En vacances sur les terres du Covid-19 - Episode 1 : comment les Français planifient-ils leur été ?

Le calendrier est aux vacances, les chiffres le prouvent : 760 kilomètres de bouchon pour le dernier week-end de Juillet, 100% d’occupation des gîtes et hébergements dans le Jura, en Occitanie ou en Lozère, « On s’entasse à Saint-Tropez », pour citer Le Monde … Face à ces vacances d'été aux conditions inédites, Ipsos reforme sa communauté Ipsos #Home et lui donne la parole. Découvrez chaque mercredi les insights de cette communauté et suivez leur quotidien au rythme d'une saga estivale.

L’esprit est-il aux vacances ? Il voudrait l’être aussi pleinement pour « profiter », le verbe qui résume le mieux les attentes, mais comme notre communauté #Home le montre, de nombreux Français ne se sont pas libérés des craintes associées au virus et trois tendances se révèlent en cette semaine de départ : la tentation de la transgression, la stratégie du compromis, l’auto-censure.

La première se justifie justement « parce qu’on est en vacances ». Les vacances, c’est l’inverse des routines, des obligations, du travail, des hiérarchies, en un mot, c’est la liberté. Liberté de ne plus porter de masques, d’arrêter les gestes barrières et autres contraintes… Contre la distanciation, l’hyper-socialisation par la rencontre, la fête, la spontanéité, entre mythes et fantasme : une conjuration du virus par la normalité festive de ce que doivent être les vacances, une soupape de pure énergie, un vrai « relâchement » parce qu’Eros sera plus fort que Thanatos. Cette tendance est la plus médiatisée, mais la moins caractéristique de notre communauté on line.

La deuxième cherche les alternatives et fait le succès des « vacances à la campagne ». On va chez des amis, chez la famille, on loue des gîtes… Bien sûr, ça ne fait pas les affaires des hôteliers, mais cette micro-socialisation recrée du contact sans peur et ne limite pas les surprises. Au contraire, on « redécouvre la France », on retrouve des paysages d’enfance, on transmet une culture et un patrimoine. Ce tourisme local, comme on consomme « local », se veut vertueux : il dépense français, ne prend pas l’avion et contribue à la relance économique. Ce ne sont pas de « grandes », mais de « petites vacances », appréciées comme telles parce que « grand » est devenu synonyme de « trop » : trop de monde, trop loin, trop compliqué et trop de dépenses. Cette approche est partagée par la bonne moitié des participants.

La troisième n’a pas peur d’avouer que sa hantise du virus la soumet à une aliénation absolue. La covid-19 un rôle dissuasif auprès de ceux qui ont renoncé à leurs vacances (y compris parce que leur séjour était annulé) ou ont changé de destination, de peur d’aller dans des régions à risque. L’emprise de la peur de la contamination fait passer la recherche de sa sécurité avant tout, voyages, aventures, situations nouvelles… Elle se soumet avec une conformité assumée au fils de la nuit et des ténèbres, et préfère, casanière, ne prendre aucun risque et s’épargne, de tous les points de vue.

Saga de l'été

 

A suivre : la porosité, ou pas, des tendances en fonction de l’actualité, des chiffres, de toute information susceptible de donner raison aux Relâchés, aux Stratèges ou aux Anxieux.


Retrouvez tous les épisodes de
notre saga de l'été

Episode 1 - Comment les Français planifient-ils leur été ?

Episode 2 - Comment les Français occupent-ils leurs vacances ?

Episode 3 - Ce qui a changé dans les habitudes des Français

Episode 4 - Quelles activités pour les vacanciers ?

Episode 5 -  Comment se déroulera la rentrée des Français ?

Episode 6 - Quel état d'esprit face à cet avenir incertain ?


Pour en savoir plus sur les communautés Ipsos, contactez Nathalie Eskenazi via le formulaire en bas de page.

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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