53% des Français estiment que les hommes ont une sexualité plus simple que les femmes

Six ans après la première enquête (en 2016), 2 ans et demi après celle de 2019, 5 ans après le début du mouvement international de libération de la parole des victimes de violences sexuelles #Metoo et 1 an après le mouvement français #metooinceste, l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie en partenariat avec Ipsos dresse un nouveau état des lieux des représentations des Français sur les violences sexuelles, les stéréotypes sexistes, les mythes et la culture du viol. L’enquête s’intéresse par ailleurs aux niveaux d’information sur la loi d’une part, mais également sur les conduites à tenir et les ressources disponibles en cas de violences sexuelles. Enfin, l’enquête s’intéresse aux mesures phares qui restent à prendre pour mieux lutter contre les violences sexuelles et mieux en protéger les enfants et les personnes vulnérables.

Pour la 1ère fois nous voyons une amélioration avec un net recul de l’adhésion des Français aux stéréotypes sexistes et à la culture du viol par rapport aux deux premières enquêtes de 2016 et 2019, bien qu’une majorité des Français continuent à y adhérer, un peu plus des hommes. En revanche ce n’est pas du tout le cas pour les jeunes de 18 à 25 ans et surtout pour les jeunes hommes de 18 à 24 ans qui adhèrent bien plus que les autres tranches d’âge à une vision sexiste et à une sexualité violente sans respect du consentement.

Ipsos Association Mémoire Traumatique et Victimologie

L’insuffisance d’information sur les lois, le consentement, les conduites à tenir et les ressources est flagrante et très préoccupante. Que ce soit pour un mineur ou dans le cas d’un inceste, la majorité des Français ne connait pas l’âge de non-consentement. Un quart d’entre eux, y compris les femmes, ne connaissent aucun des services d’aide et de soutien aux victimes de violences, autre frein important pour tous ceux qui seraient susceptibles de porter plainte ou d’avoir besoin de soutien.

Le mouvement #metooinceste est considéré comme ayant eu un impact positif et les Français sont une majorité à penser qu’il faudrait une médiatisation plus importante bien que près de 3 Français sur 5, en particulier les hommes, considèrent que ce type de mouvement de libération de la parole fait courir un risque important de délation et de fausses accusations...

Ipsos Association Mémoire Traumatique et Victimologie

Plus de 90% des Français sont favorables à de nouvelles mesures pour mieux lutter contre les violences sexuelles telles l’imprescriptibilité des crimes sexuels, la formation obligatoire de tous les professionnels, la création de centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles dans chaque département, de même pour les premières mesures préconisées par la Commission indépendante inceste et violences sexuelles envers les enfants (CIIVISE) sur la suspension ou le retrait de l’autorité parentale du parent incriminé en cas d’inceste signalé ou condamné.

Ipsos Association Mémoire Traumatique et Victimologie

L’intense médiatisation sur les violences sexuelles, les nombreux témoignages depuis et les nombreuses campagnes depuis 2019 et surtout la déflagration causée par la publication début janvier 2021 du livre de Camille Kouchner La familia grande, suivie par un mouvement historique #metooinceste de près de 80000 tweets en un week-end sont autant d’évènements (parmi d’autres) qui ont permis une prise de conscience de l’ampleur des violences sexuelles et de la nécessité d’intensifier la lutte contre celles-ci, à briser la loi du silence.

Cette enquête montre que le niveau de tolérance baisse vis à vis des violences sexuelles et qu’il y a une forte attente des Français pour améliorer la lutte contre les violences sexuelles, la lutte contre leur impunité, pour améliorer la protection et la prise en charge des victimes.

Découvrez le détail de l'enquête
sur memoiretraumatique.org

 


Méthodologie : enquête Ipsos réalisée en ligne auprès de 1035 individus représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plu, du 15 au 17 novembre 2021.

Auteur(s)

  • Etienne Mercier
    Etienne Mercier
    Directeur du département Public Affairs Santé
  • Adeline Merceron
    Adeline Merceron
    Directrice adjointe du département Public Affairs Santé

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