Mobilité : les Français continuent de privilégier leur voiture personnelle pour leurs trajets quotidiens

La mobilité en Europe est en pleine mutation. Selon le Baromètre Mobilité 2025 mené par Ipsos pour Europ Assistance à travers 9 pays d'Europe, les Européens repensent leurs habitudes de déplacement face à des contraintes économiques et une incertitude croissante des politiques environnementales. Qu'en est-il des Français ? Quelles sont les tendances de la mobilité en France en 2025 ? Les solutions de mobilité alternative peinent à s'imposer dans le pays, freinées par les coûts.

Le baromètre mobilité révèle des similitudes et des différences marquées entre les comportements de mobilité en Europe et en France. Alors que les Européens et les Français partagent une forte appétence pour l’usage de la voiture et une affection pour la marche, les Français se distinguent par une moindre utilisation des transports en commun et des nouvelles mobilités. Les motivations financières dominent les choix en France, alors que les préoccupations environnementales y sont moins prononcées qu'ailleurs en Europe. Plongeons dans les spécificités françaises pour mieux comprendre les dynamiques et les enjeux du marché.

La voiture, favorite des déplacements quotidiens des Français

En 2025, les Français continuent de privilégier leur voiture personnelle pour leurs trajets quotidiens. Avec 86% d'entre eux utilisant leur voiture (+1 pt vs 2024), elle reste le mode de transport dominant, comme pour l’ensemble des Européens (84%). Près de neuf foyers sur 10 (89%, +1 pt) possèdent au moins une voiture personnelle ou de fonction. D’ailleurs, 40% des Français (-1 pt) déclarent parcourir plus de 10 000 km par an.

La marche demeure également très populaire, avec 91% des Français (+2 pts) la pratiquant régulièrement, contre 95% des Européens. En revanche, les transports en commun peinent à convaincre, avec seulement 41% d'utilisateurs en France, contre 58% en Europe.

Les nouvelles mobilités en perte de vitesse

D’après l’étude, bien que l’utilisation de la voiture personnelle, au cours des 5 dernières années, ait diminué au profit d’une mobilité plus « verte », comme le vélo électrique personnel, les transports en commun ou la marche, les nouvelles formes de mobilité semblent moins attirer les Français cette année, comparativement à 2024. En effet, le covoiturage (13%, -4 pts), le vélo (32%, -3 pts), les trottinettes (13%, -4 pts) et l'autopartage (7%, -5 pts) affichent tous une baisse par rapport à l'année précédente et restent bien en dessous des moyennes européennes. 
Actuellement, près d’un Français sur trois (32%) utilise un vélo en semaine ou le week-end, un chiffre en léger recul par rapport à 2024 (-3 pts), et en-deçà de la moyenne européenne (45%). 

Malgré tout, plus de la moitié des Français possèdent un vélo classique ou électrique (57%, +3 pts), tandis que seulement 16% détiennent une trottinette classique ou électrique (-2 pts). A l’avenir, parmi ceux qui sont déjà habitués à ces modes de déplacement, 34% des Français envisagent d’augmenter leur utilisation de vélos électriques, 25% de vélos classiques, et 26% des transports en commun.

Choix de mobilité et intentions d'achat : une question de budget ?

Le budget mobilité des Français enregistre une légère baisse, avec une moyenne de 113€ par personne par mois, soit une diminution de 18€ par rapport à l’année précédente et bien en dessous des 159€ observés chez les Européens.

La transition vers des mobilités plus douces des Français est principalement motivée par des raisons économiques, citées par 41% des Français (-5 pts), contre 32% pour l’ensemble des Européens. La conscience environnementale, bien que présente, est en recul : seulement 23% des Français la mentionnent comme une motivation, en baisse de 7 pts, similaire aux Européens.

Les intentions d'achat de voitures sont également en baisse, avec seulement un Français sur trois envisageant d'acquérir un véhicule (-10 pts), contre 35% des Européens. Parmi eux, 22% envisagent un véhicule électrique (-6 pts), motivés principalement par les économies possibles sur le carburant (46%, stable), avant même toute considération écologique (35%, +1 pt). Mais là encore, le coût reste le premier frein à l’acquisition d’un véhicule électrique pour les Français, atteignant 62% (-6 pts), contre 51% pour les Européens.

Impact environnemental : une prise de conscience en marche chez les Français

Les trois quarts des Français (74%) estiment que les questions environnementales doivent être une priorité pour les gouvernements bien que ce chiffre ait diminué de 2 pts. De plus, 72% (-3 pts) se sentent concernés par l’impact environnemental de leur conduite, et 56% (-4 pts) affirment avoir déjà modifié leurs habitudes de mobilité. Toutefois, seulement 37% d’entre eux ont mauvaise conscience quant à l’empreinte carbone de leur voiture (-3 pts).

Actuellement, 85% de la flotte automobile des Français est composée de véhicules thermiques, suivies par les véhicules hybrides (HEV et PHEV) à 9% et les véhicules électriques (BEV) à 3%. Le GPL ne représente que 2% des véhicules détenus. 

Concernant les intentions d’achat dans les 12 prochains mois, seulement 22% envisagent d’investir dans un véhicule thermique (-10 pts) et 22% dans une voiture électrique (-6 pts). Un quart des propriétaires de voiture (25%, +2 pts) envisage de ne plus posséder de véhicule dans le futur, un chiffre qui atteint 40% pour les 18-34 ans.

Dans un contexte de crise budgétaire et environnementale, les Français déclarent vouloir favoriser l’utilisation du vélo électrique personnel (34%), la marche (29%) et les transports en commun (26%) au cours des 12 prochains mois.

Ces tendances montrent une évolution complexe des habitudes de mobilité en France, où les considérations économiques et environnementales influencent considérablement les choix des usagers.

Mobilité des Français : des solutions alternatives qui peinent à s'imposer

 

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A propos d'Europ Assistance

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A propos de ce sondage

Enquête Ipsos pour Europ Assistance menée du 17 décembre 2024 au 13 janvier 2025 auprès de 9 000 personnes dans 9 pays d'Europe : Belgique, France, Allemagne, Italie, Portugal, Espagne, Autriche, République tchèque et Suisse. Méthodologie complète disponible dans le rapport d'étude.

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