Les Français souhaitent-ils vivre jusqu’à 100 ans ?

En amont de la deuxième journée des centenaires organisée par Korian, Ipsos a interrogé les Français sur l’attachement qu’ils portent aux centenaires, mais également sur leur rapport au grand âge. Alors que les centenaires sont de plus en plus nombreux et que l’on vit d’une façon générale de plus en plus longtemps, les Français souhaitent-ils vraiment vivre jusqu’à 100 ans ou plus ? Quelle chance ont-ils selon eux d’y arriver ? Comment perçoivent-ils l’augmentation du nombre de centenaires ? Est-ce une bonne chose ou pas ? Quels enjeux ce phénomène va-t-il selon eux susciter dans notre société ? Comment perçoivent-ils le grand âge ? Quels rapports entretiennent-ils avec la mémoire des plus anciens ?

La grande majorité des Français souhaite vivre jusqu’à 100 ans mais seulement un quart d’entre eux estime qu’il est probable qu’ils y arriveront

71% des Français aimeraient arriver à devenir centenaires s’ils avaient l’assurance de pouvoir vivre en bonne santé. Mais seulement un quart des Français (26%) estiment qu’il y a une probabilité importante qu’ils vivent jusqu’à 100 ans. Le fait de connaître un centenaire dans son entourage rend plus optimiste : 41% de ceux qui connaissent au moins une personne centenaire ont bon espoir d’y arriver. 
Pour être un centenaire heureux, les Français estiment qu’il leur faudrait d’abord pouvoir rester vivre au sein de leur domicile (54% et même 68% des 60 ans et plus), rester entourés de leurs proches (40%) mais aussi pouvoir encore avoir de petits plaisirs (32%) et être mieux considérés que ne le sont aujourd’hui les personnes âgées (27%), preuve encore une fois que l’entourage, le plaisir et la reconnaissance sont aujourd’hui les véritables leviers du bien vieillir. 

Près d’1 Français sur 5 déclare connaître un centenaire dans son entourage : un vrai motif de fierté !

21% des Français disent avoir un centenaire dans leur entourage proche. Un chiffre très élevé lorsque l’on connaît la véritable proportion de centenaires en France (mais qui est dû au fait que même lorsque le centenaire ne fait pas partie des proches, on le considère comme tel parce que c’est un motif de fierté). C’est d’autant plus le cas que les Français ont en majorité conscience que les centenaires sont aujourd’hui encore rares en France : 37% pensent qu’ils sont moins de 15 000 et 26% entre 15 et 25 000. Dans les faits, ils seraient environ 21 000. 
Et d’ailleurs, 80% de ceux qui connaissent un centenaire s’en disent fiers (dont 39% qui disent « beaucoup ») et 70% de ceux qui n’en connaissent pas déclarent que ce serait un motif de fierté pour eux. Le Sud-Ouest se démarque légèrement du reste de la France puisque 24% de ses résidents ont déclaré connaître une personne âgée de 100 ans. Un résultat qui explique en partie pourquoi les habitants de cette région sont aussi plus nombreux à avoir le sentiment qu’ils vivront jusqu’à 100 ans.

Mais l’augmentation de l’espérance de vie qui était jusqu’à maintenant une source d’optimisme pour l’avenir est aussi un réel motif d’inquiétude : notre société est-elle encore capable d’offrir une place aux plus âgés ? 

74% des Français estiment que l’augmentation du nombre de centenaires est la preuve que « le système de santé français fonctionne plutôt bien ». 
Mais c’est aussi un motif d’inquiétude qui les amène à considérer que nous allons devoir changer de modèle : 93% considèrent que « nous allons devoir apprendre à donner une vraie place aux personnes très âgées » (97% chez les 60 ans et plus). 
85% estiment même que « cela va nous obliger à repenser en partie notre modèle de société », notamment car « notre société n’est pas prête à accueillir un nombre important de centenaires » (une affirmation partagée par 62% des répondants).

Le lien intergénérationnel avec les centenaires : une relation d’autant plus importante pour l’ensemble des Français que le passé des anciens les rassure sur leur avenir

Près de 8 Français sur 10 déclarent que s’ils connaissaient un centenaire, ils iraient le voir autant qu’ils le pourraient (82%). 91% déclarent qu’ils lui demanderaient de raconter le plus d’anecdotes sur leur passé mais pas seulement. La grande majorité aimeraient aussi lui demander ce qu’elle pense de notre époque (81%) et comment elle l’analyse (77%). Face à un avenir toujours plus incertain et source d’anxiété pour bon nombre de nos compatriotes, disposer du ressenti de ceux qui ont vécu des mutations et des révolutions aussi bien sociétales qu’historiques et technologiques est un moyen de se rassurer.
Mais les Français déclarent aussi qu’ils aimeraient confronter leurs opinions aux leurs (64%), ils plébiscitent également l’échange et la majorité d’entre eux aimeraient pouvoir aussi apprendre des choses sur notre époque à leurs centenaires, notamment sur les innovations technologiques et l’actualité (66%). 
Pour 77% des personnes interrogées, passer une journée avec un centenaire serait l’occasion de s’enrichir de ses souvenirs. 51% considèrent également que cela les rendrait plus proches de leurs préoccupations. Surtout, plus d’1 Français sur 3 déclare que cela lui donnerait plus confiance dans la vie (37%). 
Ils seraient plus particulièrement intéressés par les grandes mutations de leur époque : les grandes innovations (58%), la vie familiale (48%), les grandes évolutions sociétales (45%) ou bien encore les grands évènements historiques (44%). C’est un peu comme si le passé et les changements qu’ont dû vivre les plus âgés étaient une source potentielle de réassurance pour des Français que l’on sait être parmi les plus pessimistes en Europe et dans le monde. 

Les Français sont très majoritairement favorables à la sauvegarde de la mémoire des centenaires et à sa transmission vers les générations les plus jeunes

94% sont favorables à ce l’on enregistre les témoignages et les souvenirs des centenaires pour les conserver dans notre mémoire collective (47% y sont même « très » favorables auprès de l’ensemble de la population (51% chez les personnes connaissant un centenaire)).
90% souhaiteraient que l’on « organise plus systématiquement des rencontres entre des centenaires et les plus jeunes pour que les plus anciens transmettent leurs souvenirs aux plus jeunes ».
Enfin, 86% seraient favorables à ce que « l'on organise dans des classes d'histoire des parrainages entre élèves et centenaires afin de pouvoir (re)vivre l'histoire ». Plus précisément, 32% y seraient « très » favorables (et même 38% chez les personnes connaissant un centenaire).

Fiche technique : 
Enquête réalisée par internet du 31 mai au 4 juin 2018 auprès d’un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables de sexe, d’âge, de profession de la personne interrogée, et de département.

Auteur(s)

  • Etienne Mercier
    Etienne Mercier
    Directeur du département Public Affairs Santé

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