L’idée d’une primaire à gauche est approuvée par les électeurs, mais aucun candidat ne fait consensus

Une nette majorité des sympathisants de gauche (73%) estime que l’organisation d’une primaire pour désigner un candidat commun de la gauche serait une bonne chose. Dans le détail, les sympathisants PS sont les plus enthousiastes envers cette proposition (86%), faisant écho à la prise de position récente d’Anne Hidalgo. Les proches de la FI (65%) et d’EELV (68%) se montrent un peu moins favorables à l’organisation d’une primaire de la gauche, mais ils y restent majoritairement attachés, à rebours des déclarations des dirigeants de leurs partis.

Interrogés sur les candidats qu’ils souhaitent voir participer à cette primaire, les sympathisants de gauche estiment majoritairement que Jean-Luc Mélenchon (67%), Anne Hidalgo (63%), Christian Taubira (57%), Yannick Jadot (56%) et Arnaud Montebourg (56%) devraient faire partie du processus s’il devait aboutir. Seule une minorité est du même avis concernant Fabien Roussel (45%), ce qui souligne sans doute un relatif déficit de notoriété du candidat communiste plutôt qu’un rejet.

 

Toujours parmi les sympathisants de gauche, c’est Jean-Luc Mélenchon qui bénéficie de la meilleure image sur la plupart des dimensions testées : il est considéré comme le plus enclin à vouloir « vraiment changer les choses » (74%), le plus capable de « comprendre bien les problèmes des gens comme vous » (65%), et celui ayant le plus « un projet clair pour le pays » (62%). En revanche, il est aussi considéré par les Français proches d’un parti de gauche comme le plus « inquiétant » (40%), et il est au coude-à-coude avec Christian Taubira sur les dimensions liées à la compétence (57%, contre 55% pour l’ancienne Ministre de la justice), à la capacité à rassembler la gauche (43%, contre 46%) et au fait d’avoir « l’étoffe d’un.e Président.e » (45%, contre 41%). Les candidats écologiste Yannick Jadot et socialiste Anne Hidalgo sont quant à eux distancés sur la quasi-totalité des items d’image testés.

 

Enfin, le potentiel électoral (c’est-à-dire le pourcentage de personnes interrogées disant pouvoir « certainement » ou « probablement » voter pour ce candidat) de chacun des candidats de gauche reste limité à ce stade de la campagne, puisqu’il est compris entre 21% pour Jean-Luc Mélenchon et 11% pour Fabien Roussel dans l’ensemble de la population. Ce potentiel est logiquement plus élevé chez les sympathisants de gauche et se situe entre 47% pour Jean-Luc Mélenchon et 46% pour Christiane Taubira, et 28% pour Fabien Roussel. Mais ces niveaux masquent des divisions au sein de l’électorat de gauche. Ainsi, si 84% des sympathisants FI pourraient « certainement » ou « probablement » voter pour Jean-Luc Mélenchon, ils ne sont que 37% chez les sympathisants EELV et 30% chez les proches du PS. A contrario, le potentiel électoral de Yannick Jadot est de 65% chez les sympathisants EELV, mais il tombe à 24% chez les proches du PS et à 21% chez ceux de la FI. Le constat est le même en ce qui concerne Anne Hidalgo. Quant à Christiane Taubira, elle est certes un peu moins clivante, mais elle ne suscite de l’enthousiasme dans aucune des familles de la gauche : 53% des sympathisants socialistes pourraient certainement ou probablement voter en sa faveur, de même que 45% des écologistes et 39% des insoumis. Ainsi, l’émergence d’un candidat consensuel à gauche au terme d’une éventuelle primaire semble à ce stade loin d’être acquis.

 


Fiche technique : enquête Ipsos Sopra-Steria menée en ligne les 10 et 11 décembre 2021 pour France 2 auprès de 1000 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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