Les entreprises sociales rendent-elles plus heureux ?

À l'occasion de la 12ème Cérémonie du Prix de l'Entrepreneur Social qui s'est tenue de 22 janvier au Boston Consulting Group, Ipsos s'est associé au BCG pour étudier l'opinion des salariés et dirigeants d'entreprises sociales et solidaires sur les perspectives économiques et professionnelles de leur secteur mais aussi sur leurs conditions de travail. Alors, les entreprises sociales et solidaires rendent-elles plus heureuses ?

Les salariés et entrepreneurs de l’ESS sont plus optimistes que ceux des entreprises classiques

76% des salariés de l’ESS se disent optimistes quant au développement économique de leur secteur d’activité, contre seulement 63% de leurs homologues du secteur privé. Ils sont également plus optimistes quant au maintien de leur emploi dans leur entreprise : 87% contre 76% des salariés du privé.

Le secteur de l’ESS attire des salariés investis et optimistes. L’engagement est le sentiment le plus cité, par 78% des salariés lorsqu’ils pensent à leur travail, loin devant l’épanouissement (44%) et la fierté (41%). Cet état d’esprit positif s’explique notamment par le fait qu’un salarié sur deux rejoint le secteur de l’ESS par vocation (52%).

« Cet optimisme est également présent chez 92% des dirigeants des structures de l’ESS quant au développement économique de leur entreprise. C’est 28 points de plus que pour leurs homologues du secteur privé. Ils sont également nettement plus optimistes sur leur capacité à embaucher (71% contre 43%). Cela s’explique par les missions qu’ils proposent à leurs salariés qui sont en phase avec leurs valeurs » déclare Jean-Michel Caye, Directeur Associé Senior au BCG. En effet, 97% des entrepreneurs sociaux déclarent qu’aujourd’hui leur entreprise contribue à œuvrer pour l’intérêt général et permet de changer les choses.

Des salariés de l’ESS attachés à leur entreprise mais déçus par leurs conditions de travail

A moyen terme, les salariés de l’ESS font face à un paradoxe : épanouis dans leurs missions, ils sont cependant déçus du manque de perspectives d’évolution. Ce sentiment en demi-teinte est accentué par le décalage de perception de leurs dirigeants. 91% de ces derniers estiment contribuer à l’épanouissement de leurs équipes, ce que confirment seulement 62% des salariés.

Malgré le fait que 80% des salariés se sentent attachés à leur entreprise, plus de la moitié regrette un manque d’accompagnement dans leur carrière (formation, promotion interne).

« Plus de trois quarts des salariés de l’ESS déplorent des niveaux de rémunérations peu incitatifs (79%). Sur la question de l’augmentation du pouvoir d’achat dans les six mois à venir, seuls 32% d’entre eux sont optimistes, c’est autant que les salariés des entreprises classiques (31%)» explique Brice Teinturier, Directeur Général Délégué d’Ipsos.

Le décalage de perception de leurs dirigeants est un frein à l’épanouissement des salariés : 40% d’entre eux citent le stress comme premier sentiment négatif lorsqu’ils pensent à leur travail, alors que 71% des entrepreneurs sont optimistes concernant le niveau de stress des salariés.

Élément constitutif des ESS, la gouvernance participative est peu ressentie par les salariés. Même s’ils déclarent majoritairement que leur entreprise a de réelles valeurs, ils sont plus partagés quant à leur participation aux décisions stratégiques : 86% des entrepreneurs déclarent consulter les salariés dans les décisions importantes, mais seulement 56% des salariés sont d’accord avec cette affirmation.

L’Entrepreneuriat Social et Solidaire, des préoccupations très proches de celles des « entreprises classiques »

Les entreprises de l’ESS ont des problématiques de recrutement semblables à celles des entreprises classiques. 63% des entrepreneurs considèrent qu’il est difficile de repérer des personnes ayant des profils qu’ils souhaitent recruter. Puis, par la suite, 64% estiment qu’il est difficile de précisément recruter ces personnes. Interrogés sur les profils de formation qu’ils recherchent le plus aujourd’hui et qu’ils ont le plus de mal à recruter, les entrepreneurs ont d’abord cité les étudiants issus des grandes écoles de commerce (30%), des BTS/IUT (22%) puis des universités (17%). Notons que 91% des salariés interrogés ont un diplôme équivalent ou supérieur à un Bac+3.

Par ailleurs, comme pour les entreprises classiques, des progrès restent à faire en matière de RSE : seuls 42% des salariés de l’ESS estiment que leur travail dans l’entreprise contribue à la préservation de l’environnement. Enfin, sur la question de la mixité, la proportion de femmes dirigeantes reste faible (36% des interrogés) alors qu’elles sont massivement représentées parmi les salariés (71%).   

En savoir plus sur le Boston Consulting Group

Fiche technique : Enquête Ipsos pour le Boston Consulting Group réalisée du 7 décembre 2018 au 7 janvier 2019 auprès de 100 dirigeants d'entreprises sociales et solidaires et 370 employés issus d'entreprises sociales et solidaires.
 

[1] Chiffres issus d’une enquête Ipsos réalisé pour le CESI en octobre 2018, auprès d’un échantillon représentatif de salariés du secteur privé et d’un échantillon raisonné de chefs d’entreprise.

Auteur(s)

  • Etienne Mercier
    Etienne Mercier
    Directeur du département Public Affairs Santé

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