Ipsos | AGS | Défaillance d'entreprise
Ipsos | AGS | Défaillance d'entreprise

Défaillance d’entreprise : un dangereux déficit d’informations qui fragilise les salariés français

L’enquête « Les salariés français et la défaillance d’entreprise » réalisée par Ipsos bva pour l’AGS livre en 2025 un état des lieux de la connaissance et de la perception des salariés sur la défaillance d’entreprise. Cette enquête a été conduite du 21 au 25 juillet 2025 auprès de 2 000 salariés du secteur privé, représentatifs de cette population.

Chiffres clés de l’enquête

  • Seulement 36% des salariés savent précisément ce qu'est une défaillance d'entreprise. Les salariés des petites entreprises, pourtant plus exposés à ces défaillances, sont les moins informés.
  • 53% des salariés ne sauraient pas du tout à qui s’adresser pour obtenir de l'aide ou des informations en cas de difficultés financières de leur entreprise.
  • 25% des salariés ont déjà vécu une situation de défaillance, mais seulement 57% d'entre eux se sont sentis bien informés pendant cette période.
  • La protection de la rémunération, l'aide à la recherche d'emploi et l'information sur leurs droits sont les trois principaux types d'accompagnement souhaités en cas de défaillance d’entreprise.
  • 91% des salariés considèrent que le rôle de l'AGS est important, bien que sa mission soit encore méconnue par beaucoup.

Des salariés qui se préoccupent peu de la santé financière de leur entreprise

La plupart des salariés français se disent confiants dans la capacité de leur entreprise à payer leur salaire chaque mois (90%). C’est le cas y compris dans les petites entreprises (88%) qui sont pourtant parmi les plus exposées aux défaillances.

Plus généralement, les salariés se disent confiants dans l’avenir de l’entreprise (82%). Or, plus de 66 000 entreprises ont été rapportées comme défaillantes en 2024 (+17,4% en rythme annuel), un record sur plus de 30 ans.

D’autres signaux semblent indiquer un manque de conscience des risques liés aux défaillances d’entreprises. Ainsi, les salariés français citent rarement « la santé financière de l’entreprise » parmi les éléments les plus importants pour eux dans le travail (13% citent cet aspect parmi les 5 aspects les plus importants pour eux, en 11ème position sur 12), alors que la majorité citent la rémunération (54%, en première position).

La défaillance d’entreprise : une notion qui n’est pas encore acquise pour les salariés du secteur privé

De fait, les salariés montrent une certaine méconnaissance de ce qu’est la défaillance d’entreprise. Un peu plus d’un tiers (36%) déclarent savoir « précisément » de quoi il s’agit, et même moins d’un tiers parmi les salariés des entreprises de moins de 10 salariés (31%), pourtant plus exposés.

Plus inquiétant encore, les salariés confessent avoir une idée assez imprécise des conséquences d’une défaillance d’entreprise, 27% seulement déclarent en avoir une idée « précise ». 

Cette méconnaissance globale s’accompagne d’un manque d’information sur les risques de défaillance d’entreprise (52% des salariés se sentent mal informés ou pas informés du tout sur les risques de défaillance) et d’une méconnaissance des dispositifs d’alerte précoces ou d’accompagnement des entreprises en difficultés. Ainsi, 15% des salariés connaissent « précisément » l’existence de ces dispositifs (11% des salariés d’entreprises de moins de 10 salariés) et 52% n’en ont pas du tout connaissance.

En définitive, les salariés ne savent globalement pas vers qui se tourner pour obtenir du soutien ou des informations en cas de difficultés financières de leur entreprise, 17% déclarant savoir « précisément » vers quel organisme se tourner. Chez les salariés n’ayant pas vécu de situation de défaillance d’entreprise au cours de leur carrière, seuls 10% savent « précisément » à qui s’adresser. Même parmi ceux qui ont vécu une défaillance d’entreprise, cette part reste très insuffisante : 36% savent « précisément » à qui s’adresser.

Les expériences salariales de défaillance d’entreprise : outre les difficultés financières, une information qui n’est pas toujours optimale

Un salarié sur quatre (25%) déclare avoir déjà vécu au cours de sa carrière une situation de défaillance de son entreprise. Ces salariés ont souvent assisté à des procédures collectives (redressement judiciaire, liquidation judiciaire, etc) (54%) ou des licenciements économiques (53%). Une partie d’entre eux ont également été confrontés à un gel de leur salaire (37%), du chômage partiel (37%) voire une diminution de salaire (37% également).

Les principales difficultés alors vécues par les salariés concernés étaient diverses et pas uniquement financières (38% ont ressenti des difficultés financières personnelles).  La difficulté à obtenir des informations claires sur la situation de l’entreprise a été vécue par 35% de ces salariés, 29% ont ressenti un manque de soutien de la part de l’employeur et 28% ont perdu confiance en ce dernier.

En définitive, pendant cette période, seule une courte majorité de salariés (57%) s’est sentie bien informée par son employeur, et une part encore plus faible chez les salariés d’entreprises de moins de 10 salariés ayant déjà vécu, dans cette entreprise ou ailleurs, cette situation (45%).

Des attentes d’accompagnement envers de nombreux acteurs et avec pour priorité la protection du salaire

Les acteurs auprès desquels les salariés pensent le plus pouvoir obtenir des informations et du soutien en cas de difficultés financières de l’entreprise sont les avocats spécialisés en droit du travail (70%), les associations d’aide aux salariés en difficulté (64%) et les représentants du personnel (63%).

L’AGS est également perçue comme pouvant apporter des informations et du soutien par un salarié sur deux (50%) bien qu’elle ne soit pas connue par une partie des salariés. Parmi ceux qui ont vécu une situation de défaillance d’entreprise, 63% connaissent son rôle et ses actions, 32% précisément. Chez les salariés d’entreprises de moins de 10 salariés ayant vécu une défaillance, 47% déclarent connaître le rôle de l’AGS.

Une fois le rôle de l’AGS présenté (à savoir, la garantie du paiement des salaires aux employés des entreprises en difficulté financière, en cas de procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire), la quasi-totalité des salariés estiment que son rôle est important (91%). Et les salariés la classent en première position des principaux acteurs qui devraient jouer un rôle pour mieux accompagner les salariés en cas de défaillance d'entreprise (46%, devant les organismes publics comme France Travail : 34%, et les représentants du personnel : 30%).

Interrogés sur les cinq types d'accompagnements les plus utiles aux salariés en cas de défaillance de leur entreprise, les salariés citent d’ailleurs principalement la protection de la rémunération (46%, en 1ère position), devant l’aide à la recherche d’emploi (34%), et l’information sur les droits (33%). En ce sens, l’AGS occupe un rôle réellement central pour les salariés.

Rapport complet

À propos de l'AGS

Logo AGSCréé en 1974, le régime de garantie des salaires (AGS) a pour mission de protéger les salariés lors des défaillances d'entreprises. Amortisseur social unique, il intervient quelle que soit la taille de l'entreprise et le nombre de salariés impactés. Ce dispositif inédit de solidarité interentreprises est composé de 230 personnes réparties en 15 centres en France métropolitaine et dans les DROM.
Acteur de l’économie et de l’emploi, l’AGS accompagne et soutient les entreprises et leurs salariés tout au long de la procédure collective. En 2024, c’est près de 250 000 salariés qui ont bénéficié de la garantie des salaires, pour un montant total avancé de plus de 2,1 milliards d'euros.

En savoir plus →


À propos de cette enquête

Enquête Ipsos bva pour l'AGS menée du 21 au 25 juillet 2025 auprès de 2 000 salariés, constituant un échantillon représentatif des salariés du secteur privé, âgés de 18 ans et plus, en France. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'enquête.

 

Économie et carrière

  • Étudiant Enquête

    Avoir 20 ans en 2026 : une précarité étudiante marquée par des vulnérabilités extrêmes et cumulées

    Quels sont les chiffres réels de la précarité étudiante en France ? Linkee Entraide Etudiante dévoile les résultats d'une enquête exclusive menée auprès de plus de 25 000 étudiants précaires en partenariat avec la Fédération des Acteurs de la Solidarité, et dont les données ont été traitées par Ipsos bva pour dresser un état des lieux de la situation économique de cette population. Du reste à vivre mensuel moyen aux taux de renoncement aux soins, ce dossier examine les mécanismes de fragilité financière et les freins administratifs rencontrés par les étudiants précaires dans l'accès aux dispositifs d'aide.
  • IA en entreprise : état des lieux et leviers d'accélération

    Ipsos bva a conduit une grande enquête pour Google afin de réaliser un panorama de l'IA en France. Pour la première fois, cette enquête s'est notamment intéressée de manière approfondie aux usages de l'IA par les auto-entrepreneurs et les dirigeants de TPE. Parmi les principaux enseignements, on note une accélération de l’adoption pour atteindre un Français sur deux. L’utilisation en entreprise reste néanmoins encore souvent limitée à des tâches basiques, et elle est fréquemment initiée de manière individuelle, sans cadre clair au niveau de l’organisation. Si les petites entreprises accusent un retard dans l’adoption structurelle de l’IA par rapport aux grands groupes, les auto-entrepreneurs et dirigeants de TPE se montrent toutefois très actifs, explorant volontiers des usages à plus forte valeur ajoutée de l’IA que les salariés français en moyenne. Face au frein principal du manque de cas d’usage, la formation demeure le principal levier d'accélération.
  • Energie Enquête

    Nucléaire en France : 61 % des Français y voient un atout stratégique

    Alors que la France accueille le deuxième Sommet mondial sur l’énergie nucléaire, Orano et Ipsos bva dévoilent aujourd’hui les résultats de la quatrième vague du baromètre « Les Français et le Nucléaire », réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1500 Français

Auteur(s)

Articles liés

  • Baromètre des droits des personnes malades | France Assos Santé

    Accès aux soins : délais, refus, pénuries… la santé des Français sous pression

    France Assos Santé et Ipsos bva dévoilent aujourd'hui les résultats de l’édition 2026 du Baromètre des droits des personnes malades. Cette nouvelle édition montre que les droits des patients sont de mieux en mieux connus par les Français, mais que des inégalités et des obstacles concrets persistent (notamment l'obtention d'un rendez-vous médical, l'impact des dépassements d'honoraires ou encore les pénuries de médicaments) et continuent de fragiliser l’effectivité des droits des personnes malades.
  • Ipsos Mobility Report | Mobilité | Conduite autonome
    Mobilité Enquête

    Ipsos Mobility Report 2026 : l’état des lieux inédit de la mobilité mondiale

    En 2026, l’Ipsos Mobility Report dresse un bilan contrasté de la mobilité à l’échelle planétaire : si la voiture reste le mode de transport préféré dans 22 pays sur 31, les véhicules autonomes peinent à convaincre, les voitures électriques suscitent des réticences en Amérique du Nord et en Europe, et les inquiétudes sur la sécurité routière s’intensifient. Entre attachement fort à l’automobile individuelle et aspirations à des solutions plus durables, cette étude révèle aussi un soutien massif aux pistes cyclables et aux lois renforcées pour une circulation plus sûre. Plongez dans les résultats clés de cette enquête mondiale.
  • Élection présidentielle 2027 | Sondage Ipsos bva

    Présidentielle 2027 : le retour du vote sur enjeux ?

    À un an de l’échéance, la présidentielle de 2027 pourrait marquer un tournant : celui d’un retour du vote sur les enjeux de fond. Santé, pouvoir d’achat, éducation… L’enquête électorale française menée auprès de plus de 10 000 électeurs par Ipsos bva pour le CEVIPOF, la Fondation Jean Jaurès et Le Monde révèle une hiérarchie claire des priorités des Français, loin des seules logiques de casting ou de vote utile. Reste une condition : que les candidats s’affrontent réellement sur ces sujets.