61% des Français ont été touchés par une cyberattaque au cours de l'année

Tik Tok, Ten Ten, Instagram, WhatsApp, IA intégrées dans les smartphones, etc., les Français pratiquent et consomment les nouvelles technologies et passent plus de trois heures par jour avec leurs applications mobiles. C'est dire la quantité de données qui sont échangées dans un contexte où plus de deux milliards de téléchargements ont été effectués en un an , mais… que deviennent-elles ? Ipsos a réalisé pour Cybermalveillance.gouv.fr une enquête d'opinion auprès des Français pour évaluer leur conscience des risques et leur niveau de vigilance face aux cyberattaques.

Les Français et les nouvelles technologies : une relation ambivalente
 

Les réseaux sociaux sont souvent suspectés de les traiter pour personnaliser les publicités, de revendre à d'autres entreprises les données d'identification et de navigation dont elles disposent, sans oublier celles qui impliquent toutes les interactions de chaque utilisateur .
Les Français ont conscience des risques associés à Internet et à la fréquentation assidue des réseaux : ce n'est pas un hasard si 75% d'entre eux considèrent que « l'accès aux réseaux sociaux devrait être interdit aux enfants âgés de moins de 14 ans » et si 80% souhaitent que les smartphones soient interdits à l'école.

Des Français plus prudents mais encore vulnérables aux cybermenaces
 

Ils deviennent aussi plus prudents eux-mêmes comme le montre l'enquête d'Ipsos pour Cybermalveillance.gouv.fr . 88% disent faire attention aux informations divulguées sur les réseaux sociaux et 85% vérifier l'authenticité et de la sécurité d'un site avant un achat. 
Ils y sont incités à la fois par les messages gouvernementaux, la médiatisation des problème rencontrés par les Internautes et par leur propre expérience, 73% des Français ayant été confrontés à une tentative d'hameçonnage, menace principale et porte d'entrée vers d'autres cybermalveillances. 61% déclarent avoir été victimes d'au-moins une attaque durant l'année écoulée (virus informatique, fraude, ordinateur bloqué, piratage de comptes, menaces de diffusion de contenus intimes), 24% avoir été touchés par un piratage de compte en ligne (messagerie, réseaux sociaux, banque...), 20% avoir été contactés par un faux conseiller bancaire, 11% à avoir subi un cyberharcèlement.
Les cibles les plus vulnérables sont les femmes âgées de 18 à 34 ans alors que celles de plus de 35 ans sont a priori beaucoup plus vigilantes : 81% des premières déclarent vérifier l'authenticité et la sécurité d'un site avant un achat contre 90% des plus de 55 ans. Les 18 à 34 ans sont aussi les moins nombreuses (47%) à utiliser un antivirus et à mettre régulièrement à jour leur PC.

Inciter les Français à rester vigilants et échanger pour limiter les risques
 

Alors que les cyber-malveillances vont se perfectionner, en utilisant notamment les IA génératives (deepfakes voix…), il faut encourager les Français à être proactifs, 46% d'entre eux se renseignant sur Internet pour s'informer des risques, un chiffre qui laisse de larges possibilités d'optimisation.
Il faut aussi les encourager à parler : seuls 12% des Français ayant effectué un virement sur le compte d'un escroc en pensant régler une facture en ont parlé à leurs proches.se renseigner et en parler autour d'eux.  Au contraire, Pplus les victimes d'une cyber-attaque en parlent, plus elles permettent de sensibiliser à ses conséquences, perdre de l'argent bien sûr, mais aussi vivre des perturbations psychologiques. 24% des Français qui ont vécu une situation de cyberharcèlement au cours de l'année disent avoir subi des troubles comme perte de confiance en eux, anxiété ou états dépressifs.
Il est d’autant plus important d’alerter sur les risques cyber que, si 63% des Français s’estiment bien informés et sensibilisés aux dangers d’Internet, seuls 50% ayant reçu un message d’hameçonnage n’y ont pas donné suite, ce qui veut dire que 1 sur 2 peut être tombé dans son piège.

 


A propos de cette étude

Etude réalisée en ligne sur la plateforme Ipsos.Digital du 28 juin et le 12 août 2024 auprès d'un échantillon représentatif de 3100 Français âgés de 18 à 75 ans.

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