Attention | Travail | Management | Entreprise | Uside
Attention | Travail | Management | Entreprise | Uside

Désattention au travail : les salariés français interrompus toutes les 13 minutes en moyenne

Entre notifications constantes et réunions successives, la gestion de la concentration devient un défi managérial majeur. Selon une enquête Ipsos bva pour Uside, 84 % des salariés constatent des effets directs de la désattention au travail sur leur productivité et leur niveau de stress. Face à un rythme moyen d'une interruption toutes les 13 minutes, cette étude met en lumière un décalage important entre les attentes des collaborateurs et les actions concrètes menées par les entreprises pour préserver la charge cognitive et la performance collective.

Chiffres-clés de l'enquête

▶ Les salariés français subissent 4,7 interruptions par heure en moyenne, soit une toutes les 13 minutes. 

▶ 84 % des salariés ont observé des conséquences concrètes d'un déficit d'attention sur leurs tâches (stress, baisse de productivité, problèmes de qualité…). 

▶ 58 % des salariés estiment que leur entreprise n'agit pas pour réduire les déficits d'attention. 

▶ 64 % des salariés souhaitent être accompagnés pour améliorer leur attention, notamment 70 % des moins de 35 ans. 

 

Réunions et temps collectifs : la concentration en baisse

L'étude souligne un déficit d'attention alarmant lors des moments de collaboration. Moins de deux salariés sur trois déclarent être systématiquement ou souvent attentifs au contenu et au déroulement des réunions. Plus inquiétant encore, la perception de l’exemplarité managériale vacille : seuls 54 % des salariés jugent leur manager attentif lors de ces séquences. Ce désengagement partagé transforme les réunions en zones de non-productivité, accentuant le sentiment de fragmentation du travail.

L’IA, nouvel ennemi de l’attention ?

Contre toute attente, les nouvelles technologies, et l'intelligence artificielle en particulier, n'apparaissent pas comme des solutions aux yeux des salariés. Plus d'un salarié sur trois estime que l'IA dégrade l'attention portée aux autres (38 %) et au monde extérieur (36 %). Un contre-narratif fort, à rebours du discours dominant sur la productivité augmentée.

Management et attention : un écart de perception selon l'expérience

L'étude révèle également une fracture profonde dans la perception de l'attention entre salariés et managers. Si 78 % des salariés déclarent être attentifs aux conséquences de leurs actes, ce chiffre chute à 47 % lorsqu'on leur demande d'évaluer l'attention portée par leur hiérarchie, soit un écart massif de 31 points. Ce fossé se creuse avec l'ancienneté : alors que 73 % des jeunes salariés (18-24 ans) estiment que leur manager est attentif à l'équipe, ce chiffre tombe à 50 % chez les salariés de 50 ans et plus.

Une demande d’accompagnement forte, portée par les jeunes générations 

Loin d'être résignés, les salariés expriment une attente claire : 64 % souhaitent être accompagnés pour améliorer leur attention au travail, une proportion qui monte à 70 % chez les moins de 35 ans. Contrairement aux idées reçues, la jeune génération ne se révèle pas moins attentive que ses aînés ; elle est simplement plus lucide sur ses besoins et plus demandeuse de solutions concrètes.

Inaction des organisations : un angle mort du management contemporain

Face à ce constat, les entreprises semblent largement démunies ou insuffisamment mobilisées. 58 % des salariés estiment que leur organisation n'agit pas pour réduire les déficits d'attention. Un paradoxe saisissant alors que la désattention pèse directement sur la performance collective. Les conséquences humaines sont réelles : lorsque l'attention n'est pas protégée, 33 % des salariés développent de l'épuisement professionnel et 32 % voient leur niveau de stress augmenter, faisant de la désattention un facteur majeur de burn-out.

Rapport complet

À propos de Uside

UsideSpécialiste du Leadership Advisory, Uside accompagne les organisations à relever les défis humains liés à leur développement et à leurs transformations stratégiques. Le cabinet propose une approche unique centrée sur les comportements comme leviers concrets d'impact. Fondé en 1990 par le psychiatre Éric Albert, Uside mobilise +50 consultants, coachs et psychologues pour améliorer la performance et l'épanouissement au travail.
En 2021, Uside rejoint Sia, acteur international du conseil en stratégie, management et IA, rassemblant plus de 3000 personnes dans 19 pays.
Notre conviction : Behaviors make Leaders.

En savoir plus


À propos de cette enquête

Enquête Ipsos bva pour Uside menée via la plateforme Ipsos.Digital du 6 au 11 mars 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 salariés français âgés de 18 ans et plus. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.

Auteur(s)

Articles liés

  • Ipsos bva | Cote de popularité | Baromètre politique | Sondage
    Sondage Enquête

    Baromètre politique Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs pour La Tribune Dimanche - Juillet 2026

    Préoccupations des Français, cotes de popularité de l'exécutif, du gouvernement et des leaders politiques Français, questions d'actualité... Retrouvez ici les derniers résultats de notre sondage d'opinion, le Baromètre Politique Ipsos bva-CESI École d'ingénieurs-La Tribune Dimanche.
  • Arc de Triomphe | Défilé militaire | Champs Élysées | Fête nationale

    Défilé du 14 juillet : une source de fierté pour 78 % des Français

    À l'occasion des célébrations de la Fête nationale, Ipsos bva dévoile les résultats de son enquête inédite intitulée « Les Français, le 14 juillet et le défilé militaire ». Selon les résultats de l’enquête, l’armée française bénéficie d’une image positive auprès de 90 % des Français ayant exprimé un avis. L’étude souligne également que 80 % des Français considèrent le défilé militaire comme un symbole important de l’identité nationale. Pour 59 % des répondants, le 14 juillet constitue une fête nationale essentielle qui doit être célébrée avec fierté, tandis que 78 % des personnes ayant une opinion déclarent se sentir fiers d’être Français lors du défilé des troupes des armées le 14 juillet.
  • Pratique sportive des enfants | Jeunesse | Sport
    Sport Enquête

    Pratique sportive des enfants : 37 % abandonnent en cours d'année

    Pour la Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO) et le programme Kinder Joy of Moving, Ipsos bva a mené une étude menée auprès de 700 parents d’enfants de 5 à 15 ans pour décrypter les pratiques sportives des enfants, les critères qui guident le choix des sports et les attentes des familles. Si le sport occupe une place importante dans le quotidien des enfants, l'étude met en évidence de nombreux obstacles, tels que la difficulté à trouver l'activité la plus adaptée, la perte de plaisir ou de motivation, ou encore les contraintes d'organisation. Face à ces défis, les écoles omnisports permettant aux enfants de découvrir plusieurs disciplines plutôt que de se spécialiser, apparaissent comme une solution concrète pour donner envie de pratiquer… et surtout de continuer.