), papier, mouchoir ou emballage (16 %, +2) et enfin bouteille en plastique ou canette (11 %, +1). La seule incivilité qui diminue est le jet de mégot de cigarette (35 % des fumeurs, -7 points).
Le comportement des moins de 35 ans s’est, là encore, nettement dégradé. Plus d’1 sur 2 (56 %, +4 points) admet jeter des déchets sur la voie publique et 50 % des fumeurs de moins de 35 ans (-1 point) avouent jeter des mégots dans la rue ou sur les trottoirs.

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Un relâchement qui va de pair avec une moindre conscience des conséquences de ces comportements

La conscience que le jet de ses déchets par la fenêtre d’une voiture peut entrainer des risques importants a diminué nettement par rapport à 2022 en ce qui concerne :

  • Le risque de pollution des eaux et des sols (66 %, -7 points) ;
  • Les risques d’atteinte à la biodiversité (65 %, -6 points) ;
  • Les risques d’incendies (64 %, -5 points) ;
  • Le risque d’accidents affectant le personnel autoroutier qui doit les ramasser (59 %, -9 points). En moyenne, chaque jour, 25 tonnes de déchets sauvages sont ramassées par les ouvriers autoroutiers le long des autoroutes ;
  • Ou encore les risques d’accidents impliquant un autre véhicule (50 %, -7 points).

Logiquement, le niveau de conscience des risques de jeter des déchets par la fenêtre est encore plus préoccupant chez ceux qui avouent déjà le faire sur l’autoroute. A titre d’exemple, 50 % n’ont pas conscience que cela peut entraîner des incendies, tandis que 46 % ne voient pas en quoi cela peut avoir des risques pour la biodiversité !
Manque d’information ou mauvaise foi, les Français à qui il arrive de jeter des petits déchets sur l’autoroute pensent que ce n’est pas grave car le déchet se décompose rapidement et que cela ne perturbe pas la biodiversité (39 %) ou que personne ne sera gêné ou ne s’en rendra compte (26 %).

L’inquiétude face aux risques de feux de forêt s’accroît

Plus d’1 Français sur 3 (35 %) déclare avoir déjà été affecté par les incendies de forêt (+5 points), soit directement, avec l’évacuation de son domicile, de son lieu de vacances ou encore à travers une route bloquée (13 %, stable), soit indirectement, par la dégradation de la biodiversité, du paysage ou du cadre de vie, ou par la pollution atmosphérique autour d’un endroit qu’il fréquente (25 %+6 points).
Plus globalement, dans un contexte de réchauffement climatique, les Français sont de plus en plus conscients des risques de multiplication des feux de forêts. 64 % d’entre eux (+7 points) estiment qu’ils risquent personnellement d’être affectés par des feux de forêts dans les prochaines années.

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La proximité du risque semble du reste avoir une influence sur les comportements, puisque les fumeurs des régions les plus exposées jettent un peu moins leurs mégots que dans les autres régions. Ainsi, 30 % des fumeurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse admettent jeter leurs mégots sur le trottoir ou dans le caniveau, et 31 % en Occitanie, soit 16 points de moins qu’en Ile-de-France (47 %). Et il en va de même lorsqu’ils sont au volant : sur autoroute, le jet de mégots concerne 17 % des fumeurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse, et 16 % de ceux d’Occitanie, contre 39 % pour le Grand-Est.

Le défi du tri des déchets

Bien que le tri des déchets fasse aujourd’hui partie des écogestes les plus répandus, la part des Français qui le pratiquent dans leur vie quotidienne semble avoir atteint un plafond : s’ils sont 91 % à trier régulièrement, la progression n’a été que de 3 points depuis 2015. Par ailleurs, le relâchement observé dès lors que les Français s’éloignent de leur domicile se confirme puisqu’ils sont 86 % (+3 points par rapport à 2015) à le faire sur leur lieu de vacances. Sur les aires d’autoroutes, ce relâchement est encore plus net, même si le geste de tri progresse depuis 2015. Ainsi 78 % des Français déclarent trier régulièrement leurs déchets sur les aires (+7 points par rapport à 2015), soit 13 points de moins que dans leur vie quotidienne. Pourtant toutes les aires (de services et de repos) du réseau autoroutier concédé sont équipées pour la collecte sélective.
Ces comportements moins écoresponsables sur les aires semblent avant tout s’expliquer par une certaine forme de paresse et un manque de volonté pour comprendre les consignes de tri. En effet, 45 % des Français qui déclarent ne pas trier systématiquement sur les aires, soit près d’1 sur 2, disent agir au plus vite et utiliser la poubelle la plus proche (-2 points) et 33 % d’entre eux se justifient en indiquant qu’ils ne savent pas comment faire (+3 points).

Sévérité croissante face à l'incivilité

Face à l’incivilité et aux comportements potentiellement dangereux de certains, les Français sont plus enclins à exprimer leur réprobation et prônent une plus grande sévérité. Même si les Français se sentent coupables (57 %) ou honteux (19 %) de jeter des déchets par la fenêtre de leur voiture, dans la rue ou dans la nature, ces sentiments négatifs ne suffisent pas à les faire changer de comportement. En revanche la présence d’un proche semble plus efficace puisque, selon eux, elle pourrait les amener à se retenir de jeter (82 %).

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La majorité des Français se disent prêts à recadrer un proche qui jetterait des déchets : 72 % déclarent qu’ils feraient remarquer et expliqueraient leur désapprobation. Même constat pour le jet de mégot, face auquel 68 % des Français déclarent qu’ils feraient remarquer à leur proche à quel point leur geste est incivique et néfaste pour l’environnement.
Face à un inconnu, ils se montreraient aussi plus prompts à recadrer la personne qui jetterait un déchet sur la route. 32 % déclarent qu’ils le feraient (+4 points, c’est un record) tandis que 63 % avouent qu’ils seraient énervés mais n’interviendraient pas (le plus bas niveau jamais mesuré).
Face à ces comportements, 2 Français sur 3 éprouvent un sentiment de ras-le-bol et prônent plus de sévérité en souhaitant la mise en place de mesures répressives (65 %, +1 point), notamment une augmentation du montant des amendes (38 %, +2 points) ou encore la surveillance par caméras pour identifier les contrevenants (27 %).
Seulement 1 Français sur 4 (25 %) estime qu’une conduite exemplaire devant ses enfants, amis ou parents serait efficace et uniquement 1 sur 10 qu’il faut compter sur le sens civique des citoyens.

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A propos de la Fondation d’entreprise VINCI Autoroutes pour une conduite responsable

Créée en février 2011, la Fondation VINCI Autoroutes est à la fois un laboratoire, un observatoire et un outil d’information dédié à l’évolution des comportements. Investie depuis l’origine dans la promotion de la responsabilité individuelle et collective sur la route, elle a progressivement élargi son territoire d’action à l’éducation, au respect de l’environnement et à l’ouverture aux autres par la lecture. Autant de traductions, pour tout un chacun, de l’aspiration à bien (se) conduire sur la route. En 2022, la Fondation investit un nouveau domaine, en soutenant des projets de préservation et de restauration du patrimoine naturel dans les territoires. Ses champs d’action :

- Faire progresser la recherche en finançant des recherches scientifiques innovantes dans différents champs des conduites à risques, du respect de l’environnement et de la lecture comme vecteurs d’amélioration des comportements et, dans le domaine du génie écologique, en mesurant l’impact dans la durée des actions de restauration des milieux naturels soutenues ;

- Sensibiliser le grand public en menant des campagnes d’information et de sensibilisation aux risques routiers, à la conduite responsable et à la préservation de l’environnement ;

- Soutenir des initiatives associatives et citoyennes en promouvant des projets en faveur d’une mobilité sûre, respectueuse des autres et de l’environnement et en accompagnant des projets de restauration écologique.


À propos de cette étude

Pour réaliser cette enquête, IPSOS a interrogé, du 20 au 21 juin 2023, par Internet, 2 173 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 16 à 75 ans. La représentativité de chaque échantillon est assurée par la méthode des quotas.

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