54% des Français estiment que le système scolaire fonctionne mal

Alors que le sujet est très largement abordé par tous les horizons politiques à l'approche de la Présidentielle 2022 et afin de mieux comprendre l'opinion des Français à cet égard, le groupe de formation Bizness a sollicité Ipsos de réaliser une enquête sur la perception du système éducatif en France.

Auteur(s)

  • Laurène Boisson Chef de groupe, Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs
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Le système scolaire mention correct, mais « peut mieux faire »

De prime abord, le système scolaire est avant tout associé à l’acquisition de compétences (55% des Français lui associent cette notion). Il est toutefois aussi lié à des notions négatives tels que l’obligation /la contrainte et l’aspect rébarbatif (respectivement 42% et 39%).
Cette ambivalence se retrouve dans l’image que les sondés ont du système scolaire : 46% estiment qu’il fonctionne « bien », contre 54% « mal ». Dans le détail, les jeunes de moins de 35 ans dont le souvenir de l’école est plus frais, sont moins critiques que les personnes âgées de 60 ans et plus. Ces résultats modestes s’expliquent entre autres par le fait que le fond comme la forme des enseignements proposés ne sont pas tellement en adéquation avec les attentes de la société.
Ainsi, bien que le système d’enseignement permette d’acquérir de nouveaux savoirs (71% des personnes interrogées approuvent cet argument), il n’est en revanche pas assez innovant ni engageant : moins de 4 répondants sur 10 le trouvent « moderne » (38%) et considèrent qu’il « donne aux élèves envie d’apprendre » (34%) ou bien qu’il permet de « s’adapter aux évolutions du monde professionnel » (33%). Des avis d’autant plus dommageables que les Français souhaiteraient que ce soit le cas.

 

Malgré un contexte chargé, l'éducation nouvelle génération doit tenir une vraie place dans la campagne présidentielle de 2022

Pour 85% des Français, le débat sur l’éducation nouvelle génération doit avoir une place importante voire même essentielle dans la campagne présidentielle de 2022. Parmi eux, 41% pensent que c’est essentiel. En parallèle, seulement 6% considèrent que ce débat n’a pas lieu d’être. Ces chiffres sont marquants à plusieurs égards d’une part, malgré de nombreuses préoccupations fortes (Covid-19, environnement), l’éducation reste une attente majeure il n’est pas question de la mettre de côté. Par ailleurs, les Français sont convaincus de leur opinion. Il ne s’agit pas d’un souhait peu marqué mais d’une réelle volonté de leur part.
Dans la pratique, l’évolution globale du système scolaire divise les Français : une moitié souhaite que l’on reste sur un schéma généraliste (49%) tandis qu’une autre moitié voudrait un parcours plus personnalisé (51%). Des différences se dessinent selon le profil socio démographique des répondants : tandis que les plus jeunes et les personnes pouvant avoir des métiers plus manuels sont surtout favorables à un parcours personnalisé, les seniors souhaitent plutôt rester sur un format « classique » composé de connaissances nombreuses et variées.
Pour nombre de Français, l’école n’a pas seulement un rôle d’acquisition des savoirs elle doit aller beaucoup plus loin et garantir une insertion dans le monde professionnel que ce soit notamment en apprenant à travailler en groupe, en formant les citoyens de demain voire en réduisant la fracture numérique.

 

Finalement, la clé de la réussite se situe particulièrement dans l’implication des élèves

Plus de trois quarts des Français estiment que la modernisation de l’enseignement scolaire en France doit passer par la généralisation de pratiques particulièrement « engageantes » comme la création d’un espace numérique scolaire pour chaque classe (86% y sont favorables), le fait de demander aux élèves d’être eux mêmes formateurs le temps de quelques séances (81%) ou bien d’imposer l’interactivité dans tous les cours (77%).

Si le numérique est nécessaire, (73% considèrent d’ailleurs que la création de diplômes et de certifications numériques est utile pour que ce type de connaissances soit reconnu), il apparaît aux yeux des Français plus comme un outil complémentaire et non pas une fin en soit. Ainsi, bien qu’il soit important voire essentiel de former les enseignants aux outils numériques pour que la fracture dans ce domaine se réduise (89%) ou d’éduquer les élèves au numérique pour allier le meilleur de l’homme et du digital (79%), seule une minorité de Français est favorable au remplacement des livres par des contenus numériques (49%) ou à l’écriture exclusive sur ordinateur (18%).

En somme, le numérique doit inclure plus qu’exclure.

 

La crise sanitaire de la Covid 19 vectrice d’inégalités… mais aussi d’opportunités !

Pour près de 8 Français sur 10, la Covid-19 a eu de nombreux effets négatifs notamment le décrochage scolaire (87%), l’augmentation des inégalités entres les élèves/étudiants (83%) et le fait de ne pas être prêt à entrer dans la vie active pour les jeunes diplômés (79%). Toutefois, il est intéressant de noter deux choses premièrement, les plus jeunes (pourtant davantage concernés par ces problèmes) sont critiques mais moins que leurs aînés. Dans un second temps la crise de la Covid-19 a également permis de nombreuses avancées et notamment de nouvelles façons de travailler.
Il s’agira donc, dans le futur, de saisir l’occasion pour aller plus loin dans l’implication des élèves et dans l’innovation. Des opportunités d’autant plus importantes que les attentes sont hautes, et que l’enseignement « tout au long de la vie » au travers de la formation professionnelle n’est pas en reste. Seulement environ une personne sur deux la trouve en effet « en adéquation avec le marché du travail » (55%), « innovante » (50%), et « personnalisée » (47%). Une image qui ne varie pas que l’on ait déjà suivi une formation professionnelle (c’est le cas de 77% des Français) ou non.

 

 

Ipsos système éducatif
A propos du Groupe Bizness
Le Groupe Bizness est leader de la Formation Nouvelle Génération. Créé en 2007 à Toulouse par Bruno Sola, très vite rejoint par Nicolas Rivière, le Groupe Bizness dépoussière et modernise le monde de la formation professionnelle en France et à l’étranger. En juillet 2020, le Groupe Bizness et Actual Leader group, acteur majeur et leader indépendant français sur le marché du travail et de l’emploi en France, se rapprochent. L’annonce de la prise de participation d’Actual Leader group à hauteur de 40% vient renforcer leurs liens pour continuer de bousculer et moderniser les codes de la formation, de l’éducation et de l’emploi.

Fiche technique : Etude Ipsos menée en ligne auprès d'un échantillon de 1000 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus,  du 1er au 2 septembre 2021

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Auteur(s)

  • Laurène Boisson Chef de groupe, Public Affairs
  • Federico Vacas Directeur Adjoint du département Politique et Opinion - Public Affairs

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