Le pouvoir en entreprise en 2017 : être ou avoir ?

L'édition 2017 du forum ELLE Active aborde la question du pouvoir. Ipsos, partenaire de l'évènement, réalise pour l'occasion une grande enquête auprès de 2000 répondants sur le pouvoir des femmes dans l’univers professionnel. Si les femmes estiment en majorité être trop peu nombreuses à occuper des postes à responsabilités, beaucoup disent rechigner devant des possibilités de promotion. En cause : une vision du pouvoir pas toujours très attrayante. 

Le pouvoir en entreprise en 2017 : être ou avoir ?

Auteur(s)

  • Doan-Anh Pham Directrice Adjointe du département Trends & Prospective, Ipsos Public Affairs
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Le paradoxe féminin : « les femmes au pouvoir, il en faut… mais pas moi ! »

Près de 6 femmes sur 10 (59%) considèrent qu’il n’y a pas assez de femmes chefs aujourd’hui. Pourtant, les femmes sont nettement moins enclines que les hommes à devenir chefs : 57% d’entre elles ne souhaiteraient pas se voir proposer un poste à hautes responsabilités (vs. 56% des hommes qui souhaiteraient se voir proposer un tel poste).

Tout d’abord restent, bien sûr, un sexisme fort et une part d’autocensure des femmes, qui mettent davantage en doute leur capacité à exercer un tel poste : 49% d’entre elles (vs. 35% des hommes) se posent la question « est-ce que j’en suis capable ? » avant d’accepter une évolution de poste.

Les femmes demandent également moins facilement que leur conjoint :

  • Une évolution de leurs attributions : 24% d’entre elles (contre 37% des hommes)
  • Une augmentation de salaire : 19% (vs. 35% des hommes)
  • Une promotion hiérarchique : 18% (vs. 34% des hommes)


Pourtant, au-delà de cela, c’est plutôt la question de la représentation du pouvoir qui semble poser question, hommes comme femmes ont une image plutôt négative du pouvoir qui ne leur donne pas envie de l’exercer, notamment pour les femmes.
Et de fait, celles-ci se posent, beaucoup plus que les hommes, la question de leur envie à exercer un tel poste avant de l’accepter (43% des femmes vs 32% des hommes).

Le pouvoir se paye cher et ne fait pas le bonheur !

Si tous acceptent des contraintes professionnelles liées à une évolution de poste, notamment travailler plus, hommes et femmes associent le pouvoir à des contraintes fortes qu’ils ne sont pas prêts à accepter, notamment les femmes, portant sur :

  • Leur vie personnelle : 70% d’entre elles (vs 58% des hommes) ne seraient pas prêtes à accepter de ne jamais pouvoir se déconnecter de son travail.
  • Leurs convictions : 70% d’entre elles (vs 60% des hommes) n’accepteraient pas d’être obligées de prendre des décisions allant à l’encontre de leurs valeurs personnelles.
  • Leur relationnel : 55% d’entre elles ne seraient pas prêtes à être craintes (vs 42% des hommes) et 54% à être moins proches de leurs collègues qu’avant (vs 45% des hommes).


Ainsi, si tous considèrent qu’accéder à un poste à hautes responsabilités est important, les drivers de l’épanouissement professionnel semblent se trouver, surtout pour les femmes, davantage dans le bien-être au travail (bon relationnel, ne pas être stressé(e)) et la conciliation de la vie pro et perso.

Enfin, des clichés négatifs de la figure du chef restent bien ancrés : 56% des hommes comme des femmes considèrent ainsi que les femmes qui ont de hautes responsabilités sont souvent plus dures avec les autres femmes que les hommes.
La représentation du pouvoir et du chef qui l’incarne manquent donc aujourd’hui de désirabilité, créant une distance forte à celui-ci.

Comment libérer le « désir de pouvoir » ?

Cependant, hommes et femmes semblent d’ores-et-déjà avoir en tête une vision « ré-enchantée » du pouvoir pour demain.
Ainsi, si 40% des Français disent évoluer aujourd’hui dans un modèle de management de type directif, très vertical, seuls 6% d’entre eux souhaitent évoluer dans une telle organisation à l’avenir.
Au contraire, une majorité d’entre eux se voit évoluer dans le futur dans des modèles de management délégatif (46% des Français) ou persuasif (34% d’entre eux), davantage tournés vers la coopération et l’horizontalité.
Dans le même temps, la figure du chef reste plébiscitée, mais pour (re)devenir aspirationnel,
celui-ci devra notamment avoir une vision de long terme de la stratégie de l’entreprise (29% demain vs 18% aujourd’hui).

Un nouveau modèle, plus désirable, qui pourrait (re)donner envie aux hommes comme aux femmes d’accéder au pouvoir ?

Retrouvez également sur elle.fr l'interview de Dominique Lévy-Saragossi, Directrice Générale France d'Ipsos "Si elles deviennent chefs, les femmes veulent être appréciées pour leurs capacités d’entraînement"

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Auteur(s)

  • Doan-Anh Pham Directrice Adjointe du département Trends & Prospective, Ipsos Public Affairs

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