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Démographie : comment expliquer le choix des Français décidant de ne pas avoir d'enfants ?

La France connaît une évolution majeure de sa composition démographique : la part des 65 ans et plus est passée de 14,9% en 1995 à 21,8% en 2025, tandis que celle des moins de 20 ans a reculé (de 26,4% en 1995 à 22,9% en 2025). Dans le même temps, la natalité, déjà orientée à la baisse depuis les années 1970, diminue nettement depuis 2010[1]. Cette évolution installe durablement la question démographique au cœur de l’agenda public. Le baromètre d’opinion de la Drees interroge la perception des Français concernant la décision de ne pas avoir d’enfants, en leur demandant quelles raisons jouent le plus dans ce choix.

L’incertitude de l’avenir et les contraintes matérielles, les deux raisons essentielles dans la décision de ne pas avoir d’enfants

Les données montrent que les Français interprètent la décision de ne pas avoir d’enfants à travers un prisme largement socio-économique et géopolitique. En 2025, la première raison avancée est l’incertitude quant à l’avenir – guerres, problèmes économiques, dérèglement climatique… – (46%), suivie par le manque de ressources financières (40%) et l’absence de stabilité professionnelle (29%)[2]. Ces deux raisons sont suivies successivement du fait de ne pas être en couple stable (22%), de ne pas pouvoir concilier vie familiale et vie personnelle (18%), la peur des responsabilités parentales (17%) et, en dernier lieu, l’inadaptation du logement pour accueillir un enfant (14%).

Des perceptions qui diffèrent selon l’âge…

Les Français les plus âgés privilégient une lecture centrée sur l’incertitude de l’avenir (guerres, crise économique, dérèglement climatique). La moitié des 65 ans et plus cite cette raison (50%), contre 41 % des moins de 35 ans. Ils projettent ainsi sur les jeunes une forme de renoncement liée à une vision pessimiste de l’avenir.

À l’inverse, les jeunes adultes, directement concernés par cette décision, mettent davantage en avant des contraintes économiques. Le manque d’argent constitue la première raison citée chez les 25-34 ans (44%), alors qu’elle l’est significativement moins chez les 65 ans et plus (36%). 

Des effets sociaux et territoriaux marqués dans les perceptions

Comme chez les plus jeunes, le manque d’argent est l’argument le plus cité chez les individus gagnant moins de 1 000 euros (50%) et entre 1 000 et moins de 2 400 euros (43%) ; il diminue à mesure que les revenus augmentent.

Dans les communes rurales, la contrainte financière ainsi que l’incertitude de l’avenir apparaissent également comme les principales raisons avancées pour expliquer la décision de ne pas avoir d’enfants (46% pour chacune de ces raisons). L’agglomération parisienne se démarque en invoquant plus fréquemment que les autres unités urbaines des raisons liées à la vie en couple au fait d’être parent et l’articulation avec la vie professionnelle. Parmi les individus résidant en agglomération parisienne, 30% citent le fait de na pas être en couple stable (22 % pour l’ensemble de la France métropolitaine), et 22% le fait de ne pas pouvoir concilier vie familiale et vie professionnelle. La problématique du logement inadapté est également davantage mentionnée que dans les autres unités urbaines, soit 20% contre 11% dans les communes rurales et 14% pour l’ensemble des Français. 

Une faible structuration politique des perceptions

Ces représentations apparaissent peu clivées politiquement. Les raisons invoquées relèvent davantage de conditions sociales objectivables que d’un positionnement idéologique, ce qui est relativement peu fréquent sur les sujets de perceptions.

En somme, des freins contraints, et des leviers concrets

Là où les plus âgés projettent davantage des motivations « globales », les plus jeunes expriment davantage des contraintes concrètes — pouvoir d’achat, stabilité de l’emploi, accès au logement. Des contraintes qui renvoient à des leviers très concrets — revenus, emploi, logement, etc.

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À propos de la Drees

DreesLa Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) est le service statistique ministériel dans les domaines de la santé et du social. 

Créée par décret en 1998, la Drees fait partie du service statistique public. À ce titre, son action s’appuie sur un engagement déontologique fort reposant notamment sur l’indépendance, la qualité, le respect du secret statistique, l’impartialité et l’objectivité.
La Drees intervient également en appui à la conception et à l’évaluation des politiques publiques.
Elle apporte par ailleurs ses compétences pour développer le partage des données, algorithmes et codes au sein des ministères chargés de la santé et des solidarités.

Elle agit sous la tutelle du :

  • Ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des personnes handicapées ;
  • Ministère du Travail et des Solidarités ;
  • Ministère de l'Action et des Comptes publics.

Elle est également placée à la disposition des Ministères Transition écologique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et logement.

Le Décret n°2000-685 du 21 juillet 2000 précise ses missions (article 8). Le décret n° 2023-233 du 30 mars 2023 le complète en indiquant que la Drees est responsable, dans le respect de l'indépendance professionnelle, de la production statistique dans ces domaines, en liaison avec l'Insee, et qu’elle constitue l'autorité nationale pour la production de certaines statistiques européennes dans ces domaines de compétence. Il indique également que le directeur de la Drees est administrateur ministériel des données, des algorithmes et des codes dans les domaines de la santé et des solidarités.

En savoir plus


À propos de l'enquête

Depuis 2004, chaque année, la Drees confie à Ipsos bva, la réalisation de son Baromètre d’opinion, qui est un outil de référence pour analyser l’évolution de l’opinion des Français sur leur santé, la protection sociale (assurance maladie, retraite, famille, handicap-dépendance, pauvreté-exclusion) ainsi que sur les inégalités sociales et la cohésion sociale. L’enquête existe depuis 2000.

Les données de la vague 2025 ont été collectées en face-à-face du 13 octobre au 18 décembre 2025, auprès d’un échantillon de 4 002 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans ou plus habitant en France métropolitaine et constitué d’après la méthode des quotas. 

La Drees, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques est le service statistique ministériel dans les domaines de la santé et du social. Créée par décret en 1998, la Drees fait partie du service statistique public. Elle agit sous la tutelle du : Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités, et du Ministère de l’Économie.

Notes

[1] En France, le nombre de naissances dépasse à peine celui des décès | Vie publique
[2] La somme est supérieure à 100% car deux réponses étaient possibles.

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