L’idée d’une primaire à gauche est approuvée par les électeurs, mais aucun candidat ne fait consensus
Interrogés sur les candidats qu’ils souhaitent voir participer à cette primaire, les sympathisants de gauche estiment majoritairement que Jean-Luc Mélenchon (67%), Anne Hidalgo (63%), Christian Taubira (57%), Yannick Jadot (56%) et Arnaud Montebourg (56%) devraient faire partie du processus s’il devait aboutir. Seule une minorité est du même avis concernant Fabien Roussel (45%), ce qui souligne sans doute un relatif déficit de notoriété du candidat communiste plutôt qu’un rejet.
Toujours parmi les sympathisants de gauche, c’est Jean-Luc Mélenchon qui bénéficie de la meilleure image sur la plupart des dimensions testées : il est considéré comme le plus enclin à vouloir « vraiment changer les choses » (74%), le plus capable de « comprendre bien les problèmes des gens comme vous » (65%), et celui ayant le plus « un projet clair pour le pays » (62%). En revanche, il est aussi considéré par les Français proches d’un parti de gauche comme le plus « inquiétant » (40%), et il est au coude-à-coude avec Christian Taubira sur les dimensions liées à la compétence (57%, contre 55% pour l’ancienne Ministre de la justice), à la capacité à rassembler la gauche (43%, contre 46%) et au fait d’avoir « l’étoffe d’un.e Président.e » (45%, contre 41%). Les candidats écologiste Yannick Jadot et socialiste Anne Hidalgo sont quant à eux distancés sur la quasi-totalité des items d’image testés.
Enfin, le potentiel électoral (c’est-à-dire le pourcentage de personnes interrogées disant pouvoir « certainement » ou « probablement » voter pour ce candidat) de chacun des candidats de gauche reste limité à ce stade de la campagne, puisqu’il est compris entre 21% pour Jean-Luc Mélenchon et 11% pour Fabien Roussel dans l’ensemble de la population. Ce potentiel est logiquement plus élevé chez les sympathisants de gauche et se situe entre 47% pour Jean-Luc Mélenchon et 46% pour Christiane Taubira, et 28% pour Fabien Roussel. Mais ces niveaux masquent des divisions au sein de l’électorat de gauche. Ainsi, si 84% des sympathisants FI pourraient « certainement » ou « probablement » voter pour Jean-Luc Mélenchon, ils ne sont que 37% chez les sympathisants EELV et 30% chez les proches du PS. A contrario, le potentiel électoral de Yannick Jadot est de 65% chez les sympathisants EELV, mais il tombe à 24% chez les proches du PS et à 21% chez ceux de la FI. Le constat est le même en ce qui concerne Anne Hidalgo. Quant à Christiane Taubira, elle est certes un peu moins clivante, mais elle ne suscite de l’enthousiasme dans aucune des familles de la gauche : 53% des sympathisants socialistes pourraient certainement ou probablement voter en sa faveur, de même que 45% des écologistes et 39% des insoumis. Ainsi, l’émergence d’un candidat consensuel à gauche au terme d’une éventuelle primaire semble à ce stade loin d’être acquis.