Covid : quels effets sur la mobilité des Français ?

Lors de la dernière conférence OOH Trends, le rendez-vous annuel de la Communication Extérieure qui a réuni cette année plus de 600 invités, Bruno Schmutz a présenté quelques effets de la crise sanitaire sur la mobilité des Français. Ces données étaient issues de la nouvelle mesure d’audience de la Communication Extérieure, Mobimétrie, et venaient puiser à deux principales sources : d’une part, ‘l’enquête déplacements’, qui permet de connaitre avec précision la mobilité des individus ; et d’autre part, la ‘base de cadrage’ qui recense, agrège et homogénéise l’ensemble des données de flux disponibles en France, qu’il s’agisse par exemple de comptages routiers, de traces GPS ou de statistiques publiques.

La semaine dernière, le trafic automobile en France était supérieur de +70 à +100% aux niveaux enregistrés pendant le premier confinement

Ainsi par exemple, les données de flux automobiles collectés en temps réel par HERE technologies nous permettent de suivre l’évolution continue de la circulation automobile sur l’ensemble du territoire. Chaque semaine depuis le mois de juin, Mobimétrie publie une estimation du trafic, comparée à deux périodes de référence : avant la crise sanitaire (janvier - février 2020) et pendant le premier confinement. Les niveaux enregistrés la semaine dernière (du 9 au 15 novembre) se situent ainsi, selon les villes, entre 60 et 80% des niveaux mesurés avant la crise sanitaire ; et entre +70 et +100% vs le premier confinement. A Paris par exemple, l’écart est de 103%, soit le double du trafic mesuré en mars-avril derniers.

Au-delà, Mobimétrie et Ipsos ont cherché à comprendre ce qui détermine, ce qui explique ces variations de volumes, en s’intéressant à l’évolution des usages. Dans ce but, une enquête auprès d’un très vaste échantillon (4000 individus) a été conduite en septembre et octobre derniers. Elle a permis de mesurer les effets de l’épidémie hors période de confinement, et donc d’anticiper ce que seront, ou ce que pourraient être, les nouvelles mobilités au début de l’année 2021.

Les motifs de déplacement "primaires" (travail, études, courses alimentaires) sont peu affectés par l’épidémie

Globalement, au cours de cette période, 50% des Français ont déclaré se déplacer moins qu’en 2019, et 50% autant ou d’avantage. Ceux qui ont réduit leurs déplacements sont principalement les retraités et les actifs dans le secteur des services, souvent en télétravail. Ceux qui ont maintenu ou accru leurs déplacements sont les autres actifs, et les jeunes, lycéens ou étudiants.

Vers quel type de destination les Français ont-ils continué à se rendre ? La classification usuelle des motifs de déplacement distingue le lieu de travail, le lieu d’études, les courses alimentaires, les loisirs, les courses non alimentaires, et les autres motifs (visite d’amis, accompagnement d’enfants… etc). En temps ‘normal’, le lieu de travail est le principal motif, puisqu’il capte 30% des trajets des Français. L’enquête nous montre que ce type de déplacement a été relativement peu impacté par l’épidémie : 75% des Français ont en effet maintenu ou accru leurs déplacements vers le lieu de travail (ou d’études). Tous les Français ne sont pas des télétravailleurs urbains actifs dans le secteur des services !

Les modes de transport "doux" (marche, vélo, trottinette) connaissent un développement accéléré

S’agissant des modes de transport, ce sont sans surprise les transports publics qui ont été le plus affectés, 50% des Français déclarant y avoir moins recours. En revanche, une majorité de Français a maintenu son usage du véhicule personnel, et 20% l’ont même accru. Surtout, ce sont les ‘modes doux’ (marche, bicyclette, trottinette) qui ont connu un développement spectaculaire. Ils représentaient déjà 31% des trajets avant la crise sanitaire. Depuis, 85% des Français déclarent les utiliser ‘autant’ (50) ou 'davantage' (35) qu’en 2019 ; notamment les populations les plus jeunes et les plus urbaines.


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