Municipales 2020 - Nice : Christian Estrosi en position de favori

A 5 mois des élections municipales, l’enquête Ipsos/Sopra Steria réalisée pour France Info, France Bleu et Nice Matin fait apparaître un contexte largement favorable au Maire sortant, Christian Estrosi, tant en ce qui concerne le rapport de force pré électoral que l’appréciation du bilan de son équipe depuis le précédent scrutin de 2014.

Auteur(s)

  • Stéphane Zumsteeg Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs
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Un Maire sortant en position de favori

Si Nice constitue l’une des principales affiches des prochaines élections municipales, c’est évidemment en raison d’un possible affrontement entre Christian Estrosi et Éric Ciotti dans une ville acquise à la droite.

Si Eric Ciotti décidait de se présenter et conduisait une liste soutenue par Les Républicains, le duel entre les deux figures de la droite locale tournerait largement à l’avantage de Christian Estrosi dès le 1er tour et ce, que La République en Marche présente une liste ou non. 

Dans le cas où La République en Marche ne serait pas présente lors du scrutin (la liste de son député actuel Cédric Roussel étant alors considérée comme «sans étiquette» et créditée de 2% des voix), la liste de la majorité municipale sortante obtiendrait, selon notre enquête, 39% des suffrages exprimés, soit 15 points de plus que celle conduite par Eric Ciotti (24%).

L’éventuelle présence d’une liste officielle du parti présidentiel ne gênerait que très peu Christian Estrosi: dans notre seconde hypothèse, une liste LREM conduite par Cédric Roussel n’obtiendrait que 4% des suffrages, ne remettant pas en cause la large avance dont bénéficierait Christian Estrosi sur Eric Ciotti (respectivement 38 et 24%, soit une avance de 14 points, à peine moindre que dans la première hypothèse).

Dans ce duel pour capter les électorats de centre-droit et de droite, le Rassemblement national peine à trouver sa place et à aborder le 2nd tour en position de force: la liste conduite par Philippe Vardon obtiendrait 14 % des suffrages exprimés, bien loin des scores obtenus à Nice par Marine Le Pen au 1er tour de l’élection présidentielle (25,3%) ou par la liste du RN conduite par Jordan Bardella lors des dernières élections européennes (28,2%).

Enfin, la gauche (représentée dans nos hypothèses par une liste PS, EELV, PC et PRG et par une liste de la France insoumise) semble condamnée à jouer un rôle de spectatrice lors de ce scrutin: la liste d’union PS-EELV-PC-PRG, qui éprouve par ailleurs des difficultés à désigner une tête de liste consensuelle, n’obtiendrait que de 16 à 18 % des voix au 1er tour et celle de la France Insoumise 4% dans toutes les hypothèses testées.

Une victoire envisageable dès le 1er tour 

Si Eric Ciotti décidait de ne pas présenter de liste à Nice le 15 mars prochain, la situation serait encore plus favorable à Christian Estrosi (cette fois-ci soutenu par les Républicains), lui laissant entrevoir la possibilité de l’emporter dès le 1er tour. Selon notre hypothèse, il obtiendrait 51% des suffrages exprimés, devançant très largement la liste du Rassemblement national conduite par Philippe Vardon (21%) et celle d’union PS-EELV-PC et PRG (18%). 

Outre ce résultat très encourageant qui permet au Maire sortant d’envisager sereinement sa réélection en cas d’absence d’une liste Ciotti, l’autre intérêt de cette hypothèse où le député des Alpes-Maritimes ne se présente pas est de mesurer comment se comporterait l’électorat tenté par un vote en faveur d’Eric Ciotti (mesuré dans les deux premières hypothèses) mais confronté à l’absence de son champion (notre 3ème hypothèse). Très clairement, l’électorat Ciotti n’est pas foncièrement «anti-Estrosi», bien au contraire. Eric Ciotti est crédité de 24% des suffrages dans les hypothèses où il se présente. En cas d’absence, ses 24% se répartissent de la façon suivante: de 12 à 13 % (selon les hypothèses) en faveur de la liste Estrosi, 7% en faveur de la liste RN (et, plus accessoirement, 2% pour la liste LREM et de 1 à 2% pour la liste de gauche). On le voit bien, la compétition Estrosi-Ciotti est bien plus une rivalité de deux candidats aux profils plus ou moins droitiers pour capter l’électorat de droite qu’un plébiscite en faveur ou contre le maire sortant.

Un rapport de force très favorable à Christian Estrosi qui s’explique avant tout par un bilan municipal salué 

La bonne, voire très bonne, perception par les Niçois du bilan municipal de l’équipe de Christian Estrosi est le principal élément qui explique pourquoi il apparaît à l’issue de cette enquête comme le favori du prochain scrutin municipal.

Près de 8 Niçois sur 10 (79 %) considèrent ainsi que la Municipalité de Nice a accompli, depuis 2014, un travail excellent (13%)ou bon (66%). A l’inverse, seulement 20% de la population se révèlent plus critiques sur ce point.

Ce niveau de satisfaction est par ailleurs nettement plus élevé que celui que nous observons généralement dans les grandes villes françaises. Avec 79% d’opinions positives, le travail effectué à Nice est largement au-dessus de notre moyenne nationale mesurée dans les villes de plus de 50000 habitants (63% d’opinions positives en moyenne contre 37% de jugements négatifs).

Ce large satisfecit est partagé par toutes les catégories de Niçois selon leur sexe, leur âge mais aussi, et c’est autre enseignement majeur de cette enquête, selon leur profil politique. Christian Estrosi semble n’enregistrer aucune usure du pouvoir auprès de son électorat naturel: à ce titre 94% des Niçois ayant voté pour sa liste en 2014 considèrent de façon positive le travail accompli depuis cette date. Parallèlement, les électorats de gauche (vote pour la liste Allemand en 2014) et frontiste (vote pour la liste Arnautu) saluent également, quoique dans une moindre mesure, la qualité du bilan (respectivement 71% et 68% d’opinions positives).

De la même manière, les Niçois qui envisagent de voter en mars prochain pour d’autres listes que celle de Christian Estrosi portent également un jugement très majoritairement positif à l’égard du travail de l’équipe actuelle, qu’ils envisagent de voter pour la liste Ciotti (74%), pour celle de gauche (69%) ou pour celle du RN (67%).

Sécurité, circulation-stationnement et propreté: le trio des principales préoccupations des Niçois

Quand on leur demande de se projeter dans l’avenir, les Niçois souhaitent que la future Municipalité porte ses efforts en priorité dans les domaines de la sécurité (notamment les séniors), de la circulation et du stationnement (plus particulièrement les hommes et les moins de 35 ans), de la propreté (les femmes et les séniors) ainsi que dans celui de l’environnement et de la lutte contre la pollution. Ces 4 domaines sont également ceux qui préoccupent le plus les Français habitant les villes de plus de 50 000 habitants. Il n’y a donc pas de différences sensibles entre les attentes niçoises et celles des citadins français si ce n’est que l’exigence d’un effort en matière de propreté est plus marquée à Nice et l’environnement et la lutte contre la pollution un peu moins préoccupante.

En revanche, les principales préoccupations varient en fonction du profil électoral des Niçois. Si la hiérarchie des préoccupations des personnes comptant voter en faveur de la liste de Christian Estrosi est très semblable à celle des Niçois dans leur ensemble, ceux envisageant de voter pour Eric Ciotti apparaissent plus sensibles à des thèmes tels que la sécurité, la propreté ou le niveau de impôts locaux. Sans surprise, l’électorat RN souhaite que la Municipalité accorde la priorité à la sécurité mais également à la circulation et au stationnement ainsi qu’aux transports en commun. Enfin, l’électorat de gauche considère que l’environnement et la lutte contre la pollution comme le logement constituent dans les années à venir les priorités de la prochaine équipe.


Fiche technique : enquête Ipsos/Sopra Steria menée du 10 au 14 octobre 2019 auprès de 601 personnes inscrites sur les listes électorales de Nice, constituant un échantillon représentatif des habitants de Nice âgés de 18 ans et plus.

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Auteur(s)

  • Stéphane Zumsteeg Directeur du Département Opinion et Recherche Sociale, Ipsos Public Affairs

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