Un homme sur trois dans le monde pense que le féminisme fait plus de mal que de bien

A l’occasion de la Journée internationale des Droits des femmes 2022, Ipsos dévoile les résultats de sa nouvelle étude Global Advisor, réalisée en France et dans 30 pays à travers le monde en collaboration avec le Global Institute for Women’s Leadership du King’s College de Londres.

Auteur(s)
  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre
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Ipsos | Journée internationale des droits des femmes 2022

 

Cet article s'inscrit dans notre série dédiée à la Journée Internationale des Droits des Femmes 2022


Enseignements clés

Egalité femmes / hommes et féminisme

Même si des progrès ont été réalisés cent-onze ans après la première Journée des Droits des Femmes (1911), la lutte pour leurs droits et la réduction des inégalités par rapport aux hommes n’est pas terminée. Pour nous le rappeler, la Journée Internationale des Droits des Femmes a lieu chaque année le 8 mars et c’est dans ce contexte qu’Ipsos a réalisé une enquête via la plateforme en ligne Ipsos Global Advisor dans trente pays en collaboration avec le Global Institute for Women’s Leadership du King’s College de Londres.

Fidèle à l’esprit Provocative Thinking d’Ipsos, le questionnaire n’a pas hésité à mettre les répondants face à de vrais choix dans leur vision du féminisme ou de l’égalité femmes / hommes elle-même.

Quand 28% en Malaisie ou 24% à Singapour des interviewés sont d’accord avec l’idée que les inégalités hommes / hemmes n’existent pas vraiment, seuls 5% au Japon partagent ce point de vue. En France, 18% des interviewés rejoignent cette idée (en phase avec la moyenne mondiale), alors que 53% la contestent. On notera aussi que les hommes sont plus susceptibles de penser que les inégalités entre les sexes n'existent pas vraiment que les femmes (22 % contre 13 %).

C’est aussi en Malaisie que l’on trouve le plus de personnes qui pensent que les victimes de violences ont en fait provoqué leur agresseur (49%, n°1 des pays testés, dont 50% des hommes et 48% des femmes), alors que les Hollandais s’insurgent contre cette affirmation (77% ne sont absolument pas d’accord), comme les Français (70%). A l’échelle mondiale, c’est15% qui estiment que la violence à l'égard des femmes est souvent provoquée par la victime.

Dans la même veine, 36% des Malaisiens sont d’accord avec l’idée que les femmes qui disent être maltraitées inventent ou exagèrent souvent ces allégations de violences ou de viol (53 %), le double de la moyenne mondiale et 20 points de plus que les Français (10%). On relèvera que seules 10% des femmes dans le monde partagent cette idée, deux fois moins que les hommes (20%).

A l’égard du féminisme, un homme sur trois dans le monde pense qu’il fait plus de mal que de bien (32 %) et que la masculinité traditionnelle est menacée (33 %). Les hommes Russes sont les plus négatifs à propos du féminisme (56% vs 29% des femmes), contre 12% des Hollandais. A 23% (30% des hommes vs 17% des femmes), les Français sont proches de la moyenne mondiale (26%).

Logiquement, les hommes Russes sont les plus inquiets à l’égard de menaces sur la masculinité traditionnelle (58%), mais on peut être surpris de voir que c’est exactement la même proportion de femmes dans le pays. Les Italiens sont les derniers à le ressentir (16%, au même niveau que les femmes). A 22% (26% des hommes vs 18% des femmes), les Français sont à sept points de la moyenne mondiale (29%)

Le féminisme a-t-il entraîné une perte de pouvoir économique, politique ou social ? 19 % le pensent en moyenne à l’échelle mondiale, les hommes étant plus susceptibles d'être d'accord que les femmes (23 % contre 15 %). Les Polonais sont 38% à le croire, contre 12% des Italiens, et 13% des Français.

  • Il n’est pas inutile d’attirer l’attention sur les écarts générationnels : alors que 14 % de la génération X et 11 % des baby-boomers pensent que la violence à l'égard des femmes est souvent provoquée par la victime, une personne sur cinq de la génération Z et de la génération Y aurait tendance à le croire (respectivement 18 % et 19 %,). Pour eux, les abus et la violence ne sont-ils finalement qu’une réponse légitime à ce qu’ils jugent comme de la provocation ?

Jugement sur les limites acceptables (ou pas) dans le monde on line

Même si des progrès ont été réalisés cent-onze ans après la première Journée des Droits des Femmes (1911), la lutte pour leurs droits et la réduction des inégalités par rapport aux hommes n’est pas terminée. Pour nous le rappeler, la Journée Internationale des Droits des Femmes a lieu chaque année le 8 mars et c’est dans ce contexte qu’Ipsos a réalisé une enquête via la plateforme en ligne Ipsos Global Advisor dans trente pays en collaboration avec le Global Institute for Women’s Leadership du King’s College de Londres.

Fidèle à l’esprit Provocative Thinking d’Ipsos, le questionnaire n’a pas hésité à mettre les répondants face à de vrais choix dans leur vision des limites acceptables (ou pas) dans le monde on line : envoi de messages ou d’images sexuellement explicites, propos racistes, misogynes, discriminatoires, informations personnelles repartagées, etc.

La seule pratique que les interviewés sont prêts à tolérer est l’envoi de messages à quelqu'un alors qu'il n'a pas répondu aux précédents (42% vs 51%), notamment en Suède (64%), en Russie (63%) et en Chine (60%) ; 44% des Français partagent ce point de vue, contrairement à 21% des Italiens. En revanche, seuls 25% dans le monde et en France acceptent le principe d’adresser à quelqu’un des commentaires ou des compliments non sollicités sur son apparence physique, les plus hostiles étant les Polonais (13%). A plus forte raison, 90% condamnent le fait d’envoyer à quelqu'un des images sexuellement explicites non sollicitées (85%) en France.

Une moyenne de 87% rejette les propos grossiers, homophobes ou transphobes, sexistes ou misogynes, ou racistes.

Les interviewés sont aussi très attachés à la notion de respect de l’intimité : 90% dénoncent le fait de publier les détails personnels ou des images intimes de quelqu'un sans son consentement (85% et 88% en France). Se faire passer pour quelqu'un d'autre en ligne sans sa permission (le catfishing) est inacceptable pour 89% dans le monde, 86% en France.

  • Sur toutes ces questions, on notera une plus grande tolérance chez les Internautes habitués des jeux en ligne, comme si la socialisation sur les réseaux devait implicitement faire accepter d’autres codes, y compris avec une dimension préjudiciable : 11% d’entre eux considèrent le partage d'images intimes de quelqu'un sans son consentement comme tolérable (vs 2% de ceux qui n'utilisent jamais les médias sociaux, les services de messagerie ou les jeux en ligne).
  • Dans la même logique logique, 10 % des générations Z et Y ne trouvent pas inacceptable d'envoyer à quelqu'un des images sexuellement explicites non sollicitées, contre 6 % de la génération X et 3 % des baby-boomers.

Discriminations harcèlement et monde on line

Même si des progrès ont été réalisés cent-onze ans après la première Journée des Droits des Femmes (1911), la lutte pour leurs droits et la réduction des inégalités par rapport aux hommes n’est pas terminée. Pour nous le rappeler, la Journée Internationale des Droits des Femmes a lieu chaque année le 8 mars et c’est dans ce contexte qu’Ipsos a réalisé une enquête via la plateforme en ligne Ipsos Global Advisor dans trente pays en collaboration avec le Global Institute for Women’s Leadership du King’s College de Londres.

Le monde on line n’échappe pas aux préjugés et aux comportements sexistes ou misogynes, avec par exemple 16% des interviews dans le monde qui disent avoir déjà été en contact avec des commentaires ou des images suggérant que les hommes sont supérieurs aux femmes, ou suggérant que les femmes sont responsables de la plupart des problèmes rencontrés par les hommes. 45% déclarent aussi avoir été victimes d'abus en ligne ou avoir vu du contenu sexiste au cours des deux dernières années.

Les femmes ont tendance à mémoriser ce type de messages : 19 % d’entre elles (vs 13 % des hommes) se souviennent de commentaires suggérant que les hommes leur sont supérieurs, et 18 % (vs 13 % des hommes) que les femmes sont à l’origine des problèmes des hommes.

Elles n’en sortent pas indemnes. Celles qui ont vu ces commentaires discriminants sont 32% à dire qu’elles ont arrêté de partager leur point de vue en ligne (vs 26 % des hommes), 26% à avoir ressenti une baisse d'estime de soi ou de confiance en elles (vs 18 % des hommes), 18% à avoir connu des crises de panique, de l'anxiété ou du stress (vs 13 % des hommes).

En termes de harcèlement en ligne, les femmes sont aussi plus susceptibles d'en avoir été victimes : 19% ont reçu des commentaires ou des compliments non sollicités sur leur apparence physique et 11% ont été victimes de propos sexistes ou misogynes (vs respectivement 10% et 5% des hommes).

On retrouve à l’égard des violences en ligne des attitudes équivalentes à celles qui concernent les violences dans le monde physique : 33% des interviewés dans le monde estiment que les femmes surréagissent, dont 36% des hommes (vs 30% des femmes), et si 35% sont d’accord avec l’idée que les hommes sont principalement responsables des abus en ligne, c’est la même proportion qui affirme qu’il faudrait ignorer cette violence en ligne.

  • Les utilisateurs réguliers d’Internet, les jeunes générations et les hommes, sont très nombreux à juger tous ces comportements inacceptables, mais ont tendance à moins les condamner que les autres interviewés, comme si communiquer dans le monde on line devait aussi faire admettre d’autres codes. Si 78% en moyennent dans le monde s'accordent à dire que les femmes n’ont pas à être victimes d’abus en ligne, le score passe à 74% chez les hommes (VS. 82% chez les femmes) et 75% chez les moins de 50 ans (vs 85% des plus de 50 ans).

Retrouvez les articles de notre série spéciale consacrée à la Journée Internationale des Droits des Femmes 2022

 

Un homme sur trois pense que le féminisme fait plus de mal que de bien

37% des françaises considèrent que privilégier leur vie de famille est une menace pour leur carrière

78% des personnes dans le monde s'accordent à dire que les femmes n’ont pas à être victimes d’abus en ligne


Fiche technique : étude menée sur la plateforme Global Advisor d’Ipsos auprès de 20 524 personnes âgées de 16 à 74 ans dans 30 pays, interrogées du 21 janvier au 4 février 2022.

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  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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