L’impopularité de Nicolas Sarkozy est bien installée

La dernière vague du baromètre de l’action politique Ipsos-Le Point confirme les dynamiques mesurées après les résultats des élections régionales de mars dernier. Le haut niveau d’impopularité du chef de l’Etat est toujours de mise. Comparativement, les jugements sur l’action de François Fillon sont plus nuancés, le Premier ministre étant davantage soutenu dans toutes les franges de population. A gauche, si Bertrand Delanoë reprend la première place du palmarès des leaders politiques à Dominique Strauss-Kahn, on notera que la popularité du directeur du FMI chez les proches du Parti Socialiste a encore progressé, ce qui le situe dans son camp presque au même niveau que Martine Aubry.

Avec 32% d’avis favorables contre 65% d’avis contraires, l’impopularité du chef de l’Etat est toujours aussi forte. Il n’y pas aujourd’hui de « rebond technique » qui aurait pu compenser au moins partiellement la baisse de 7 points venue sanctionner la défaite aux régionales. Aujourd’hui, la popularité du président de la République reste très basse chez les ouvriers (25%) et les revenus modestes (27%) et se dégrade chez les moins de 35 ans, où l’on tombe à un niveau inédit sur cette catégorie de la population depuis son arrivée à l’Elysée (25% de jugements favorables, -8 points). Les dernières  annonces en matière de sécurité semblent toutefois avoir eu un impact positif auprès des soutiens traditionnels de la droite. En effet, Nicolas Sarkozy regagne quelques points de bonnes opinions chez les sympathisants UMP (77% de jugements positifs, +5) et chez les personnes âgées de 70 ans et plus (49%, +8 points). Mais, même sur ces catégories, on reste encore assez loin des scores que l’on enregistrait en début d’année. Dans l’optique de la présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy n’est qu’à 61% d’avis favorables (+1) auprès de ses électeurs du second tour de 2007.

Seule personnalité de la majorité à avoir été épargnée par la baisse post-régionales le mois dernier, le Premier ministre confirme aujourd’hui. Sa popularité évolue légèrement à la hausse avec 48% d’avis favorables (+2 points) contre 45% d’avis contraires (-1 point). Il s’agit là de son meilleur score depuis l’été dernier et trois ans après son arrivée à Matignon, il n’est pas atteint par « l’usure du pouvoir » comme ont pu l’être ses prédécesseurs de droite (Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin, ou Dominique de Villepin). Le fait que François Fillon soit perçu comme le « ministre principal », plutôt que comme « le chef du gouvernement », explique sans doute en partie cette performance. Toujours est-il qu’il est aujourd’hui plus populaire que Nicolas Sarkozy sur toutes les catégories de population, y compris chez les sympathisants UMP .

En ce qui concerne les autres leaders politiques testés, le baromètre de popularité est globalement assez stable, les évolutions mesurées compensant partiellement les variations observées après les régionales. Signalons tout de même que Bertrand Delanoë reprend la tête du classement général (57% de jugements favorables, +3 points), devant Dominique Strauss-Kahn (55%, stable), Bernard Kouchner (53%, +1 point), Rama Yade (52%, -1 point) et Jack Lang (50%, +1), de retour dans le TOP 5. Le Maire de Paris apparaît également en tête du classement établi par les sympathisants socialistes (72%, stable), détrônant Martine Aubry (71%, -6 points). La performance de Dominique Strauss-Kahn, qui recueille 69% d’avis favorables chez les sympathisants socialistes, est également à souligner. Le directeur du FMI gagne 6 points de bonnes opinions, qui lui permettent d’égaler sa meilleure performance dans son camp sur les 3 dernières années, et surtout de talonner Martine Aubry.

A droite, on peine en revanche à renouer avec une dynamique positive. Après la baisse généralisée du mois dernier, certains membres de la majorité progressent tout de même légèrement, mais le solde reste négatif. Ainsi en est-il des popularités de Valérie Pécresse (+2 points, contre une baisse de -5 points suite aux Régionales), de Bernard Kouchner (+1 point, contre -3 points), de Michèle Alliot-Marie (+1, contre -4 points) ou encore de Christine Lagarde (+1 contre -3). Dans le détail, on constate d’ailleurs que ces personnalités progressent principalement auprès des électeurs de gauche, les sympathisants UMP se montrant souvent plus sévères à leur égard qu’en mars. C’est notamment le cas pour Michèle Alliot-Marie (72%, -5 points), Xavier Bertrand (59%, -7 points), Jean-François Copé (58%, -8 points) et Valérie Pécresse (51%, -7 points).
Finalement, seul Olivier Besancenot semble avoir réussi à rebondir après de mauvais résultats aux Régionales (et une baisse de popularité liée aussi à la candidature d’une femme voilée sur la liste NPA en région PACA). Avec 43% d’opinions favorables (+8 points auprès des Français et +14 chez les sympathisants socialistes), le leader trotskiste enregistre la meilleure progression du mois, qui compense entièrement les baisses mesurées en février et mars.


Fiche technique :

Popularité de l'exécutif
Palmarès des leaders politiques

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