Quel avenir pour le télétravail après le déconfinement ?

La crise du coronavirus aurait enclenché une révolution qui va obliger les employeurs et les entreprises à repenser totalement l’organisation du travail de leurs salariés car pour ces derniers, plus rien ne serait jamais pareil. Mais finalement, quels ont été les impacts du déconfinement sur la pratique du télétravail ? Le recours au télétravail a-t-il continué d’augmenter depuis le déconfinement ? Quelle place aura le télétravail dans les prochains mois ? Va-t-il remplacer à termes le travail sur site ? Ipsos a mené l'enquête pour la société Perial afin de recueillir l'opinion des salariés.

Si le télétravail s’était imposé pendant le confinement, il y a un mouvement de reflux depuis le déconfinement : plus d’1 salarié sur 2 déclare ne pas être en télétravail.

  • Avant le confinement, seulement 18% des salariés travaillant en bureau faisaient du télétravail, en moyenne 0,4 jours par semaine (contre 82% qui n’en faisaient jamais),
  • Tout a changé pendant le confinement. 65% des salariés en bureau sont passés en télétravail, durant presque 3 jours par semaine en moyenne. A l’époque déjà, moins d’1 salarié sur 2 travaillait en télétravail toute la semaine (47% étaient en télétravail pendant 5 jours).
  • A l’aube de la troisième phase de déconfinement, on a observé un mouvement de reflux puisque désormais la majorité des salariés évoluant en bureau ne travaillent plus du tout en télétravail (55%).

A l’opposé, 45% continuent à faire du télétravail mais le nombre de jours moyens travaillés à la maison a chuté de moitié (1,5 jours).

Plus d’1/3 des salariés travaillant en bureau prévoient de recourir régulièrement au télétravail à partir de septembre.

  • Seule une minorité des salariés ayant télétravaillé pendant le confinement estime qu’elle y aura régulièrement recours, à jours fixes à partir de septembre (38%).
  • Toutefois, un tiers des salariés a décidé de le pratiquer occasionnellement (32%), que ce soit par choix, pour se concentrer (24%) ou par obligation, pour des problèmes de garde d’enfants ou de livraison par exemple (8%).
  • Un autre petit tiers (30%) considère quant à lui qu’il n’en fera jamais ou presque jamais.

Pour la majorité des salariés, le travail sur site en bureau ne pourra jamais être remplacé par le télétravail

  • Seules 15% des personnes interrogées considèrent que le télétravail va se généraliser et que tout le monde va s’y mettre massivement. La majorité des salariés s’accordent plutôt à dire que le télétravail va se développer en complémentarité du travail sur site, sans jamais le remplacer (57%).
  • Plus d’un quart des salariés de bureau estiment même que le télétravail est « un phénomène qui sera beaucoup moins pratiqué à la fin de l’épidémie de coronavirus » (28%).
  • Sur les différents modèles de travail envisageables, s’ils avaient le choix, 45% travailleraient la moitié du temps au bureau et l’autre moitié du temps depuis leur domicile, tandis que 38% travailleraient tout le temps sur site avec leurs collègues et rarement en télétravail. Seulement 17% feraient le choix du « tout télétravail ».

 

Auteur(s)

  • Etienne Mercier
    Etienne Mercier
    Directeur du département Public Affairs Santé

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