Inflation : 30% des Français déclarent vivre avec une situation financière difficile

Inflation, récession, qualité de vie... Des sujets qui touchent les Français mais aussi le reste du monde. Alors que 49% de la population mondiale pense que leur pays est en récession, l'opinion publique gagne en confiance sur l'évolution de l'inflation, bien que plus de la moitié de la population des différents pays interrogés s'attendent à une hausse de cette dernière.

La perception de la récession en France et dans le monde

Lorsque nous parlons de récession, nous évoquons une baisse généralisée et durable de l'activité économique, la variation négative du PIB pendant au moins deux trimestres consécutifs, avec une nette diminution de l'emploi.

 44% des Français pensent que le pays est entré en récession. C’est un peu moins que dans le reste du monde où 49% pensent que leur pays est aujourd’hui en récession, comme 79% des Sud-Coréens, 78% des Hongrois, 74% des Turcs.

En Europe, les Allemands étaient assez optimistes, 32% disent que leur pays était en récession, alors que l’Allemagne a officiellement basculé en récession technique au premier trimestre 2023. Les Néerlandais et les Australiens sont les plus positifs : 46% considèrent que leur pays n’est pas en récession.

 

graphique 1

Une qualité de vie fortement touchée par l’inflation

L’inflation a un impact direct sur la qualité de vie des personnes : 30% des Français déclarent vivre avec une situation financière difficile voire très difficile (+2 points que la moyenne mondiale). C’est presque deux fois plus qu’en novembre 2022 où ils étaient 16%.

Les pays où les gens déclarent vivre avec une situation financière difficile/très difficile sont la Turquie (47%), la France et l’Italie (30%), l’Australie et le Canada (26%), l’Allemagne et le Japon (24%), l’Espagne (21%), les Etats-Unis (18%).

L’inflation fait peur aux Français, avec comme perspectives la baisse de leur pouvoir d’achat pour 44% (vs. 33%) et de leur qualité de vie en général pour 40% (vs. 27%).

L’inflation touche particulièrement le bas de la pyramide de Maslow :

  • Se nourrir : 77% des Français pensent que les prix des produits alimentaires vont augmenter contre 71% dans le monde, 75% au Canada et en Pologne et 74% en Turquie
  • Vivre avec un certain confort : 78% s’attendent à l’augmentation des prix de l’énergie, (+10 points par rapport à la moyenne mondiale) et 67% à celle de leurs dépenses ménagères
  • Se déplacer : 63% pensent que les prix des carburants vont augmenter (+3 points face à moyenne mondiale).

En corollaire, 65% des Français craignent que l’inflation aboutisse à l’augmentation des taxes, (vs. 54% dans le monde), à la baisse de leur pouvoir d’achat pour 44% (vs. 33%) et de leur qualité de vie en général pour 40% (vs. 27%).

Les petits plaisirs du quotidien souffrent aussi : 58% s’attendent à l’augmentation des prix de toutes les dépenses de loisirs (cinéma, restaurants, cafés, etc., +4 points).

graphique 2


Bien que ces chiffres atteignent un niveau impressionnant, ils sont inférieurs au niveau de juin 2022 où ils se situaient 5 à 10 points de plus.

Les opinions des Français sur les causes de la hausse du coût de la vie

74% des Français attribuent la hausse du coût de la vie à « ceux qui profitent de la situation pour réaliser des profits excessifs ». C’est 11 points de plus que la moyenne mondiale et largement devant l’Allemagne (58%) ou la Hongrie (51%).

L’état de l’économie mondiale est également en cause pour 76% des Français, avec un écart moins marqué par rapport à la moyenne des 29 pays (73%), comme les politiques nationales (72% des Français, Vs. 70% dans le monde).

Les séquelles de la crise sanitaire sont aussi parties-prenantes, avec 51% des Français qui y voient l’une des causes de ce que nous vivons aujourd’hui, comme 56% en moyenne mondiale.

Les conséquences de l’invasion de l’Ukraine jouent aussi un rôle important pour 71% des Français (64% dans le monde), mais le chiffre est en nette baisse par comparaison à juin 2022 (- 10 points). En Europe, les plus nombreux à associer la guerre en Ukraine et l’inflation sont les Belges et les Espagnols (75%), les Britanniques (76%), les Italiens et les Suédois (78%), les Néerlandais (79%).

Graphique 3

L’opinion publique gagne en confiance sur l’évolution de l’inflation

Les Français voient l’évolution de l’inflation avec pessimisme. En effet, 57% d’entre eux pensent que la situation redeviendra normale dans plus d’un an, contre 46% en moyenne dans le reste du monde, et 17% qu’elle ne reviendra jamais à la normale (VS. 19% dans la moyenne mondiale).

On peut souligner des notes positives dans d’autres marchés, notamment les pays émergés, qui permettent de dire que l’opinion publique mondiale est légèrement plus confiante dans les perspectives économiques qu’en 2022. Y compris en France, les anticipations de hausse de l’inflation sont inférieures à ce qu’elles ont été dans presque tous les pays étudiés : entre avril 2022 et avril 2023, la proportion de ceux qui s’attendent à une hausse de l’inflation a diminué de 28 points de pourcentage en Allemagne (de 81 % à 53 %), de 26 points de pourcentage en Grande-Bretagne (de 85 % à 59 %) et de 23 points de pourcentage en Italie (de 75 % à 52 %).

graphique 4


A propos de cette étude

Depuis avril 2022, le Global Inflation Monitor est une enquête d’Ipsos, d’abord trimestrielle et maintenant mensuelle, qui explore la façon dont les gens font face aux défis de l'inflation et ce qu'ils pensent être les causes de la hausse des prix.

La vague dont nous parlons a été réalisée dans 29 pays entre le 24 mars 2023 et le 7 avril 2023 via le système Ipsos Online Panel auprès de 20 570 adultes âgés de plus de 18 ans (de 18 à 74 ans au Canada, en Israël, en Malaisie, en Afrique du Sud, en Turquie et aux États-Unis, de 20 à 74 ans en Indonésie et en Thaïlande, de 21 à 74 ans à Singapour et de 16 à 74 ans dans tous les autres pays).

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