37% des Françaises considèrent que privilégier leur vie de famille est une menace pour leur carrière

Même si des progrès ont été réalisés cent-onze ans après la première Journée des Droits des Femmes (1911), la lutte pour leurs droits et la réduction des inégalités par rapport aux hommes n’est pas terminée. Pour nous le rappeler, la Journée Internationale des Droits des Femmes a lieu chaque année le 8 mars et c’est dans ce contexte qu’Ipsos a réalisé une enquête via la plateforme en ligne Ipsos Global Advisor dans trente pays en collaboration avec le Global Institute for Women’s Leadership du King’s College de Londres.
Ipsos | Journée internationale des droits des femmes 2022

 

Cet article s'inscrit dans notre série dédiée à la Journée Internationale des Droits des Femmes 2022


La vie professionnelle est l’un des domaines où la question des égalités est la plus flagrante, avec en priorité l’égalité salariale hommes / femmes qui préoccupe 28% des Français

Devoir choisir entre vie professionnelle et responsabilités familiales et faire face à des discriminations au travail quand on est une femme sont aussi un problème pour 14% des Français, de même que toutes les tâches qu’elles doivent réaliser sans rémunération.

De ce point de vue, la France se situe très en retrait de la moyenne mondiale : 32% des Français (34% des hommes et 30% des femmes) déclarent penser que les hommes et les femmes sont traités sur le même plan dans leur lieu de travail contre 44% des interviewés dans le monde.

Les femmes ne sont pas non plus égales aux hommes quant à l’impact des responsabilités familiales sur leur carrière

Plus d’une personne sur trois à l’échelle mondiale pense qu’avoir une famille pénalise les femmes (35%, dont 26% des hommes et 43% des femmes) et 3 femmes sur 10 affirment également que leur carrière aurait été différente sans ces responsabilités. Cela dit, la perception des Français est moins négative, avec 18% qui partage l’idée qu’avoir une famille pénalise les femmes, même si la perception diverge entre les hommes (12%) et les femmes (23%, presque deux fois plus).

L’équilibre entre vie personnelle et professionnelle est un exercice difficile qui complique aussi les perspectives d’évolutions parce qu’elles privent de deux atouts : la socialisation et la disponibilité.

Ne pas pouvoir partager des moments avec ses collègues en dehors du strict temps de travail parce qu’il faut s’occuper de sa famille nuit plus ou moins directement à sa carrière pour 21% des femmes dans le monde, contre 13% des hommes (22% des femmes vs 12% des hommes en France).

Ne pas être joignable en dehors du temps contractuel est aussi perçu comme un risque pour 28% des femmes (vs 15% des hommes) – 29% des femmes vs 15% des hommes en France.

Dans ce contexte, même parler de sa famille peut sembler préjudiciable à 22% des femmes (13 % des hommes) – un résultat heureusement plus nuancé en France avec 12% des hommes et 18% des femmes.

On ne sera donc pas surpris que faire passer sa vie de famille avant sa vie professionnelle menace a priori la carrière des femmes pour 36% d’entre elles (vs 19% des hommes), 37% des femmes vs 22% des hommes en France.

Malgré ces différences, les attentes des hommes et des femmes en matière de flexibilité du travail sont comparables à l’échelle mondiale : 39% des femmes et 37% des hommes aimeraient choisir quand ils commencent et terminent leur travail, 31 % seraient heureux de choisir leur lieu de travail (32% / 30%) et un quart (dans des proportions équivalentes quel que soit le genre) aimerait travailler moins d'heures par semaine ou concentrer leurs heures pour travailler moins de jours dans la semaine et libérer du temps pour soi, l’enjeu n°1 !

Retrouvez les articles de notre série spéciale consacrée à la Journée Internationale des Droits des Femmes 2022

 

Un homme sur trois pense que le féminisme fait plus de mal que de bien

37% des françaises considèrent que privilégier leur vie de famille est une menace pour leur carrière

78% des personnes dans le monde s'accordent à dire que les femmes n’ont pas à être victimes d’abus en ligne


Fiche technique : étude menée sur la plateforme Global Advisor d’Ipsos auprès de 20 524 personnes âgées de 16 à 74 ans dans 30 pays, interrogées du 21 janvier au 4 février 2022.

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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