Prospective : comprendre les 18-25 ans de 2030

Les 18-25 ans de demain ont aujourd’hui entre 11 et 17 ans. Ces adolescents naviguent entre grandes opportunités et défis intenses, en raison des pressions des nouvelles technologies, des attentes de la société et d’un monde en turbulence. C’est dans ce contexte que leur quête identitaire et leur construction sociale sont rendues plus difficiles. Pour mieux les comprendre, Ipsos a mené une enquête prospective pour France Télévisions.

Les adolescents jugent l'avenir flou et inquiétant

Les adolescents se déclarent à la fois « heureux » (58% disent aller très bien, 30% assez bien) et anxieux : ils décrivent le monde de 2030 comme fragile et violent.

Ce qui inquiète le plus les 15-17 ans pour l’avenir :  le changement climatique (41%), les guerres dans le monde (40%), le terrorisme, les attentats (31%).

 

Au contraire, parmi ce qui les réjouit le plus :  l’égalité entre les femmes et les hommes (27%), le développement de nouvelles technologies comme l’IA, le développement des géants de la tech (13%).

Toutefois, un adolescent sur quatre (25%) n’identifie aucun sujet réjouissant pour l’avenir.

Des nouvelles technologies omniprésentes dans leur quotidien

Les écrans sont au centre de la vie des adolescents, surpassant toutes les autres activités en importance. En effet 40% des 11-17 ans passent plus de 3 heures par semaine sur les écrans. On observe une dépendance plus forte chez les classes modestes en raison du manque d'activités alternatives.

Parmi les activités favorites des 11-17 ans, regarder les écrans chez soi arrive comme la première activité citée par près de quatre adolescents sur 10 (37%), viennent ensuite jouer aux jeux vidéo ou suivre du e-sport pour 36% des adolescents interrogés, puis pratiquer un sport (29%).

 

Peu de certitudes, peu de modèles inspirants

Les adolescents éprouvent des difficultés à s’imaginer dans ce monde qu’ils jugent incertain et complexe, d’autant qu’ils concèdent manquer de figures inspirantes au sein de la société. 

Ainsi en moyenne 27% des 11-17 ans ne réussissent pas à indiquer ce dont ils auraient le plus envie pour leur avenir. Tandis que plus d’un adolescent sur trois (36% des 11-17 ans, 40% des 15-17 ans) n’identifient aucun modèle inspirant au sein de la société. La personnalité recueillant le plus de suffrage est Kylian Mbappé (20%).

Un besoin de stabilité et de repères fiables

Pour mieux naviguer un océan imprévisible et hostile, les adolescents expriment d’abord un besoin de se stabiliser, à la fois matériellement et affectivement : les excès ou la prise de risque ne sont pas valorisés. Ainsi, 86% des 11-17 ans s’imaginent en 2030 avoir un travail stable leur permettant de vivre simplement et de prendre soin de leur famille et de leurs proches, en passant un maximum de temps avec eux. 

Le besoin d’être accompagné et guidé par des tiers dignes de confiance est aussi fortement exprimé. Les contenus sont notamment perçus comme jouant un rôle clé pour mieux vivre et comprendre le monde qui les entoure : les 11-17 ans disent regarder des contenus pour décompresser et se changer les idées (60%), rêver et s’évader (40%), partager de bons moments avec sa famille ou ses amis (34%), en savoir plus sur un sujet (34%).

Par ailleurs, le Baromètre du moral des adolescents mené par Ipsos pour Notre Avenir à Tous en mars 2025 révèle que les adolescents ont surtout confiance en leurs parents pour leur dire la vérité sur l’actualité (92%), loin devant les professeurs (26%), les scientifiques (15%) ou les journalistes (6%).

Les parents comme guides privilégiés, la famille comme cocon protecteur pour aujourd’hui et demain

Les adolescents valorisent la proximité relationnelle qu’ils entretiennent avec leurs parents. Ils sont 41% à identifier leur père et/ou leur mère comme modèle auquel ils aimeraient ressembler plus tard (40% chez les 15-17 ans), devant les sportifs (22%) et les influenceurs (18%). Ils sont également 67% à regarder souvent des contenus avec leurs parents (74% chez les 11-14 ans, 59% chez les 15-17 ans), 53% avec leurs frères / sœurs, 45% avec leur animal de compagnie.

Un schéma qu’ils projettent également pour leur propre vie future, qu’ils disent vouloir d’abord stabiliser autour de leur noyau familial : près d’un adolescent sur deux (53% des 15-17 ans) souhaite fonder une famille et avoir des enfants, seulement 18% projettent de ne pas en avoir (32% ne savent pas).

Pourquoi cette étude ?

Cette étude prospective sur les 18-25 ans à l’horizon 2030 s’inscrit dans la volonté de France Télévisions de mieux comprendre et anticiper les attentes d’une génération en mutation qui aspire à des contenus qui ont du sens, les rassemblent et les engagent.

Cette démarche s’accompagne d’une refonte ambitieuse de l’offre de France Télévisions, avec notamment l'enrichissement de la plateforme france.tv, pensée pour offrir une expérience plus complète, interactive et personnalisée. Cette évolution stratégique vise à replacer les générations peu entendues que sont les enfants mais aussi les adolescents et les jeunes adultes au cœur de son offre.

 


A propos de cette étude

Etude tendances et prospective menée par les experts d’Ipsos Strategy3 pour France Télévisions, reposant sur une analyse croisée :

  • Curation de données Ipsos et autres sources accessibles par recherche documentaire
  • 6 entretiens avec des experts de l’adolescence
  • Etudes qualitatives comprenant deux communautés en ligne (64 participants âgés entre 11 et 17 ans, novembre 2023) et 24 entretiens (auprès d’adolescents âgés entre 11 et 14 ans et auprès de leurs proches (parents et/ou frères et sœurs), novembre et décembre 2023)
  • Etude quantitative menée auprès 1400 répondants âgés de 11 à 17 ans (du 21 mars au 4 avril 2024)

Auteur(s)

  • Romain Napierala
    Romain Napierala
    Directeur Tendances & Prospective, Ipsos Strategy3

Articles liés

  • Baromètre Prospectif Groupe VYV 2026 | Les grandes transformations sociales à horizon 10 ans | Éco-anxiété
    Environnement Enquête

    Trois Français sur quatre veulent mieux suivre l’impact de l’environnement sur leur santé

    Alors que les effets du changement climatique se manifestent de façon toujours plus concrète avec canicules, incendies, épisodes de pollution ou tensions sur les ressources naturelles, les liens entre santé et environnement s'imposent progressivement dans le débat public. À l'occasion de la Semaine européenne du développement durable, le Groupe VYV publie les résultats du volet « transition écologique » de son Baromètre prospectif : « Les grandes transformations en France à horizon 10 ans : le regard des Français » réalisé avec Ipsos bva. L'étude révèle que les Français considèrent désormais l'environnement comme un déterminant majeur de leur santé et de leur qualité de vie.
  • Automobile | Mobilité | Les Français et la mobilité

    Les Français et la mobilité : l'automobile dans un monde post-travail

    Après notre immersion dans l'été des Français, Ipsos bva inaugure une nouvelle série dédiée à leurs habitudes en termes de mobilité. Dans ce deuxième épisode, nous nous intéressons à la place de l'automobile dans un monde post-travail. Si l'intelligence artificielle venait à remplacer le travail humain, quel serait l'avenir de nos déplacements ? Dans le prolongement de notre réflexion sur le revenu universel, la communauté Ipsos RealTalk a imaginé la place de la voiture dans un monde affranchi des trajets domicile-travail. Entre le maintien d'une dépendance vitale hors des métropoles, le passage à une mobilité tournée vers les loisirs et l'attrait grandissant pour l'autopartage, l'automobile réaffirme paradoxalement son statut de symbole d'indépendance.
  • Collegien
    Santé Enquête

    Vaccination contre le papillomavirus au collège : un dispositif bien identifié qui s'inscrit dans le parcours de prévention des adolescents

    Trois ans après le lancement de la campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) au collège, une étude menée par Ipsos bva pour MSD met en lumière une bonne connaissance du dispositif par les familles et un niveau de satisfaction particulièrement élevé parmi celles qui y ont eu recours. Les résultats soulignent également le rôle central des professionnels de santé dans l'accompagnement des décisions parentales et identifient des marges de progression en matière d'information auprès de certains publics.