Trois ans après l'apparition des Gilets Jaunes : le regard des Français

Trois ans après son apparition, le mouvement des Gilets Jaunes conserve encore une base solide avec 40% de Français qui s’en sentent proches (dont 9% « très proches »). Lors de notre dernière enquête en mai 2019, ils étaient 42% à se sentir proches du mouvement, soit un recul très faible en deux ans et demi. Le mouvement reste davantage soutenu par les catégories populaires (53% chez les employés et ouvriers) et les habitants des zones périurbaines (45%) et rurales (53%). Politiquement, les sympathisants de la France Insoumise (70%) et du Rassemblement National (57%) sont nettement plus enclins à soutenir les Gilets Jaunes que les sympathisants LREM (13%) ou LR (24%).

Les Français jugent très majoritairement que l’émergence du mouvement est avant tout liée à la question du pouvoir d’achat (64%), un aspect encore plus fondamental au sein des répondants ayant déclaré se sentir proche du mouvement sans pourtant y avoir directement participé (73%). A noter cependant que chez les Français qui ont activement participé aux actions du mouvement, la coupure peuple/élite (33%, contre 25% pour l’ensemble des Français) et la question du mauvais fonctionnement du système démocratique (28%, contre 13% pour l’ensemble) sont des raisons bien plus importantes que la moyenne.

On constate qu’une très large majorité des Français (82%) juge qu’un mouvement similaire à celui des Gilets Jaunes pourrait à nouveau émerger en France à l’avenir, dont 50% qui pensent que c’est possible « dans les prochains mois ». Même les personnes qui ne se sentent pas proches du mouvement (75%) et les sympathisants LREM (64%) partagent largement cette opinion.

A l’approche de l’élection présidentielle, aucun des candidats déclarés ou potentiels n’est jugé majoritairement proche des idées et des revendications des Gilets Jaunes, que ce soit par l’ensemble des Français ou par les proches du mouvement eux-mêmes ; néanmoins, dans ces deux populations, c’est Jean-Luc Mélenchon qui arrive en tête, avec 34% des répondants (et 43% chez les participants au mouvement) qui considèrent que le candidat Insoumis est proche du mouvement. Seuls ce dernier et Marine Le Pen (30%) sont considéré plus proches du mouvement que le président de la République Emmanuel Macron (20%).

 


Fiche technique : étude réalisée en ligne auprès de 1 063 personnes, constituant un échantillon représentatif de la population française âgées de 18 ans et plus, du 8 au 10 novembre 2021.

Auteur(s)

Articles liés

  • Sondage | LGBT+ | Diversité & Inclusion | Pride

    Mois des fiertés : 42% des Français pourraient mal réagir si leur enfant était LGBT+

    À l’occasion du Mois des Fiertés, la Fondation Le Refuge présente les résultats de son baromètre annuel réalisé par Ipsos bva. Cette enquête 2026 met en lumière un décalage persistant entre l'opinion publique et le ressenti des personnes concernées : en France, 65 % des personnes LGBT+ estiment être mal acceptées. Entre la persistance des violences verbales, les résistances autour des questions de transidentité et une demande de sensibilisation en milieu scolaire, l'étude dresse un état des lieux de la situation des personnes LGBT+ en France.
  • Coupe du Monde de Football 2026 | Enquête | Equipe de France | Pronostics
    Sport Enquête

    Coupe du Monde 2026 : une majorité de Français voit déjà les Bleus arriver au moins en demi-finale

    Alors que la France et la Norvège se disputeront la première place du groupe I vendredi soir, une nouvelle enquête Ipsos bva révèle que plus d’un Français sur deux suit la Coupe du Monde 2026. Portés par un optimisme remarquable, 70 % des sondés ayant exprimé un avis voient déjà l’équipe de France atteindre au moins les demi-finales. Côté joueurs, Kylian Mbappé, Michael Olise et Ousmane Dembélé remportent les suffrages auprès des supporters.
  • ipsos-macif-barometre

    Addictions : l'alcool et les drogues reculent chez les jeunes, mais le protoxyde d'azote s'ancre dans les pratiques

    Alors que la consommation régulière d’alcool et de cannabis recule chez les 16-30 ans, le protoxyde d’azote s’installe durablement dans les pratiques : 12 % des jeunes l’ont déjà expérimenté et 34 % des consommateurs déclarent avoir déjà conduit une voiture après en avoir consommé. La 6e édition du Baromètre des Addictions mené par Ipsos bva pour la Macif met en lumière une contradiction persistante entre la conscience des risques et les comportements adoptés, notamment en matière de sécurité routière.