Passeport vaccinal : 7 Français sur 10 favorables, des inquiétudes fortes sur le partage des données médicales

Passeport vaccinal, pour ou contre ? Ipsos a interrogé les Français sur ce possible scénario, dans le cadre d’une enquête mondiale menée pour le World Economic Forum dans 28 pays. A la différence du passeport sanitaire (plateforme numérique qui rassemblerait et authentifierait les informations sanitaires de chacun), il consisterait en une preuve de vaccination contre la Covid-19, permettant de voyager à l'étranger et d'accéder à certains lieux publics. Un Français sur deux y est opposé (57%), soit onze points de plus que la moyenne mondiale !

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  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs
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Les Français partagés sur l’usage du passeport vaccinal

Dans le monde, environ trois adultes sur quatre (78%) sont favorables à ce qu’un passeport vaccinal soit exigé à des voyageurs souhaitant entrer dans leur pays. Ils sont un peu moins nombreux en France : sept sur dix y sont favorables (dont 40% ‘très favorables’), une proportion similaire avec les Etats-Uniens et les Allemands. Une majorité est en tout cas convaincue de son efficacité pour rendre les voyages et les grands événements plus sécurisés sur le plan sanitaire (73% à l’échelle mondiale - la France est un peu en dessous à 65%).

Dans quels cas le passeport pourrait-il être exigé et davantage accepté ? En priorité pour accéder aux principaux lieux publics comme les salles de concert ou les stades pour deux personnes sur trois dans le monde (67%). En revanche, seule la moitié des personnes interrogées (55%) pense qu’il devrait être obligatoire dans les magasins, les restaurants et les bureaux.

En France, les avis sont plus partagés : seuls 53% sont favorables à exiger le passeport vaccinal pour accéder aux grands lieux publics et 47% sont favorables à instaurer le passeport vaccinal obligatoire pour accéder aux magasins, bureaux, restaurants, même si cette piste a été écartée par le gouvernement fin avril. 43% des Français partagent pourtant l’idée que seules les personnes vaccinées devraient être autorisées à participer à certaines activités : événements culturels / sportifs, prendre l’avion et les transports en commun... Et 57% y sont opposés (moyenne mondiale : 46%).

Les Français les plus inquiets sur la question des données médicales

« La mise en place de ce potentiel passeport vaccinal soulève une réelle problématique d’accès aux données médicales, un point particulièrement crispant en France puisque seuls 32% des Français sont à l’aise avec l’idée que le gouvernement ait accès à leurs données médicales, bien moins que la moyenne mondiale (50%). Le pire pour eux ? Que leurs employeurs y aient accès ! » souligne Amandine Lama, Directrice d’étude du département Public Affairs chez Ipsos en France.

Les Français sont en effet les plus opposés au monde à ce que leur employeur ait accès à leurs données médicales (27% seulement se déclarent favorables, contre 56% dans la moyenne mondiale). Leur crispation est similaire à l’égard des entreprises privées, dans le secteur des transports, de l’hôtellerie ou des nouvelles technologies… Seuls 19% des Français sont à l’aise avec l’idée que leurs données médicales puissent être partagées à ces entreprises (21 points de moins que la moyenne mondiale).

Interrogés sur la pérennité du passeport vaccinal, la majorité de Français interrogés (37%) pense qu’il devrait être utilisé le temps de la baisse des contaminations, estimée à quelque mois. 26% estiment qu’il faut mettre cet outil en place jusqu’à la fin de l’année, et 24% estiment qu’il devra être nécessaire pendant quelques années encore. Les Français favorables à la mise en place définitive du passeport vaccinal sont bien plus rares (13%) !


Méthodologie : Enquête réalisée en ligne pour le World Economic Forum dans 28 pays en deux vagues selon la méthode Ipsos Global Advisor. 21 021 répondants interrogés entre le 26 mars et le 9 avril 2021, 15 529 entre le 8 et le 11 avril 2021.

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  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs

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