2nd tour législatives 2017 : comprendre le vote des français

L'enquête Ipsos / Sopra Steria réalisée les jours précédant le deuxième tour des Législatives révèle l'état d'esprit dans lequel les électeurs se sont - ou non - rendus aux urnes. Malgré la victoire de La République En Marche, les Français n'accordent pas de blanc-seing à Emmanuel Macron et son gouvernement, mais souhaitent à présent tourner la page des joutes électorales et laisser sa chance à la nouvelle majorité.

UNE VICTOIRE DE LREM TOUT EN NUANCE

Un Français sur deux (49%) considère comme "une bonne chose que La République En Marche dispose d'une large majorité à l'Assemblée", pour 51% qui pensent que c'est "une mauvaise chose". Les avis sont partagés y compris chez ceux qui ont voté pour un candidat de la gauche socialiste ou écologiste au premier tour des législatives (près de la moitié d'entre eux estiment qu'une large majorité LREM est une bonne chose, pour 53% d'avis contraires). Les électeurs de droite (31% / 69%), de la France Insoumise (26% / 74%) et du FN (20% / 80%) étaient en revanche partisans d'une assemblée plus diversifiée.

UN AVENIR INCERTAIN POUR LE PARTI SOCIALISTE ET LES RÉPUBLICAINS

Concernant l'avenir du Parti Socialiste et des Républicains, 60% des Français estiment "qu'il faut passer à autre chose, le clivage gauche / droite n'a plus de sens", pour 40% qui jugent que ces partis "doivent se régénérer, retravailler leurs contenus et retrouver des leaders, mais qu'ils sont toujours utiles à la démocratie". L'idée qu'il faut passer à autre chose est majoritaire dans l'électorat FN (75%) et LREM/Modem (67%) du premier tour des législatives, tout en étant également partagée par 49% des électeurs de La France Insoumise (51% d'avis contraires), 46% des électeurs EELV (contre 54%) et même plus du tiers des électeurs PS/PRG/DVG (37% / 63%) et LR/UDI/DVD (39% / 61%).

PAS DE BLANC-SEING POUR LA NOUVELLE MAJORITÉ...

La perception des premiers pas de l'exécutif révèle néanmoins que les Français n'accordent pas de blanc-seing à la nouvelle majorité. Seuls 11% des interviewés - et à peine un tiers de l'électorat LREM/Modem du premier tour des législatives - déclarent "adhérer aux annonces et actions d'Emmanuel Macron et de son gouvernement", contre 33%"qui n'y croient pas". La majorité (56%) est dans l'entre-deux, "pas complètement convaincue, mais il faut leur laisser une chance". Ceux qui préfèrent attendre de voir sont majoritaires au sein de la gauche socialiste (66%) et écologiste (71%), à droite (64%) et même dans l'électorat LREM/Modem (64%), tandis que les électeurs frontistes (61% "n'y croient pas") et de la France Insoumise (58%) se sont déjà majoritairement rangés dans l'opposition.

Dans le détail, la confiance accordée à Emmanuel Macron et au gouvernement est majoritaire à l'égard des annonces et actions prévues en matière de diplomatie (62% de "confiant" pour 38% de "pas confiant"), d'éducation (61% / 39%) et de sécurité (56% / 44%), mais pas en ce qui concerne "la moralisation de la vie publique" (47% / 53%), "le travail" (37% / 63%) et "la fiscalité" (37% / 63%). A noter sur la moralisation de la vie publique que le rapport de force s'est inversé par rapport à notre enquête réalisée à la veille du premier tour, dans laquelle 55% des Français étaient d'avis que l'action d'Emmanuel Macron et de son gouvernement produirait des résultats positifs à court ou moyen terme. La majorité de Français n'est pas non plus convaincue par le recours aux ordonnances pour réformer le droit du travail, 58% jugeant que c'est "une mauvaise chose", pour 42% d'avis contraire.

MAIS QUAND MÊME UN REGAIN DE CONFIANCE

L'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron et de La République en Marche aura néanmoins permis de restaurer un peu la confiance des Français dans l'avenir du pays. Si deux personnes sur trois pensent toujours que la France est en déclin (67%, 33% d'avis contraire), cette proportion a chuté de près de vingt points en un an (ils étaient 86% à considérer la France en déclin dans l'enquête Fractures Françaises Ipsos/Le Monde d'avril 2016). Au lancement de cette nouvelle législature, un Français sur trois pense que "la situation de la France dans les années qui viennent va s'améliorer", pour 24% qui jugent qu'elle va "se dégrader" et 42% "ni l'un ni l'autre". L'optimisme est largement majoritaire au sein de l'électorat LREM/Modem (81%), mais concerne aussi une majorité relative de l'électorat PS/PRG/DVG (43%), un quart des électeurs de droite et 15% des électeurs de La France insoumise.

 

Auteur(s)

  • Brice Teinturier
    Brice Teinturier
    Directeur Général Délégué, Ipsos bva (@BriceTeinturier)

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