Quelles perspectives pour 2024 ? L’envol du Dragon.

Selon une étude Ipsos, la majorité des Français voient 2023 sous un jour sombre. Cependant, y a-t-il une lueur d'espoir pour 2024? 54% des participants le pensent. Et l'horoscope chinois pourrait bien avoir son mot à dire...

Pour 77% des Français dans notre enquête mondiale Predictions[1], 2023 a été une mauvaise année pour leur pays, un score moins dramatique qu’en 2022 (82%), et au niveau personnel, seuls 46% estiment que 2024 sera pour eux une meilleure année que 2023 (contre 70% à l’échelle mondiale).

Comment expliquer ce pessimisme ? Les participants de notre communauté ont-line ConnectLive[2] nous aident à aller plus loin dans le ressenti des Français mais avec une lueur d’espoir, 54% considérant que 2024 sera une meilleure année pour eux que 2023.

2023 est jugée comme une mauvaise année par 79% de nos internautes, en phase avec Predictions. Les hausses des prix, la baisse du pouvoir d’achat, l’insécurité en France et les conflits internationaux, les désordres météorologiques (canicule, inondations, tempêtes, etc.), les acquis sociaux menacés (cf. réforme des retraites) sont à l’origine du jugement négatif pour l’année qui se termine. Elle est d’autant plus déceptive qu’elle a amplifié les phénomènes de 2022 et généré d’autant plus de frustration que la fin de la crise sanitaire avait créé à la fois de l’espoir et le désir d’un avenir libéré des contraintes.

Les conditions pour que 2024 soit meilleure que 2023 sont a priori dans le camp du gouvernement et des employeurs avec des mesures d’ordre économique comme l’augmentation des salaires et des aides sociales et les bénéfices collectifs d’une croissance en hausse ; politique en anticipant enfin les situations prévisibles (vieillissement de la population, changement climatique…) « si nous avons appris de 2022 et 2023 pour ne pas faire les mêmes erreurs ». Pour d’autres, les améliorations viendront de mouvements sociaux si les Français se mobilisent pour « changer les choses ». L’Euro de football et les Jeux Olympiques devraient aussi créer une respiration bienvenue pour s’échapper de la pesanteur des crises.

Pour les pessimistes, les crises géopolitiques et les guerres, l’inflation, et les hausses de prix, le terrorisme, la criminalité et la violence, l’impact des changements climatiques, etc., vont se prolonger, d’autant plus que « nos dirigeants ne semblent pas comprendre les maux dont les Français souffrent ». Pour certains, « la multiplication des 49.3 » peut être un facteur de mécontentement supplémentaire en même temps que « la dégradation du système de santé, de la sécurité, de la justice, de l'éducation nationale, des transports, la dette aggravée par les JO » ou le « montant des impôts dans le pays le plus taxé du monde ».

Ce pessimisme n’est pas que le produit d’une sorte de tradition française, « un pays de râleurs patentés », mais se nourrit de l’idée que « le pays va de plus en plus mal », que le déclassement menace de plus en plus de monde avec une inflation « qui pèse sur le pouvoir d'achat des ménages et entraîne une baisse du sentiment de bien-être », que le déclin est général (« on vivait bien en France avant, maintenant on est au même niveau que les autres, donc on est pessimiste car on a plus perdu »), sans oublier une autre frustration, ne pas pouvoir se projeter : « aucun espoir pour les classes sociales les plus basses ».

Pour ceux qui se disent optimistes, c’est aussi par comparaison à la situation d’autres pays dans le monde : « nous ne sommes pas les plus malheureux. On a du mal à se rendre compte que nous ne sommes pas les plus à plaindre » et parce que nous oublions que 34% du PIB est consacré à la protection sociale : « on a été mal habitués, on est assez bien nantis question soins médicaux, on a Pôle emploi et une batterie d'aides, ce n'est effectivement jamais suffisant, mais il faudrait regarder dans d'autres pays où les habitants n'espèrent rien de l'Etat ». Les médias donnent enfin l’impression de surfer sur le pessimisme, voire de le cultiver pour faire de l’audience.

Y-a-t-il malgré tout, UNE raison d’être confiant ? Oui, pour un ou une participant(e), l’horoscope chinois peut venir à notre secours, 2024 étant sous le signe du Dragon de Bois qui promet chance et prospérité, puissance et énergie !

Prédiction 2024

[1] Enquête Predictions 2024 - Ipsos Global Advisor réalisée du 10 octobre au 3 novembre 2023 auprès de 25,292 personnes interrogées dans 36 pays

[2] Echantillon national représentatif des Français de 18 ans et plus.

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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