Pour 92% des parents français, il n'y a pas de plus grand succès dans la vie que d'être un bon parent

Pour la 3ème édition du Baromètre Kinder, Ipsos analyse et décrypte en France, et pour la première fois dans 4 autres pays (Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Russie), les relations parents-enfants. Comment être un bon parent et assurer le bonheur et l'épanouissement de son enfant ? Quelle perception du temps passé ensemble ? Quels sont les moments partagés en famille qui comptent le plus pour les enfants ? Voici l’enseignement majeur de cette étude : 92% des enfants déclarent se sentir heureux, une perception partagée par 90% des parents qui les estiment heureux. Un constat très positif donc, dans lequel les petits moments du quotidien passés ensemble jouent un rôle essentiel.

Auteur(s)

  • Faustine Ducreu Chef de groupe - département Trends & Prospective, Ipsos
  • Doan-Anh Pham Directrice Adjointe du département Trends & Prospective, Ipsos
Get in touch

Entre cadre et autonomie : qu'est-ce qu'être un bon parent aujourd’hui ?

Pour la majorité des parents français (92%), comme dans les autres pays, c’est une évidence : il n’y a pas de plus grand succès dans la vie que d’être un bon parent.

Très investis dans leur rôle, les parents français se montrent très exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes. Une quête de perfection qui passe notamment par la recherche du modèle éducatif « idéal ». Ainsi, face à l’émergence de façons de faire différentes dans l’éducation des enfants, et au vu de ce qu’ils ont expérimenté avec leurs propres parents, les parents d’aujourd’hui construisent leur propre modèle de parentalité, entre un cadre plus traditionnel de règles et d’autorité, et une tendance plus récente de plus d’autonomie laissée à l’enfant.

Un parent français sur deux (52%) considère ainsi qu’être un bon parent, c’est avant tout savoir imposer un cadre, des limites, et faire preuve d’autorité. L’autre moitié (48%) affirme, quant à elle, qu’être un bon parent, c’est avant tout laisser le plus d’autonomie possible à son enfant et accorder une place centrale à ses souhaits et ses désirs. Si l’on retrouve cet équilibre entre les deux modèles de parentalité au Royaume-Uni et en Italie, les parents allemands privilégient eux légèrement le modèle plus cadré (57%), tandis que les parents russes se prononcent en majorité (60%) pour le modèle favorisant l’autonomie de l’enfant.

Dans cette recherche d’équilibre, les parents français valorisent ainsi l’inculcation de la confiance en soi à l’enfant comme premier facteur essentiel du « bon parent » (54%). Près d’un sur deux (46%) souhaite également avant tout lui permettre de devenir autonome, une dimension plus marquée chez les parents français que chez leurs homologues (34% total des pays).

Dans le même temps, les parents français veillent à donner un cadre à l’enfant, se montrant attentifs - plus que dans les autres pays (14% total pays) - à l’intégration de celui-ci dans la société (21%). Ils sont ainsi plus d’un tiers à vouloir lui transmettre le code de conduite indispensable à la vie en société (politesse, bonnes manières…) (37%) et les valeurs qui comptent pour eux (36%). Il s’agit aussi de donner un certain nombre de bonnes habitudes à l’enfant. Les parents français sont ainsi ceux pour qui transmettre des bonnes habitudes alimentaires compte le plus pour être un « bon parent » (21% vs 16% total pays).

Le rapport à la technologie est représentatif de cet équilibre que les parents français recherchent entre cadre et autonomie. En effet, s’ils équipent en majorité leurs enfants d’un smartphone : selon le baromètre, 76% des enfants de 11 à 15 ans en possèdent un, 82% des parents essayent, dans le même temps, de limiter le plus possible leur temps passé devant les écrans.

« La recherche d’un équilibre entre cadre et autonomie est normal chez les parents, puisque c’est une question de bon sens et d’organisation familiale. Je recommande de prendre en compte tout ce qui est moderne, la technologie et les nouveaux modes de consommation par exemple qui sont des atouts pour les enfants, mais sans oublier les fondamentaux : la politesse, le respect des autres, la notion d’effort et de travail.
Le bon parent en 2019, c’est un parent qui fait la bonne balance entre les deux, qui s’interroge, qui tâtonne, qui va chercher de l’aide si besoin. Le bon parent est avant tout : bienveillant, aimant et offrant un cadre. » Dr. Agnès Pargade, médecin pédopsychiatre.

Vouloir être un bon parent à tout prix, peut se révéler source de pression et de culpabilité pour les parents

Pour l’ensemble des parents, la recherche de perfection dans le cadre de leur rôle peut être source de culpabilité, leur donnant l’impression de ne pas en faire assez. Plus d’un parent français sur deux (56%) se sent ainsi coupable de ne pas passer suffisamment de temps avec son enfant. Une tendance exacerbée chez les Britanniques, qui ressentent, plus que les autres parents, ce sentiment de culpabilité (59%).

Plus concrètement, 62% des parents français estiment ne pas assez faire de sport avec leur enfant (une perception partagée par 53% des enfants), et 48% ne pas assez se promener avec lui (vs 40% des enfants).

Une perception encore renforcée par le sentiment récurrent de courir après le temps qui caractérise la vie quotidienne aujourd’hui. Cette sensation que la vie va trop vite et d’être de plus en plus dépassé est de fait majoritaire dans tous les pays (62% total pays), avec des nuances à noter : si les parents français sont dans la moyenne (63%), les Britanniques et les Italiens sont beaucoup plus sous pression (respectivement 74% et 73%) tandis que les parents allemands et russes se sentent beaucoup moins dépassés par le temps (49% et 52%).

Dans la même veine, 63% des parents français déclarent également qu’à choisir, ils préféreraient avoir plus de temps que gagner plus d’argent, et 62% disent ne jamais trouver le temps de faire ce qu’ils veulent - un manque de temps ressenti plus fortement par les parents italiens (78% sur ce dernier indicateur).

« Cette pression est notamment due aux évolutions des modes de travail, puisque les parents continuent de travailler en rentrant à la maison. Il est important de se déconnecter pour profiter pleinement de ses enfants et surtout de bannir le mot « vite » du vocabulaire quand on rentre à la maison, qui est un lieu de repos, où l’on se retrouve, et où l’on concentre du temps avec l’enfant. Ainsi, je conseille d’appliquer la règle des 3 tiers : 1/3 pour soi, 1/3 pour le couple, 1/3 pour l’enfant, afin de passer des petits moments avec chacun. » Dr. Agnès Pargade

Pourtant, les enfants sont très épanouis et jugent que les parents sont assez présents…

Alors que les parents pensent qu’ils ne sont pas assez présents pour leurs enfants, les enfants n’ont pas du tout ce sentiment. Ils sont ainsi 64% à juger que leurs parents passent suffisamment de temps avec eux (vs 56% des parents) et 74% à estimer que leurs parents sont vraiment disponibles pour eux quand ils sont ensemble (vs 62% des parents).

Au-delà du temps passé, parents et enfants sont proches et il existe, des deux côtés, un sentiment partagé que les parents sont les personnes qui les rassurent le plus (pour 78% des parents et également 78% des enfants), celles qui les encouragent le plus (72% des parents et 69% des enfants), celles qui les écoutent le plus (69% des parents et 62% des enfants), celles qui donnent les meilleurs conseils (68% des parents et 64% des enfants) ou encore celles qui leur apprennent des choses (57% des parents et 54% des enfants).

Plus globalement, les relations parents-enfants sont très bonnes : 95% des parents français et 93% de leurs enfants affirment que les rapports entre eux sont bons. Des chiffres forts, quasiment similaires dans tous les pays (très légèrement plus faibles en Italie et en Russie).

Enfin, plus globalement encore, 92% des enfants français se disent heureux (vs 90% selon les parents). Un sentiment que l’on retrouve au même niveau dans tous les pays investigués, côté parents comme enfants. 

« Les parents se comparent avec d’autres parents. Ils sont en quête d’un idéal de leur rôle, voilà pourquoi ils se mettent la pression et pensent qu’ils ne sont pas à la hauteur, alors que les enfants eux sont plutôt réalistes, et terre à terre. Par ailleurs, nous pouvons dire que les enfants sont plus heureux aujourd’hui, car les parents le sont également plus. » Dr. Agnès Pargade

…car l’épanouissement des enfants passe par toutes les petites choses du quotidien qu’ils partagent avec leurs parents.

Lorsqu’ils évoquent les moments partagés ensemble, parents et enfants français évoquent tous deux que ce sont finalement les moments les plus simples du quotidien qui comptent le plus pour eux.

Parmi les moments passés ensemble, ceux pratiqués le plus souvent sont de raconter la journée d’école (65% des parents et 51% des enfants), se faire des câlins, des bisous (59% des parents et 52% des enfants), regarder la télévision ensemble (57% des parents et 47% des enfants), rire ensemble (56% des parents et 47% des enfants), réconforter l’enfant quand il a un problème (56% des parents et 39% des enfants) ou encore faire les devoirs ensemble (51% des parents et 41% des enfants). Or, ce sont sensiblement ces mêmes petits moments de tous les jours qui rapprochent le plus les parents et les enfants. 

Si dans tous les pays, parents comme enfants s’accordent sur l’importance de ces moments passés ensemble, quelques spécificités culturelles ressortent selon les pays :

  • Prendre le petit-déjeuner ensemble est particulièrement prisé par les parents allemands (30% vs 16% total des pays)
  • Regarder ensemble le film préféré de l’enfant est un petit moment qui compte plus pour les Britanniques (27% vs 18%)
  • Encourager son enfant lors d’une compétition ou d’une activité est un moment plus privilégié pour les parents russes (17% vs 13%)

« Même si les parents voudraient faire beaucoup de choses avec leurs enfants (activités extras scolaires, sports, ateliers, sorties culturelles etc..), ce ne sont pas ces moments qui sont le plus importants pour eux dans leur épanouissement, mais bien des moments simples avec leurs parents. En effet, ces petites choses de tous les jours sont les moments dont on se souviendra tous plus tard, car au niveau affectif et émotionnel ce sont des souvenirs inoubliables. Encore une fois ce qui compte, c’est la qualité des moments partagés en famille et non la quantité. »

Dr. Agnès Pargade

En savoir + sur Kinder

Méthodologie : enquête Ipsos pour Kinder menée dans 5 pays (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Russie) auprès de 500 parents âgés de 7 à 15 ans et 500 enfants de 7 à 15 ans appartenant au même foyer par pays. Les répondants ont été interrogés en ligne via notre panel Ipsos et des panels partenaires au mois de novembre 2018. Des quotas d’âge, sexe, région, profession/revenus des parents et âge et sexe des enfants ont été appliqués, ainsi qu’un redressement, afin d’assurer la représentativité des échantillons.

Auteur(s)

  • Faustine Ducreu Chef de groupe - département Trends & Prospective, Ipsos
  • Doan-Anh Pham Directrice Adjointe du département Trends & Prospective, Ipsos

Société