Seul 1 Français sur 5 est favorable à la chasse

Trois ans après la dernière étude sur la chasse réalisée pour l’association One Voice, Ipsos a de nouveau conduit une enquête sur l’opinion des Français à l’égard de cette pratique. L’avis des Français a-t-il évolué ? Sont-ils davantage favorables ou opposés à cette pratique qu’en 2018 ? Les personnes qui vivent en milieu rural ont-elles une opinion différente des citadins à l’égard de la chasse ?

Les enseignements clés de l’étude :

  • Les Français sont toujours majoritairement opposés à la chasse (51%, stable).
  • Les arguments contre la chasse progressent au sein de la population française. Par ailleurs, les deux-tiers des Français s’opposent à l’idée selon laquelle les chasseurs seraient les premiers écologistes de France.
  • L’idée selon laquelle la chasse fait partie du patrimoine culturel français régresse fortement (partagée par 58% des Français, en baisse de 6 points).
  • Les Français sont très favorables à ce que la chasse soit plus strictement encadrée : près de 6 personnes interrogées sur 10 se prononcent en faveur de toutes les propositions de mesures restrictives testées dans notre enquête.
  • Les trois-quarts des Français habitant à proximité d’une zone de chasse déclarent avoir déjà évité de se promener en forêt ou dans certaines zones par peur d’un accident de chasse.

Plus d’un Français sur deux est aujourd’hui opposé à la chasse (51%, stable par rapport à 2018), un quart d’entre eux (26%) y étant tout à fait opposés. Dans le même temps, seul un Français sur 5 (20%, +1 point) y est favorable. Néanmoins, une partie non négligeable de la population n’émet pas d’avis à l’égard de la chasse : 29% des Français y sont indifférents.

  • Ces chiffres sont très stables par rapport à 2018.
  • Sur le sujet de la chasse, l’opinion des personnes habitant en milieu rural se rapproche de plus en plus de l’opinion des citadins : le différentiel entre ruraux (47% y sont opposés) et urbains (52%) s’est réduit de 3 points en 3 ans.
  • L’avis sur la chasse reste sensiblement genré : lorsque 58% des femmes y sont opposées, seuls 44% des hommes le sont. Un rapport équivalent à celui de 2018.

En dépit de leur opposition à la chasse, les Français accordent cependant certaines qualités à la pratique. Six personnes sur dix considèrent que la chasse est indispensable pour gérer les populations animales et 58% pensent que la chasse fait partie du patrimoine culturel français. Néanmoins ce dernier chiffre est en nette diminution : -6 points par rapport à 2018. De plus, seule une minorité considère que la chasse est un loisir comme un autre (39%).

La part des Français qui adhèrent aux arguments contre la chasse est bien supérieure. Ils sont 83% (-1 point) à déclarer la chasse comme source de problèmes de sécurité pour les promeneurs et ils sont une nette majorité à dire qu’elle est une pratique cruelle (65%, +2 points) et d’un autre âge (56%, +2 points). Ils sont pour l’instant moins enclins à considérer qu’elle est une pratique polluante (41%) mais ce chiffre – comme les deux précédents – est en hausse par rapport à 2018 (+2 points).

  • Au-delà de leur progression globale, l’adhésion aux arguments anti-chasse est surtout plus franche qu’en 2018. Ils sont 50% (+3 points) à être tout à fait d’accord avec le fait qu’elle pose des problèmes de sécurité, 34% (+4 points) à être tout à fait d’accord pour dire que c’est une pratique cruelle, 28% sont tout à fait d’accord pour affirmer qu’elle est d’un autre âge (+3 points) et 17% sont tout à fait en phase avec l’idée selon laquelle c’est une pratique polluante (+3 points).
  • Dans le détail on note une forte progression des arguments anti-chasse chez les habitants de milieu rural. Ils sont 64% (+4 points) à considérer que c’est une pratique cruelle et 37% (+6 points) à déclarer que c’est une pratique polluante. Parallèlement on enregistre en milieu rural un net recul de l’argument culturel justifiant la chasse : s’ils sont toujours une majorité à y adhérer (62%), on note néanmoins une nette baisse (-7 points).

Contrairement à ce qu’affirmait la campagne publiée par la Fédération Nationale des Chasseurs, à savoir que les chasseurs étaient les premiers écologistes de France, deux Français sur trois (66%) ne sont pas d’accord avec cette idée.

  • Une fois encore, l’avis est ici aussi genré. 60% des hommes déclarent ne pas être d’accord avec cette affirmation, contre 72% des femmes.
  • Enfin, même si leur opposition est légèrement inférieure à la moyenne nationale, les habitants de milieu rural sont eux aussi majoritairement en désaccord avec cette idée (61% s’y opposent, contre 68% des urbains).

Les Français se prononcent très favorablement pour une réforme en profondeur de la chasse. Ils sont 93% à souhaiter l’instauration d’une visite médicale annuelle obligatoire pour le permis de chasse avec contrôle de la vue et 83% à vouloir interdire la chasse en enclos (nouvel item).

  • Si les chiffres restent stables et hauts, deux items marquent une hausse significative. L’interdiction de chasser les espèces en mauvais état de conservation (90% sont pour) et l’interdiction d’élever du gibier destiné à être relâché pour la chasse (77%) enregistrent respectivement une progression de 7 et 12 points.
  • Dans le détail les items sont en progression partout et ce même chez les ruraux avec une hausse très importante de l’interdiction d’élever du gibier destiné à être relâché pour la chasse (82%, +21 points).

Enfin, alors que 39% d’entre elles affirment avoir déjà été confrontées à des faits choquants liés à la chasse dans leur secteur, les personnes habitant près d’une zone de chasse sont très majoritaires à avoir déjà été inquiètes à l’idée de se promener en forêt (75%, dont 56% l’ont été plusieurs fois) et même à éviter ces zones-là du fait de la présence des chasseurs (76% dont 60% plusieurs fois).

  • De nouveau, on enregistre une différence selon le genre pour ces items : les femmes sont plus disposées à éviter de se promener en forêt (82%) ou à s’inquiéter (80%) lorsqu’elles s’y promènent que les hommes (71% et 70%).


Fiche technique : Etude Ipsos menée en ligne auprès d'un échantillon de 1079 personnes, représentatif des Français âgés de 16 à 75 ans,  du vendredi 3 au lundi 6 septembre 2021

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