Enjeux environnementaux et sociaux : les grandes entreprises ne sont pas encore à la hauteur des attentes des jeunes talents !

Les étudiants des Grandes écoles considèrent les grandes entreprises comme l’acteur majeur du changement aux côté des ONGs et des États. Pour autant, leur engagement est perçu comme très insuffisant en matière de responsabilité sociale (RSE). Parmi ces acteurs – ONG, start-ups, citoyens, économie sociale et solidaire, États, PME – les grandes entreprises sont les plus mal classées. 72 % des étudiants considèrent même qu’elles ne sont pas engagées. C’est l’une des principales conclusions de la troisième édition du baromètre « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi » du Boston Consulting Group (« BCG »)/Conférence des Grandes écoles (« CGE »)/Ipsos.

Utilité, rémunération, start-ups, grandes entreprises : à quoi aspirent les jeunes talents dans leur vie professionnelle ?

Parmi les secteurs privilégiés par les étudiants, l’environnement est, en 2019, de loin le plus attractif (il est considéré comme le secteur le plus attractif par 76% des étudiants contre 70% en 2017), devant l’énergie (62%) et le conseil (55%). Comme en 2017, le critère le plus important pour les étudiants dans le choix de leur futur métier est l’intérêt du poste (92%), devant l’ambiance et le bien-être au travail (85%) et le fait que le poste soit en phase avec ses valeurs (76%). 

La rémunération n’arrive qu’en 10ème position pour les étudiants et en 9ème pour les diplômés. Qui plus est, pour la grande majorité des étudiants mais aussi des diplômés il n’y aurait pas d’arbitrage à faire entre utilité du travail et bonne rémunération : ils sont plus de 8 sur 10 à les juger compatibles.

Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, les étudiants souhaitent intégrer avant tout un grand groupe (50%), alors que les diplômés envisagent à parts égales petites entreprises (44%), grands groupes (42%), et entrepreneuriat (39%). 

« Les étudiants sont de plus en plus préoccupés par les enjeux sociaux et l’urgence climatique. Ils ont de grandes attentes à l’égard de l’entreprise en la matière et regrettent leur faible engagement. C’est un point de vigilance essentiel pour les entreprises qui doivent continuer à attirer les talents » indique Jean-Michel Caye, Directeur Associé Senior au BCG.

S’engager pour donner du sens à sa vie professionnelle 

9 talents sur 10 sont prêts à s’engager dans les actions sociales et environnementales de leur entreprise et 6 sur 10 sont prêts à refuser un poste dans une entreprise qui manque d’engagement. Néanmoins, pour faire évoluer les mentalités, les étudiants sont plus optimistes que les diplômés et estiment que le meilleur moyen de faire changer les mentalités est d’intégrer de telles entreprises pour les faire changer de l’intérieur (58%, contre 49% pour les diplômés), plutôt que de refuser d’y travailler (42% contre 51%).  

Dans ce contexte, l’attrait pour l’économie sociale et solidaire (ESS) se renforce : 7 talents sur 10 aimeraient ainsi travailler ou faire un stage dans l’ESS. Qui plus est, les diplômés intéressés par le secteur de l’ESS sont largement prêts à revoir à la baisse leur rémunération (77% d’entre eux seraient prêt à diminuer leur salaire de 11% en moyenne). 

Une pression de plus en plus forte sur les entreprises en matière de RSE 

Si les jeunes talents identifient les grandes entreprises comme des acteurs clés du changement, celles-ci sont considérées comme les moins engagées parmi les différents acteurs (ONG, secteur public, ESS, Start-ups, citoyens, PME) sur ces sujets. 72% des étudiants considèrent que les grandes entreprises ne sont pas engagées en matière de RSE. 

Par ailleurs, si 82% des talents pensent que les entreprises sont plus engagées aujourd’hui qu’il y a 10 ans, celles-ci sont encore largement taxées de greenwashing : 62% d’entre eux pensent qu’elles agissent par opportunisme et pour améliorer leur image, et non par conviction ou par obligation légale.  

« En complétant près de 6 200 questionnaires, les étudiants des Grandes écoles membres de la CGE et leurs Alumni, ont déjà apporté une réponse essentielle : ils entendent donner un sens à leur vie professionnelle et le font massivement savoir. Ils ne seront pas engagés par une entreprise, ils s’engageront pour une entreprise ! Ils seront utiles aux autres et témoignent d’un réel attrait pour l’économie sociale et solidaire. Mais ce ne sont pas, pour autant, de doux rêveurs, ils pensent que travail utile et bonne rémunération sont compatibles. Certes ils savent que les formations qu’ils ont reçues et les diplômes obtenus, leurs assurent une insertion rapide et un bon salaire d’embauche, ce qui les rend exigeants. Ils n’en demeurent pas moins lucides et altruistes. Bravo à tous ceux qui les forment » indique Anne-Lucie Wack, présidente de la CGE.

The Boston Consulting Group

À propos du Boston Consulting Group

Le BCG est un cabinet international de conseil en management et le leader mondial du conseil en stratégie d'entreprise. Nous travaillons avec des clients de tous les secteurs partout dans le monde pour identifier ensemble les meilleures opportunités, les aider à affronter leurs défis et faire évoluer leurs activités. A travers une approche personnalisée, nous leur apportons notre vision de la dynamique des entreprises et des marchés ainsi que notre expertise à chaque niveau de leur organisation. Nous leur garantissons ainsi un avantage concurrentiel durable, des organisations plus performantes et des résultats pérennes. Fondé en 1963, le BCG est une entreprise privée présente dans 50 pays avec 90 bureaux. 

Plus d'informations sur www.bcg.fr/.

Conférence des Grandes Écoles

A propos de la CGE

Créée en 1973, la CGE,regroupe 229 Grandes écoles, 25 entreprises membres ou partenaires et des organismes. Les 229 Grandes écoles dont 13 Grandes écoles étrangères, couvrent de nombreuses spécialités : ingénieurs, management, architecture, sciences politiques, création & design, journalisme, écoles militaires, écoles vétérinaires et de santé ... Les Grandes écoles représentent plus de 40 % des diplômes de grade master délivrés chaque année en France. Assurant une recherche intensive, elles mettent en cohérence le projet pédagogique de l’étudiant et les débouchés professionnels. L’appartenance à la CGE est un véritable label de qualité. La CGE s’assure du respect par l’ensemble de ses membres de ses principes fondamentaux : excellence des cursus, insertion professionnelle, lien à l’entreprise, innovation, ouverture internationale, impact sociétal ... Les 229 Grandes écoles membres proposent une offre de formation et de recherche à déclinaisons multiples en réponse aux besoins du monde socio-économique.

www.cge.asso.fr | Twitter : @ConferenceDesGE


Fiche technique : le Baromètre « Talents : ce qu’ils attendent de leur emploi », a été mené auprès de 4112 étudiants et 2083 anciens élèves issus de 187 écoles. Cette enquête est une consultation, cela signifie qu’elle s’adresse à tous les répondants volontaires, permettant de récolter un maximum de réponses auprès d’une population. Elle n’a cependant pas une vocation de représentativité de la population interrogée. La consultation s’est faite en ligne, du 4 novembre au 11 décembre 2019.

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