IA en entreprise : état des lieux et leviers d'accélération
Chiffres clés de l'enquête
▶ 35% des salariés utilisent l'IA au moins une fois par semaine dans le cadre professionnel, tandis que seuls 9% s’en servent tous les jours.
▶ 72 % des dirigeants estiment que l’utilisation de l’IA est déjà ou sera un avantage compétitif indispensable pour leur activité d’ici à 3 ans.
▶ Bien que les T/PME aient un retard certain dans l’intégration structurelle de l’IA (15 % contre 58 % pour les grands groupes), les dirigeants de petites structures sortent leur épingle du jeu par rapport à la moyenne des salariés français. 37% des auto-entrepreneurs et 35% des dirigeants de TPE utilisent l’IA pour des tâches créatives, contre 24% chez l’ensemble des salariés français.
▶ En moyenne, 21% des salariés ont reçu une formation à l'IA dans le cadre professionnel : ce chiffre atteint 30% des salariés de grande entreprise, et tombe à 16% dans les structures de moins de 10 personnes.
Une adoption rapide de l’IA, mais une acculturation qui reste encore relative
La France a connu une adoption rapide de l’intelligence artificielle : le nombre d'utilisateurs d’outils d’IA (tous usages, professionnels et personnels confondus) a doublé dans l'Hexagone en deux ans, passant de 28% en 2023 à 51% en 2025.
Pour autant, la compréhension de l'IA par les Français reste relativement limitée par rapport à d'autres grands pays avancés : 59% des Français déclarant bien comprendre l'IA, ce qui nous situe derrière les États-Unis (66%) et en bas du classement européen.
Cette familiarité varie par ailleurs fortement selon les profils : 67% des hommes contre 51% des femmes, 72% des moins de 35 ans contre 45% des 50 ans et plus, et 66% des diplômés Bac +3 contre 51% des diplômés niveau Bac ou inférieur.
Des dirigeants d’entreprise qui perçoivent plus clairement l’impact positif de l’IA
Pour les cadres dirigeants d’entreprises, 72 % estiment que l’utilisation de l’IA est déjà ou sera un avantage compétitif indispensable pour leur activité d’ici à 3 ans.
70% cadres dirigeants dont l’entreprise utilise l’IA estiment qu’elle a amélioré les gains de productivité, et autant jugent qu’elle le fera à l’avenir (69%). 52% d’entre eux estiment en effet que l’usage de l’IA a permis de libérer du temps aux salariés, souvent de manière significative, et donc de les rediriger vers des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Enfin, 75% ayant investi dans IA affirment avoir recruté de nouveaux collaborateurs pour accompagner ce déploiement.
Une perception des salariés vis-à-vis de l’IA plus contrastée
Si le regard que les salariés français portent sur l’IA s’est sensiblement amélioré au cours des deux dernières années, en lien avec la montée de l’utilisation, la perception reste ambivalente : l’IA est assez largement considérée comme une opportunité pour les entreprises, alors qu’elle est en revanche vue comme une menace pour la société française.
De fait, quand on les interroge sur les principaux inconvénients potentiels liés à l’utilisation de l’IA dans le cadre professionnel, les salariés citent avant tout le risque de dépendance excessive envers l’outil (25%) ainsi que la perte des interactions humaines (24%), devant des aspects liés à la sécurité des données (23%) ou aux craintes pour l’emploi (21%).
Chez les salariés, un usage encore assez timide de l’IA dans le cadre professionnel, et souvent centré sur des tâches basiques
Si 41% des salariés français utilisent l’IA dans un cadre personnel au moins une fois par semaine, ce chiffre est en retrait sensible quand il concerne son utilisation à des fins professionnelles (35%). Au total, seuls 9% des salariés affirment utiliser l’IA tous les jours.
Cette utilisation concerne avant tout des tâches d’assistance : recherches d’informations, gains de productivité simples (synthèse, traduction, etc.). Les usages plus approfondis des possibilités de l’IA (par exemple pour des tâches de créativité, ou pour de l’apprentissage et de la formation) sont plus rares, et essentiellement le fait des plus jeunes salariés. Ces spécificités s’expliquent par des difficultés à imaginer le potentiel de l’IA : ceux qui ne l’utilisent pas au travail citent comme principales raisons le manque de pertinence perçue de l’outil pour leur activité, loin devant des réticences techniques (sécurité des données, qualité des réponses apportées), éthiques ou environnementales.
Le “Shadow AI”, révélateur d'une volonté d'utiliser davantage l'IA en entreprise
Un phénomène révélateur émerge de l'étude : le "Shadow AI". Près de la moitié (42%) des actifs qui utilisent l'IA dans le cadre de leur travail s'en servent surtout grâce à un compte personnel, contre 29% qui utilisent avant tout un compte professionnel. Seuls 14% des actifs déclarent que leur entreprise a mis en place une politique interne d'utilisation de l'IA. Ce décalage traduit une volonté des salariés d'explorer le potentiel de ces outils, bien qu’ils ne disposent trop souvent ni d’une formation initiale adéquate, ni d’un cadre formel sécurisant.
Les dirigeants de TPE et les auto-entrepreneurs ont une marge de progression importante mais un fort potentiel professionnel
Les T/PME, qui représentent la majorité des entreprises françaises, accusent un fort retard d’intégration de l’IA au niveau de l’organisation (15 % dans les petites entreprises, 31% dans les moyennes contre 58 % pour les grands groupes).
Pour autant, les dirigeants de T/PME sont plus convaincus que la moyenne des salariés français des bénéfices de l’IA, notamment pour améliorer l’efficacité ou progresser en créativité. Leur usage est également plus fréquent : 35% des dirigeants de TPE et 31% des auto-entrepreneurs l’utilisent plusieurs fois par semaine, contre seulement 25% des salariés.

La formation : un levier clé d’accélération de l’utilisation de l’IA
L’accès aux formations à l’IA en entreprise est encore limité. Actuellement, seulement 21% des salariés déclarent avoir reçu une formation à l'IA dans le cadre professionnel, un taux qui atteint au mieux 30% dans les grandes entreprises, mais tombe à 16% chez les micro-entreprises et 13% chez les auto-entrepreneurs.
Les attentes des salariés en matière de formation sont claires : 62% des actifs demandent des formations ancrées dans des cas d'usages concrets, illustrant des applications directes dans leurs tâches quotidiennes. Les acteurs les plus légitimes pour mettre en place ces formations sont les entreprises technologiques (27%), devant les employeurs (24%) et les organismes de formation (22%).
Rapport complet
À propos de l'enquête
Une méthodologie combinant cinq études inédites :
- Perception de l’IA par les citoyens dans 30 pays, enquête réalisée par Ipsos bva.
Terrain réalisé en ligne ou en face-à-face, du 21 mars au 4 avril 2025.
Échantillon représentatif de 23 216 adultes de 30 pays européens, dont 1 000 en France. - Panorama des usages parmi les actifs, enquête réalisée par Ipsos UK.
Terrain réalisé en ligne, du 6 au 17 novembre 2025.
Échantillon représentatif de 2 041 actifs français (salariés et indépendants, secteurs public et privé). - L’utilisation de l’IA dans le monde professionnel, point de vue des cadres, enquête réalisée par Public First.
Terrain réalisé en ligne, du 5 au 17 décembre 2025.
Échantillon représentatif de 2 348 cadres dirigeants d’entreprises de 15 pays européens, dont 283 en France. - Zoom sur l'entrepreneuriat et l’adoption de l’IA, auprès d’auto-entrepreneurs et de dirigeants de TPE.
Entretiens individuels semi-directifs réalisés en visio-conférence par Ipsos bva, en novembre 2025.
Des données Eurostat sont également citées :
- Source : Eurostat 2025, dirigeants d’entreprises de plus de 10 employés en Union Européenne.
Terrain réalisé début 2025 auprès de 157 000 entreprises.
Méthodologie complète dans le rapport d'étude.