Sur la route des vacances, plus d’1 Français sur 4 jette ses déchets par la fenêtre de sa voiture.

À la veille du grand chassé-croisé de l’été, Ipsos dévoile les résultats de son enquête pour la Fondation VINCI Autoroutes sur la façon dont les Français gèrent leurs déchets sur la route des vacances. Appliquent-ils les mêmes écogestes que dans leur vie quotidienne ? Pourquoi jettent-ils des déchets sur la route, dans la rue ou dans la nature ? Quel sentiment éprouvent-ils lorsqu’il le font ? Ont-ils conscience des conséquences de ces incivilités sur l’environnement ?

Auteur(s)

  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs
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Malgré certaines pratiques qui progressent dans le bon sens, l’enquête révèle la persistance de comportements inciviques trop répandus, à commencer par la propension de plus d’1 conducteur sur 4 à jeter ses déchets par la fenêtre de sa voiture − même si cela est souvent au prix d’un sentiment de culpabilité. Chaque jour, en moyenne 25 tonnes de déchets sauvages sont ainsi ramassées le long des autoroutes par des ouvriers autoroutiers.
Forte de ce constat alarmant, la Fondation VINCI Autoroutes lance, ce 30 juillet 2021, une nouvelle campagne de sensibilisation du grand public. Dans un spot de 45 secondes, diffusé sur internet et sur les réseaux sociaux, celle-ci interroge ce geste impulsif, cette mauvaise habitude de jeter que de trop nombreux conducteurs peinent à réfréner.
Sur un ton décalé, elle invite chacun à réfléchir à sa propre tendance à la « jettomanie » et au remède à adopter pour la prévenir… La campagne sera également relayée, à partir de ce vendredi, sur des affiches visibles sur les 453 aires du réseau VINCI Autoroutes, et mettant en exergue cette question : « Êtes-vous jettomane ? » − un terme inventé pour interpeler le grand public sur une pathologie hélas bien réelle.

Ecogestes du quotidien : pas de progression du nombre d’adeptes, mais plus de régularité chez ceux qui les pratiquent

Si les comportements éco-responsables sont globalement stables parmi les Français, ceux qui les adoptent le font de plus en plus régulièrement, voire systématiquement pour certains gestes.
Certaines bonnes pratiques se systématisent :

  • 1 % des Français éteignent toujours la lumière lorsqu’ils quittent une pièce (79 % en 2020, et 69 % en 2015, soit une progression importante, de 12 points en 6 ans) ;
  • 72 % trient systématiquement leurs déchets (un chiffre stable par rapport à 2020 et 65% en 2015 soit +7 points en 6 ans) ;
  • 72 % coupent toujours l’eau lorsqu’ils se brossent les dents (71 % en 2020 et 63 % en 2015 ; soit +9 points en 6 ans).

D’autres deviennent plus régulières, sans pour autant être adoptées de façon systématique :

  • 53 % des Français achètent des produits locaux régulièrement (44 % en 2015 ; +9 points), mais seuls 10 % le font systématiquement (8 % en 2015) ;
  • 40 % consomment régulièrement des produits bio (25 % en 2015 ; +15 points), mais seuls 7 % le font systématiquement (4 % en 2015).

Enfin certaines bonnes pratiques stagnent :

  • 59 % des Français éteignent régulièrement leurs appareils plutôt que de les mettre en veille (à l’identique de 2015) ;
  • 29 % prennent régulièrement les transports en commun (+1 point par rapport à 2015) ;
  • 10 % font régulièrement du covoiturage (-1 point par rapport à 2015).

Si les Français ont le sentiment de faire des efforts pour l’environnement au quotidien, et même, pour 25 % d’entre eux (+3 points par rapport à 2020), d’avoir réduit leur impact négatif par rapport à avant la crise sanitaire, ils sont beaucoup moins convaincus que les autres font de même : ils s’attribuent en moyenne 8,2 écogestes mais n’en identifient que 5,3 en moyenne chez leurs concitoyens. Ainsi, 97 % des Français éteignent régulièrement la lumière quand ils quittent une pièce, mais ils ne sont que 43 % à penser que les autres le font (soit 54 points d’écart…). De même, 67 % d’entre eux se déplacent régulièrement à pied ou à vélo pour les petits trajets mais 29 % seulement considèrent que les autres le font (38 points d’écart…).

Le tri des déchets stagne et sa pratique baisse durant les vacances

Si le tri des déchets fait désormais partie des écogestes les plus répandus, les Français sont toutefois moins exemplaires lorsqu’ils s’éloignent de chez eux - et les comportements ne s’améliorent que lentement. S’ils sont 91 % à trier régulièrement leurs déchets dans la vie de tous les jours (dont 72 % toujours), ils sont 84 % (+ 1 point seulement par rapport à 2015) à le faire sur leur lieu de vacances (dont 58 % toujours) et 72 % (+ 1 point par rapport à 2015) à le faire sur les aires d’autoroute (dont 44 % toujours), soit 19 points de moins que dans leur vie quotidienne. Pourtant 99 % des aires du réseau autoroutier concédé sont équipées pour le tri sélectif. Ceux qui ne trient pas toujours leurs déchets sur l’autoroute le justifient en indiquant qu’ils choisissent la poubelle la plus proche (38 %), qu’ils hésitent devant les bacs à utiliser (34 %) ou enfin, qu’ils emportent leurs déchets avec eux pour ne pas toucher les poubelles (22 %) − conséquence possible de la crise sanitaire.

Vinci Autoroutes 1

Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas

Les Français adoptent certaines bonnes pratiques pour réduire leurs déchets dans la vie de tous les jours. Certaines pratiques sont bien ancrées dans les habitudes, et d’autres émergent : ainsi 94 % des Français se servent d’un sac réutilisable pour faire leurs courses (dont 77 % toujours), 65 % boivent de l’eau du robinet pour éviter d’acheter de l’eau en bouteille (dont 47 % toujours) et 20 % louent ou empruntent désormais des objets dont ils n’ont besoin que ponctuellement plutôt que de les acheter (dont 5 % toujours ; vs. 16 % en 2015). Ce souci de limiter les emballages est également présent chez un certain nombre de Français quand ils doivent prendre leur repas à l’extérieur pour un pique-nique, au bureau ou en transport : 86 % d’entre eux font attention à les réduire au minimum en veillant à leur quantité et aux matériaux (dont 41 % beaucoup). Pour ce faire ils ont adapté leurs pratiques en ayant recours à une boite repas réutilisable (93 %), à des couverts réutilisables (92 %) ou à une gourde plutôt qu’une bouteille en plastique ou une canette (83 %). Autant de bonnes habitudes à multiplier pour éviter la production de déchets inutiles et le risque de les retrouver sur les voies ou dans les espaces publics.

Déchets sauvages abandonnés dans la rue ou sur les routes : et si l’on s’interrogeait sur nos propres pratiques ?

Plus d’1 Français sur 4 (28 %) admet jeter ses déchets par la fenêtre de sa voiture sur autoroute. Bien qu’en légère baisse par rapport à 2020 (- 2 points), ce comportement incivique reste trop répandu. Il croît même dans la vie de tous les jours. Ainsi, 40 % des Français admettent qu’il leur arrive de jeter des déchets sur la voie publique (+2 points par rapport à 2020). Le jet de mégot, en particulier, reste très fréquent rapporté au nombre de fumeurs : 9 % des Français, soit plus d’1 fumeur sur 4, jettent leurs mégots par la fenêtre de leur voiture (-3 points) et 14 % le font sur le trottoir ou dans le caniveau (+ 1 point). Enfin, signe d’une négligence volontaire, 9 % des Français (14 % des moins de 35 ans) admettent qu’il leur arrive de laisser tomber un papier, un mouchoir ou un emballage dans la rue et de ne pas le ramasser et 4 % de laisser une bouteille en plastique ou une canette sur la voie publique (8 % des – de 35 ans). Il en va de même des masques, qu’il arrive à 4 % d’entre eux (et jusqu’à 7 % parmi les moins des 35 ans) de jeter sur la voie publique, soit l’équivalent de près de 2 millions de personnes rapporté à l’ensemble de la population.

Signe de l’intériorisation de la désapprobation générale face à ce type d’incivilités, les Français qui jettent leurs déchets hors des poubelles en ressentent à 76 % un sentiment négatif, de culpabilité (58 %) ou de honte lorsqu’on les voit (18 %). À l’inverse, près d’1 sur 5 (24 %) minimise la portée de son geste : 9 % en prétendant que « ce n’est pas grave, c’est juste un petit déchet … » (trognon, papier, mégot…), 6 % qui « n’y pensent pas vraiment », reconnaissant qu’il s’agit d’un geste machinal, 5 % qui « hésitent un instant mais le font quand même » et 4 % qui… « s’en fichent ».

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Lorsqu’il s’agit d’expliquer ces comportements, les Français font là encore preuve d’une certaine mansuétude à l’égard d’eux-mêmes mais d’une bien plus grande sévérité vis-à-vis des autres. Ainsi 77 % d’entre eux justifient leur geste par l’absence de poubelles à proximité ou par des poubelles trop pleines, tandis qu’ils ne sont plus que 35 % à retenir cette excuse pour les autres. 39 % expliquent également leur geste par le refus de garder leurs déchets avec eux pour les mettre à la poubelle plus tard et 31 % estiment que les impôts qu’ils paient doivent servir au ramassage de ces déchets sauvages. 

Par ailleurs, les Français sont unanimes (95 %) à penser que la présence de déchets sauvages nuit à l’image d’un lieu. Ils sont aussi de plus en plus nombreux à déplorer la saleté des routes, en particulier dans et autour des zones urbaines. Ainsi, 72 % d’entre eux considèrent que les rocades et périphériques autour des agglomérations sont sales et 61 % qu’il en est de même pour les routes et rues à l’intérieur des villes.

Interrogés pour établir un classement des pays les plus propres parmi 8 pays d’Europe, les Français placent trois pays en tête : la Suisse en 1ère position (70 %), devant la Suède (58 %) et l’Allemagne (36 %) et relèguent les autres pays loin derrière avec la Grande-Bretagne (9 %), la France (7 %), la Grèce (5 %), l’Italie (3 %) et l’Espagne (3 %). Selon eux, les raisons qui expliquent la propreté de ces pays sont avant tout la discipline, plus présente dans leur culture (68 %), une conscience environnementale plus développée (47 %) ainsi qu’une règlementation plus stricte (43 %). Mais alors même qu’ils sont prompts à invoquer le manque de poubelles pour justifier leur geste dans leur propre pays, dans leur grande majorité (90 %), ils n’estiment pas mieux équipés en la matière les pays qu’ils jugent exemplaires.
Pour lutter contre le jet de déchets sauvages dans leur pays, les Français privilégient une approche répressive (66 % d’entre eux). Ainsi 37 % pensent que la méthode la plus efficace passe par une augmentation des amendes et la surveillance des contrevenants par caméras (29 %). L’exemplarité semble moins les convaincre puisqu’ils sont à peine plus d’1 sur 4 (26 %) à penser qu’il est plus efficace de montrer l’exemple à ses enfants, amis ou parents pour encourager des comportements plus responsables. Ils sont encore plus sceptiques quant à l’appel au sens civique des citoyens, que seuls 8 % d’entre eux jugent efficace. Par ailleurs, bien qu’en baisse générale par rapport à 2020, la conscience des risques liés à la présence de déchets sauvages demeure assez présente. Ainsi, 72 % admettent que jeter un déchet par la fenêtre de sa voiture entraîne un risque extrêmement important de pollution de l’eau et des sols (-4 points), 71 % un risque pour la biodiversité (-3 points), 59 % un risque d’incendie (-3 points) et 55 % un risque d’accident pour d’autres véhicules (-3 points).
La régression est plus notable encore s’agissant de l’appréhension du risque couru par les personnels autoroutiers intervenant pour ramasser ces déchets sur les voies (65 %, en baisse de 7 points par rapport à 2020). Pourtant chaque jour en moyenne 25 tonnes de déchets sauvages sont ramassées le long des autoroutes par des ouvriers autoroutiers.

 


Note méthodologique : étude réalisée par Ipsos pour VINCI Autoroutes auprès de 2 181 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 16 à 75 ans par internet du 17 au 22 juin 2021.

Déchets et départ en vacances VINCI Autoroutes

A propos de la Fondation VINCI Autoroutes

Créée en février 2011, la Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable est à la fois un laboratoire, un observatoire et un outil d’information dédié à l’évolution des comportements. D’abord investie dans le domaine de la lutte contre l’insécurité routière, elle a pour mission de promouvoir la conduite responsable sur la route et a élargi en 2018 son champ d’action aux domaines de l’environnement et de l’éducation pour bien conduire et bien se conduire.

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  • Etienne Mercier Directeur Opinion et Santé - Public Affairs
  • Amandine Lama Directrice de Clientèle, Département Politique et Opinion, Public Affairs

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