La crise des Gilets Jaunes à la Réunion

Alors que le mouvement des Gilets Jaunes occupe depuis plusieurs semaines le devant de la scène médiatique en Métropole, Les experts d'Ipsos Océan Indien se sont penchés sur le phénomène au niveau de l'Île de la Réunion. Quelles sont les caractéristiques du mouvement Réunionnais ? Les revendications des Gilets Jaunes sont-elles les mêmes à la réunion qu'en Métropole ? Quel regard portent les Réunionnais sur leurs politiques locaux et leur gestion de la crise ?

Comme en métropole, le 17 Décembre, de nombreux Réunionnais se sont rassemblés, vêtus de leur gilet jaune, pour manifester leur « ras le bol fiscal». Mais l’exaspération face à la « vie chère » allié au sentiment d’abandon des politiques était trop forte pour en rester là : les barrages se sont installés. 
Quinze jours durant, les gilets jaunes ont bloqué les routes, les stations-services, les commerces, et les grandes surfaces alimentaires, jusqu’à faire craindre la pénurie. La crise a été également émaillée de scènes de violence et de pillage. Les écoles sont également restées fermées pendant toute la durée de la crise.
Ce contexte tendu explique sans doute que si 76% des Réunionnais soutiennent le mouvement, la grande majorité (58%) n’approuve pas la forme, autrement dit les blocages.

Contre la vie chère

Comme en métropole, si la hausse des carburants a été le déclencheur (88% des Réunionnais sont pour une annulation des nouvelles taxes sur le carburant), les revendications portent avant tout sur « la vie chère ».

La priorité (pour 73% des Réunionnais), reste la baisse des prix alimentaires aujourd’hui nettement supérieurs à la métropole. Plus globalement, ils aspirent (pour 86% d’entre eux) à une réforme de l’octroi de mer (taxe sur les produits importés) pour faire baisser les prix.

Ils souhaitent également plus de redistribution : 80% sont favorables à la réintroduction de l’ISF et 95% à l’augmentation des pensions de retraites.

Sur l’augmentation des aides sociales par contre, les Réunionnais restent très partagés : 54% sont favorables à l’augmentation des aides sociales, 27% y sont opposés et 19% n’arrivent pas à se prononcer.

Une défiance envers les politiques locaux

Le mouvement a mis également en exergue une défiance forte envers les politiques locaux. Face à la vindicte des Gilets Jaunes, les politiques locaux ont préféré rester silencieux, mais 92% des Réunionnais jugent que les élus ont justement mal géré la crise (dont 67% très mal), et seulement 10% d’entre eux leur font confiance pour améliorer la situation à la Réunion.

Dès son arrivée sur l’île le 28 Novembre, la ministre des Outre-Mers Annick Girardin, est allée au contact des gilets jaunes et a réuni les acteurs locaux pour trouver une sortie à la crise. Quelques jours après les différentes annonces faites par la ministre, les barrages ont été levés et la situation à la Réunion est revenue à la normale.

Un bilan donc plutôt positif pour la ministre puisque 61% des Réunionnais estiment qu’elle a bien géré la situation, contre 31% estimant qu’elle l’a mal gérée.

Vers une démocratie plus participative ?

A la suite de ce mouvement, 80% des Réunionnais se disent prêts à participer aux réflexions sur les changements à apporter à la Réunion, dont 39% certainement. En réponse à cette demande, le Président de Région Didier Robert a annoncé la création d’un « conseil consultatif citoyen ».

Fiche technique : Enquête réalisée du 6 au 11 décembre 2018 auprès de 300 personnes constituant un échantillon représentatif de la population Réunionnaise.

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