Un dirigeant de TPE sur deux se déclare aujourd'hui en difficulté : les chefs d'entreprise appellent à un accompagnement plus précoce
Les chiffres-clés de l'enquête
• 50 % des dirigeants de TPE se déclarent aujourd'hui en difficulté ou en situation de fragilité.
• 67 % solliciteraient un accompagnement extérieur en cas de difficultés.
• 36 % estiment mal connaître les aides disponibles.
• 36 % souhaitent disposer d'un interlocuteur unique.
• 86 % des dirigeants ayant bénéficié d'un accompagnement le jugent utile.
Premier enseignement : 50 % des dirigeants interrogés considèrent que leur entreprise traverse actuellement une période de fragilité ou de difficultés, dont 19 % évoquent des difficultés importantes ou une situation critique.
Cette photographie traduit les tensions auxquelles sont confrontées les très petites entreprises, premières exposées aux ralentissements de l'activité.
Le ralentissement économique se traduit d'abord par une baisse d'activité pour les TPE
Pour les dirigeants de TPE, les premiers signaux susceptibles de les alerter sur une situation de difficulté de leur entreprise seraient avant tout financiers :
- 51 % citent une baisse du chiffre d'affaires ;
- 34 % des tensions de trésorerie ;
- 29 % des retards de paiement de leurs clients.
Cette hiérarchie montre que les dirigeants associent d’abord l’entrée en difficulté à des indicateurs économiques directement visibles dans le pilotage quotidien de l’activité.
Les dirigeants veulent agir avant qu'il ne soit trop tard
Contrairement à une idée reçue, les dirigeants ne souhaitent pas attendre que leur entreprise soit au bord de la rupture avant de demander de l'aide.
Près de deux dirigeants sur trois (67 %) déclarent qu'ils solliciteraient un accompagnement extérieur en cas de difficultés.
Mieux encore, près d'un sur deux le ferait avant que la situation ne devienne critique : 29 % dès les premiers signes d'alerte et 20 % lorsque les difficultés commencent à s'installer.
Cette volonté d'anticiper traduit une évolution des attentes des chefs d'entreprise, qui souhaitent pouvoir être accompagnés suffisamment tôt pour préserver leur activité.
Pourtant, près de 44 % des chefs d’entreprise de TPE qui se déclarent déjà en difficulté indiquent qu’ils ne solliciteront pas d’aide extérieure. Pourquoi ?
Le principal frein n'est pas le recours à l'aide, mais l'accès à l'information
L'étude met en lumière un paradoxe : les dirigeants ne rejettent pas l'accompagnement, ils peinent encore à identifier les solutions existantes.
Les principaux freins cités sont :
- 36 % ne connaissent pas les dispositifs d'aide disponibles ;
- 30 % manquent de temps pour entreprendre les démarches ;
- 30 % ne savent pas vers quels interlocuteurs se tourner ;
- 29 % jugent les dispositifs trop complexes.
Autrement dit, la difficulté tient moins à l'existence des solutions qu'à leur visibilité, leur lisibilité et leur accessibilité.
Au-delà du financement, un besoin d'orientation
Interrogés sur leurs priorités en cas de difficultés, les dirigeants expriment des attentes qui dépassent largement la seule dimension financière.
Ils souhaitent avant tout être aidés pour :
- trouver de nouveaux clients ou marchés (29 %) ;
- faire face aux questions juridiques et administratives (29 %) ;
- résoudre leurs difficultés de trésorerie (25 %) ;
- effectuer leurs démarches auprès des administrations et organismes sociaux (24 %).
Ils décrivent également l'accompagnement idéal :
- un interlocuteur unique capable de coordonner les démarches (36 %) ;
- un accompagnement humain et personnalisé (36 %) ;
- un service gratuit (32 %) ;
- une prise en charge rapide en cas d'urgence (29 %).
Dans les réponses spontanées, une même attente revient régulièrement : celle d'un accompagnement de proximité, capable d'écouter, d'orienter rapidement et d'apporter des réponses concrètes.
Lorsqu'il est mobilisé, l'accompagnement est jugé efficace
L'étude révèle enfin un enseignement majeur. Parmi les 41 % de dirigeants ayant déjà traversé une période de difficultés significatives, 40 % ont fait appel à un accompagnement extérieur.
Et 86 % de ceux qui y ont eu recours estiment que cet accompagnement leur a été utile, dont 41 % le jugent très utile.
Ces résultats montrent que l'accompagnement produit des effets positifs lorsqu'il est mobilisé, mais qu'il demeure encore insuffisamment identifié par les dirigeants.
À propos de l'AGS
Créé en 1974, le régime de garantie des salaires (AGS) a pour mission de protéger les salariés lors des défaillances d'entreprises. Acteur de la protection sociale unique, il intervient quelle que soit la taille de l'entreprise et le nombre de salariés impactés.
Ce dispositif inédit de solidarité interentreprises est composé de 250 personnes réparties en 15 centres en France métropolitaine et dans les DROM. Acteur de l’économie et de l’emploi, l’AGS accompagne et soutient les entreprises et leurs salariés tout au long de la procédure collective.
En 2025, l’AGS a accompagné près de 250 000 salariés, pour un montant total avancé de plus de 2,2 milliards d'euros.
À propos de cette enquête
Enquête Ipsos bva pour l'AGS menée auprès de 604 dirigeants de très petites entreprises (1 à 9 salariés), représentatifs des TPE françaises.