Les Français ont-ils l'esprit d'entreprise ?

Alors qu’en France 55% des 18-35 ans souhaitent pouvoir travailler un jour à leur compte, Ipsos dévoile les résultats de son étude internationale exclusive Global Advisor dédiée à l’entrepreneuriat. Menée auprès de 24 pays à travers le monde, l’étude dresse un état des lieux de l’esprit entrepreneurial dans le monde, ses moteurs et ses freins. Si les résultats mettent en lumière une vraie dynamique à travers le globe, elle révèle une France encore un peu craintive dans sa culture entrepreneuriale. Les Français sont cependant près de 10% à vouloir se lancer dans l’aventure et créer leur entreprise dans les deux ans à venir, malgré une nervosité persistante. La moyenne mondiale s’établit à 25%.

Chiffres et enseignements clés de l’étude :

 
  • 54% des Français interrogés possèdent un esprit entrepreneurial élevé à très élevé
  • Les Français se décrivent volontiers comme :
    • Ayant une solide éthique du travail (60%)
    • Étant disciplinés (67%)
  • Ils sont moins enclins à se décrire comme :
    • Désireux de prendre des risques calculés (43%)
    • Ayant d’excellents contacts (47%)
  • 12% des Français ont déjà créé une entreprise. Moyenne mondiale : 30%
  • Ils sont également 4% à avoir déjà créé un organisme de bienfaisance ou un groupe communautaire. Moyenne mondiale : 9%
  • 9% des Français prévoient de créer une entreprise dans les deux ans à venir. Moyenne mondiale : 25%
  • 8% des Français sont susceptibles de créer un organisme de bienfaisance ou un groupe communautaire d’ici deux ans. Moyenne mondiale : 17%
  • 33% des Français affirment que la technologie évolue si rapidement qu’ils ont du mal à suivre. Moyenne mondiale : 39%
  • Les Français sont particulièrement anxieux à l’idée de créer leur entreprise : ils ressentent surtout de la nervosité (40% se disent « inquiets ») et de la peur (31% sont « effrayés »).
  • Seuls 16% des Français sont satisfaits de l’accompagnement des entrepreneurs par le gouvernement. Moyenne mondiale : 22%

ESPRIT ENTREPRENEURIAL, ES-TU LÀ ?

Dans les 24 pays observés par Global Advisor, Ipsos a évalué le niveau de diffusion de l’esprit d’entreprise, considéré avant tout comme une manière d’être, un engagement. L’étude révèle que six citoyens sur dix à travers le monde peuvent être considérés comme doués de cet esprit d’entreprise. Trois personnes interrogées sur dix présentent même une appétence « très élevée » pour l’entrepreneuriat. Au rang des plus entrepreneurs, la France se situe à un niveau intermédiaire : 54% des Français interrogés possèdent un esprit entrepreneurial élevé à très élevé.

Mais quels sont les attributs qui composent cet état d’esprit ? Si les Français se décrivent volontiers comme ayant une solide éthique du travail (60%) et étant disciplinés (67%), ils sont moins enclins à se décrire comme prêts à prendre des risques calculés (43%) ou comme ayant d’excellents contacts (47%).

« Vouloir être acteur de sa vie, s’impliquer en tant que citoyen, consommer en fonction de l’impact environnemental et humain, s’exprimer dans les réseaux sociaux sur les grands enjeux… C’est ce qui compose le portrait de l’entrepreneur. Ce n’est pas quelqu’un de plus audacieux que les autres, mais une personne qui a envie de se réaliser et d’influencer son environnement », explique Yves Bardon, directeur du programme Flair d’Ipsos Knowledge.

L’esprit d’entreprise à travers le monde
L’esprit d’entreprise à travers le monde

 

12% DES FRANÇAIS ONT DÉJÀ CRÉÉ UNE ENTREPRISE

Ce potentiel pour entreprendre se concrétise principalement sous sa forme traditionnelle : la création d'entreprise. Ainsi, un peu plus d’un quart des citoyens dans le monde (28%) déclare avoir créé au moins une entreprise dans le passé, tandis que 30% affirment ne pas avoir encore sauté le pas, mais y avoir sérieusement réfléchi.

En bas du classement, les Français sont quant à eux 12% à avoir déjà créé une entreprise. A noter qu’ils sont également 4% à avoir déjà créé un organisme de bienfaisance ou un groupe communautaire.

La création d’entreprise, une réalité pour 12% des Français
La création d’entreprise, une réalité pour 12% des Français

 

S’ils ne se sont pas encore lancés dans l’aventure, un quart des citoyens du monde pense toutefois lancer son business dans les deux ans à venir. Les Français sont moins prononcés sur ce point : ils sont 9% à prévoir de créer leur entreprise d’ici deux ans, et 8% à être susceptibles de créer un organisme de bienfaisance ou un groupe communautaire.

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES ET L’IA, ALLIÉS DE L’ENTREPRENEURIAT ?

Dans cette aventure, les entrepreneurs peuvent compter sur un allié de taille pour faciliter leur activité : la technologie. Pourtant, se tenir informé des dernières innovations constitue un défi en soi. Au niveau mondial, quatre répondants sur dix affirment que la technologie évolue si rapidement qu'ils ont du mal à suivre, un chiffre particulièrement important en Inde (48%), ou encore en Nouvelle Zélande (47%). A l’inverse, les Français sont parmi ceux qui ressentent le moins cette impression d’être débordés : ils sont 40% à affirmer suivre le rythme des changements technologiques sans soucis.

L'intelligence artificielle divise quant à elle l’opinion : souvent perçue comme une solution, 36% des personnes interrogées ne lui font toutefois pas confiance. Un chiffre qui atteint 62% parmi ceux qui envisagent de monter leur entreprise. Si les Chinois (70%), ou encore les Saoudiens (64%) semblent particulièrement confiants, les Français font partie des plus sceptiques : ils ne sont que 23% à déclarer faire confiance à l’intelligence artificielle.

« Il est intéressant de noter que les pays les plus actifs en matière de création d’entreprises sont ceux qui considèrent l’IA comme un outil fiable, voire un accélérateur d’opportunités et de développements », souligne Yves Bardon.

LES FRANÇAIS NERVEUX À L’IDÉE DE CRÉER LEUR ENTREPRISE

Créer son entreprise est un moment exaltant, qui se traduit souvent par un mélange d’émotions, un cocktail dont les ingrédients sont pour la plupart positifs. Ainsi, les personnes interrogées à travers le monde citent l’envie (55% se disent « intéressées »), la détermination (50% se disent « déterminées »), la fierté (49% se disent « fières ») et la stimulation (48% se disent « inspirées »), comme les mots décrivant le mieux ce que l’on ressent à l’idée de créer une nouvelle entreprise.

Si ces termes sont plus positifs que négatifs, il existe toutefois des obstacles émotionnels considérables à surmonter. Se lancer dans l’aventure entrepreneuriale est également facteur d’angoisses, et certaines émotions négatives sont particulièrement fortes : la tension (42 % se disent « inquiètes »), la nervosité et la peur (36% se disent « effrayées » et « nerveuses »), le trouble (19% se disent « contrariées »), et plus inattendu, le sentiment de culpabilité (13% se disent « coupables »). Des émotions qui semblent toucher particulièrement les Français, dominés par l’inquiétude (40%) et la peur (31%).

« La France est un pays connu pour son aversion au risque. Une précédente étude réalisée par Ipsos en 2015* avait montré que seulement 27% des Français considéraient le risque comme un stimulant (contre 44% à l’échelle européenne), et comme un « danger à éviter ». Difficile d’entreprendre dans ces conditions… », conclut Yves Bardon.

Des craintes qui peuvent parfois être palliées par un accompagnement et un soutien actif de l’État. Près de la moitié des répondants (48%) pense en effet que leur gouvernement a la responsabilité d'aider ses entrepreneurs, même si ce qui réalisé pour le moment semble insuffisant. Seules 22% des personnes interrogées pensent que leur gouvernement fait du bon travail sur l’accompagnement de ses entrepreneurs, une part qui chute à 16% en France.

Gouvernement et esprit d’entreprise : une équation impossible ?
Gouvernement et esprit d’entreprise : une équation impossible ?

 

Découvrez l'analyse de Maddyness

Fiche technique :
Etude Ipsos Global Advisor réalisée en ligne du 20 au 28 Septembre 2018 dans 24 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Inde, Italie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pologne, Russie, Suède et Turquie. Echantillon de 18 000 adultes interrogés âgés de 18 à 64 ans au Canada et aux Etats-Unis et de 16 à 64 ans dans tous les autres pays. Un échantillon d’environ 1000 personnes interrogées par pays à l’exception de l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, la Belgique, la Corée du Sud, la Hongrie, l’Inde, le Mexique, la Pologne, la Russie, la Suède et la Turquie, réalisé sur un échantillon d’environ 500 personnes et plus.
*https://www.ipsos.com/fr-fr/observatoire-de-lattitude-des-europeens-face-aux-risques-lessor-de-la-consommation-collaborative

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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