Saga de l'été 2026 | Les vacances des Français
Saga de l'été 2026 | Les vacances des Français

Saga de l'été 2026 - Épisode 7 : changement climatique et réchauffements politiques

Chaque jeudi de l’été, suivez les vacances des Français à travers les témoignages exclusifs de notre communauté online Ipsos RealTalk. Pour ce septième et dernier épisode, l'été 2026 s'achève sur le souvenir marquant de vagues de chaleur historiques et d'incendies dévastateurs, vécus par beaucoup comme une preuve concrète du choc climatique. Alors que s'amorce la rentrée, le bilan des vacances laisse place à une lassitude généralisée : entre inquiétudes persistantes sur le pouvoir d'achat, dégradation de la situation économique et amorce de la campagne présidentielle de 2027, les citoyens expriment un mélange de résignation et de colère face à l'avenir du pays.

Sommaire de l'épisode

  1. Un été inédit sous le signe des canicules et des incendies
  2. Une rentrée sans enthousiasme
  3. L’état d’esprit des Français à l’aube de la campagne présidentielle
Saga de l'été 2026 | Les vacances des Français

 

Un été inédit sous le signe des canicules et des incendies

Quand on leur demande ce qu’ils retiennent de l’été 2026, les Français mentionnent en priorité des chaleurs étouffantes, la sécheresse et les feux de forêts, de la fatigue et de l’épuisement, les conditions climatiques ayant profondément modifié leur quotidien, leurs vacances et même leur moral.

Pour certains, c’est même « d’enfer sur terre » qu’il faut parler, d’images traumatisantes avec « l’emblème de cet été, ces animaux en fuite devant les feux dévastateurs », bien loin des vacances espérées pour se reposer et découvrir de nouveaux environnements : « Il a fait tellement chaud que nous n'avons pas pu sortir pour faire des activités sportives ou même se promener ».

D’autres se souviennent de nouvelles solidarités pour affronter, ensemble, des situations extrêmes avec « l'héroïsme de nos pompiers et des agriculteurs qui les ont beaucoup aidés et qui, eux aussi, ont beaucoup souffert de cette chaleur et perdu leur récolte ».

Pour beaucoup, cet été 2026 est la signature concrète d’un vrai choc climatique et de ses conséquences en Europe ; ces phénomènes doivent alerter les autorités pour anticiper au maximum d’autres effets appelés à s’aggraver avec plus de climatisations dans les lieux et les transports publics, des mesures en faveur des personnes âgées et vulnérables, etc. (cf. Épisode 1 - À la recherche de la fraîcheur perdue). À défaut, c’est encore « l'irresponsabilité des politiques » que les Français continueront de dénoncer des semaines et des semaines après le lancement de la Saga de l’Été…

Malgré ce contexte difficile, les souvenirs positifs ne manquent pas. Ils sont souvent associés aux retrouvailles familiales, aux proches, aux expériences et aux émotions vécues dans des lieux dépaysants : « J'ai passé deux semaines à faire de la randonnée dans le Queyras et les Hautes-Alpes et c'était vraiment top ; j'ai même fini mon séjour par un trail dans des paysages magnifiques avec de nombreux animaux (aigles, bouquetins, marmottes...) »

Ces moments en famille, cette envie de simplicité et d’évasion étaient d’autant plus nécessaires faute de bonnes nouvelles nationales ou internationales : « the show must go on avec la guerre en Ukraine, au Liban, en Iran, et les femmes qui sont toujours opprimées par l'islam radical, comme si les catastrophes naturelles ne suffisaient pas ».

Une rentrée sans enthousiasme

Sur le plan personnel, beaucoup restent marqués par la fatigue accumulée durant l'été et démotivés par la perspective d’un retour à la routine, à l’opposé d’un nouveau départ : « C'est reparti pour le train-train quotidien », « Je me sens résigné, c’est comme ça chaque année. »

Une majorité de répondants rejettent l'idée même des bonnes résolutions. Beaucoup déclarent ne plus en prendre, estimant qu'elles « ne sont jamais tenues » ou qu'elles « doivent s'appliquer toute l'année et non à la rentrée ». 

Pour ceux qui s’engagent dans cette voie, la priorité est simple : « Profiter beaucoup plus de la vie » de deux manières. D’abord, se remettre en forme et veiller à sa santé, physique ou mentale :

  • En pratiquant régulièrement, voire intensément, une activité sportive.
  • En retrouvant une meilleure hygiène de vie (régime, alimentation avec « plein de fruits et de légumes frais », « dormir plus tôt pour le sommeil », « arrêter ou réduire le tabac »).
  • En prenant davantage soin de soi et en réduisant le stress (« se ménager du temps » et « préserver des moments de déconnexion »).

Ensuite, prendre du temps pour soi et ses proches : « Voir sa famille et ses amis dès que possible » et « entretenir des relations plus proches avec les gens que j'aime. » 

Sur le plan général, la première inquiétude des Français est économique. La dernière édition de l’enquête internationale d’Ipsos What Worries the World  montre en effet que 90 % estiment que le pays va dans la mauvaise direction et 91 % jugent mauvaise la situation économique. En août, les préoccupations liées à l'inflation repartaient à la hausse pour atteindre 34 % quand celles associées aux impôts et aux taxes progressaient de 4 points, passant de 18 % à 22 %, tandis que celles relatives au chômage augmentaient également, de 9 % à 13 %.

Les répondants s’attendent donc à des hausses de prix dans tous les domaines, de l’énergie aux courses alimentaires en passant par les soins et la santé ou les assurances, augmentant encore le sentiment de frustration et de déclassement : « J'ai de moins en moins de pouvoir d'achat et de plus en plus de dépenses », « On va devoir se serrer encore plus la ceinture », « On ne sait plus comment faire pour s'en sortir ».

La seconde inquiétude est sociale avec un pays jugé tendu et fragilisé, parcouru de multiples tensions : insécurité, crise du système de santé et difficultés d'accès aux soins, communautarismes, sans oublier le changement climatique et ses conséquences qui deviennent un problème social concret en aggravant les inégalités entre les générations, les ressources, les territoires, les modes de vie, etc. Ces tensions  alimentent les frustrations et la peur du lendemain : « Nos enfants auront moins que nous », « Je suis désespérée de la situation du pays qui ne fait que s'aggraver, les incivilités, le chômage, les prix », « Je suis très inquiète pour l'avenir des soins en France. Il y a urgence à agir », « Ce sont déjà les déserts médicaux et des frais de plus en plus à notre charge... ».

L’état d’esprit des Français à l’aube de la campagne présidentielle

Alors que les candidats lancent leur campagne pour la Présidentielle 2027, les Français semblent partagés entre la résignation et la colère avec, d’un côté, ceux pour qui « les choses vont tellement mal, et de tous les côtés, qu'on perd l'envie, tout comme la confiance et l'espoir » et, de l’autre, ceux qui appellent à « descendre dans la rue et protester contre les éléments que nous avons listés » au lieu de laisser « les peurs et les angoissent se cristalliser dans la haine et le rejet de l'autre ». 

Dans les deux cas, l’envie de changements se révèle particulièrement forte, 79 % des Français pensent d’ailleurs que les électeurs voudront de très fortes transformations dans la manière dont le pays est gouverné. En attendant de connaître les candidats définitifs et leurs programmes, la déception et le ressentiment semblent aujourd’hui guider une partie des opinions : « Je vais voter en colère aux présidentielles », « Les citoyens vont s'exprimer l'année prochaine dans les urnes et ça va être un grand cri de colère », ou encore « On ne va pas se laisser crever à petit feu ».

Si la prochaine élection présidentielle est largement perçue comme un moment charnière, c’est un mélange de colère, de lassitude et de défiance qui domine actuellement : « Oui, cette présidentielle est décisive car la France en dépend », « Que ce soit n'importe qui, ça ne changera rien pour la majorité des personnes », ou encore « J'attends du changement mais je n'y crois pas vraiment ».

Pour inviter les Français à sortir de la simple logique du rejet ou du « dégagisme », les candidats ont tout intérêt à concentrer leurs propositions sur les préoccupations essentielles (santé publique, situation économique, éducation, sécurité et pouvoir d’achat). Ils devront surtout convaincre qu’ils sauront, enfin, ouvrir un nouveau chapitre où avenir et progrès redeviendront synonymes.

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Charbel Farhat

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Charbel Farhat
Directeur de département

Auteur(s)

  • Yves Bardon
    Yves Bardon
    Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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