un bel avenir pour la consommation collaborative... grâce à la crise

"Troc", "conso-malin", "débrouille", tournent en boucle dans les analyses des comportements depuis des années. Internet a professionnalisé cette attitude, la crise l’a diffusée. Résultat : les acteurs traditionnels se trouvent face à des concurrences imprévues.

un bel avenir pour la consommation collaborative... grâce à la crise

Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Center
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Les effets de la crise de 2008 continuent à hypothéquer la confiance et la croissance. Ils sont multiples mais chacun touche les Français directement au portefeuille : économie en berne, chômage en hausse, endettement exponentiel (95% du PIB), impôts, taxes et prélèvements au plus haut (> 45% du PIB)… Les autres effets sont plus pervers : accélérer l’écart entre hauts et bas revenus, entre grandes et petites villes, radicalier la fracture sociale et électorale.

Pourtant, les Français continuent à consommer, à acheter des voitures, à partir en week end ou en vacances, à équiper leur logement, tandis que les achats en textile, habillement et cuir connaissaient leur quatrième mois de hausse en janvier (source : Insee).

Alors, comment font-ils ? Autrement !

Toutes les pratiques fondées sur le « co » (colocation, covoiturage, achat de biens, coli-voiturage, échanges d’appartements ou de biens…) sont devenues l’alternative et l’alternance dans tous les domaines de la consommation.

Les actifs âgés de 25 à 44 ans et urbains sont les plus concernés : en soi, leur pouvoir d’achat est important, mais il est fragilisé par les dépenses contraintes liées à leur étape de vie (logement, enfants, crédits, transports …), d’où leur tension entre continuer et renoncer.

Ils ont été  les pionniers du « co », parce que - pour eux notamment - la crise a inversé la pyramide de Maslow. Les produits qui revoient au besoin d'estime et d’appréciation sont devenus plus accessibles (écran plat, game station, smartphone…) ; les fondamentaux (se loger, se déplacer) sont maintenant les plus chers. Les actifs urbains ont donc été les plus affûtés des adeptes du « co ».

L’étude réalisée par Ipsos pour l’ADEME* montre maintenant l’élargissement des pratiques du « co » à grande échelle, avec des motivations cash : « faire des économies » dans un cas sur deux, « faire de bonnes affaires, trouver de bons plans » pour 35%.

Supprimer les intermédiaires n’est pas pour rien dans l’attitude des Français : 27% veut « faire les choses directement ».

« Co » et recyclage font bon ménage, en ligne avec une autre motivation : « limiter le gaspillage »,  qui stimule 27% des Français.

La crise a accéléré, déculpabilisé et libéré des pratiques qui accentuent la divergence entre circuits classiques et circuits alternatifs. Un danger pour tous les acteurs traditionnels, perçus comme de simples intermédiaires ; ils sont d’autant plus contestés que leur monopole s’effrite avec des formes de concurrences inattendues qui créent elles-mêmes de nouveaux modèles économiques.  

Comment redonner de la valeur aux intermédiaires dans un contexte ou la divergence devient une culture ? Ipsos est là pour vous aider à relever le défi.

* Observatoire des modes de vie et de consommation des Français (5ème vague été 2014).

 
 

Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Center

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