Vie privée ou intime-ôté ?

Le respect de la vie privée et de l’intimité figure parmi les sujets qui inquiètent le plus les Internautes, comme le montre l’étude mondiale CIGI*-Ipsos 2018 sur la sécurité et la confiance en 2018 : plus de la moitié des internautes interrogés (52%) se disent plus préoccupés par leur vie privée en ligne qu'il y a un an, reflétant leurs inquiétudes croissantes autour de la vie privée en ligne et du pouvoir des réseaux sociaux.

Le cyber-harcèlement fait partie des sujets dont la notoriété progresse dans l’opinion mondiale, passant de 66% en 2011 à 72% en 2018. Dans certains pays, il fait même un bond spectaculaire, comme en Italie, de 57% à 91%, ou en Argentine, de 61% à 86%.

Les enfants semblent particulièrement exposés au cyber-harcèlement

À l’échelle mondiale, un parent sur cinq affirme qu’ils en ont déjà fait l’expérience en 2018. L’Inde (37%), le Brésil (29%), les États-Unis (+12% depuis 2011, à 27%), la Belgique (+14%, à 26%) et l’Afrique du Sud (+15%, à 25%) sont les pays les plus touchés. 

Il ne faut pas chercher bien loin les cyber-harceleurs

Dans 51% des cas, c’est un(e) camarade de classe de l’enfant qui en est victime et 16% des cas un adulte qu’il connaît. Les inconnus (jeunes ou plus âgés) représentent les 58 % restant (30% et 28% respectivement). En Amérique du Nord, les camarades de classe sont en cause dans 65% des cas, le score le plus élevé, à rapprocher des suicides (ou des tentatives de suicide) aux États-Unis où le taux de suicide des jeunes filles de 10 à 14 ans a augmenté de plus de 200 % par rapport à 1999, en lien direct avec le cyber-harcèlement. La campagne « Be Best », lancée par Melania Trump, s’y attaque directement. 

Les réseaux sociaux pointés du doigt

Les réseaux sociaux représentent le terrain de jeu idéal du cyber-harcèlement pour 65% des personnes interrogées dans le monde. L’une des zones les plus friandes des « socmed » est précisément celle qui apparaît la moins inquiète à leur égard : la zone Asie Pacifique, à 53%, loin derrière l’Amérique Latine (76%), l’Amérique du Nord (67%) ou l’Europe (65%).

Le cyber-harcèlement préoccupe peu les Français

Le sujet est même en baisse, de 53% en 2011 à 50% en 2018, en avant-dernière position, juste avant l’Arabie Saoudite.
Les enfants y sont a priori peu exposés :  à 9%, la France est dans les pays a priori les moins concernés, la Russie, à 0%, se déclarant totalement épargnée par le problème.
Cela n’empêche pas les Français d’être 84% à penser que les mesures anti-harcèlement ne sont pas efficaces actuellement, un paradoxe de plus.

* Centre for International Governance Innovation

Fiche technique : 
Etude Ipsos Global Advisor, réalisée online du 23 mars au 6 avril 2018, sur 20 793 personnes dans 28 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Chili, Chine, Corée du Sud, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Inde, Italie, Japon, Malaisie, Mexique, Pérou, Pologne, Roumanie, Russie, Serbie, Suède et Turquie.

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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