Revolution@Work : de la Peur à l'Attente

Aujourd’hui démarre la 2e édition de Revolution@Work, en présence de 2000 participants, 80 intervenants, 6 quartiers d’affaires rassemblés à Paris La Défense. À cette occasion, les organisateurs et Ipsos dévoilent une étude internationale exclusive sur le futur du travail et les attentes des salariés en France, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Les premiers chiffres publiés illustrent les challenges qui attendent le monde du travail : la grande majorité des salariés (80 %) estiment qu’on travaillera différemment dans 10 ans, et 61 % pensent qu’exercer plusieurs activités professionnelles en même temps deviendra la norme. S’ils nourrissent certains espoirs, l’étude révèle également que des craintes sont exprimées, notamment de la part les Français. 

 

L’ampleur des changements dans le monde du travail

Changements

Le premier enseignement de cette étude est l’ampleur des changements en cours et à venir dans le monde du travail : plus des ¾ des salariés pensent qu’ils auront un impact important, et 8 salariés sur 10 estiment qu’on travaillera différemment dans 10 ans. Ce sont avant tout les outils de travail qui seront concernés par ces changements (cités par 38 % des salariés), suivis par les contrats de travail (cités par 33 % des salariés et même 51 % des Français), le contenu (28 %), l’organisation (26 %) et les espaces de travail (16 %, 24 % aux Etats-Unis).

Cette évolution se manifestera notamment par l’exercice de plusieurs activités professionnelles en même temps, ou slashing : elle sera la norme dans 10 ans pour 61 % des salariés, et même 65 % des Français. « C’est l’une des grandes révélations de notre étude. Les salariés n’anticipent pas des ajustements à la marge, ils s’attendent à une véritable révolution du monde du travail, explique Jean-Baptiste Aloy, directeur exécutif au sein du pôle études RH d’Ipsos. Les perceptions sont proches dans tous les secteurs d’activité, y compris dans la fonction publique. Il semble acquis aux yeux d’une large majorité que, non seulement on s’éloigne des parcours traditionnels où une personne faisait carrière chez un seul employeur, mais que l’emploi de demain sera par nature fragmenté. Le cumul de plusieurs missions ou jobs simultanés génère néanmoins des sentiments très partagés, avec, d’un côté, la poly-activité heureuse, synonyme de liberté et d’épanouissement au travail, et, de l’autre, une forme d’intermittence subie qui génère de l’insécurité ».

Les opportunités et les craintes

Opportunités et craintes

Cette révolution du monde du travail est source d’opportunités. Parmi celles-ci, la flexibilité est largement citée : flexibilité des lieux (mentionnée par 31 % des salariés) et des horaires de travail (26 %). Sont également espérés un accès facilité aux informations nécessaires pour faire son travail (20 %) et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée (19 %). Pour Marie-Célie Guillaume, Directrice générale de Defacto et co-organisatrice de Revolution@Work : « La réinvention du travail est une source d’opportunités pour tous : salariés et entreprises. Celles-ci l’ont bien compris, et avec Revolution@Work nous voulons les aider à s’approprier ces nouvelles tendances pour qu’ils les appliquent au sein de leur organisation. Les quartiers d’affaires ont également un rôle à jouer dans l’accompagnement et la mise en place de ces initiatives pour répondre à ces nouveaux besoins. »

 Mais cette étude dévoile aussi certaines craintes des salariés, et avant tout concernant le manque de sécurité de l’emploi qui est mentionné par près de 4 salariés sur 10 (38 %). Ils s’inquiètent également d’une augmentation potentielle du stress au travail (mentionnée par 30 % des salariés, et même 33 % des Français) et d’une déshumanisation des relations (22 %).

 Les Français sont légèrement plus inquiets face aux changements à venir : sur les quatre pays sondés, ils sont les seuls à envisager une hausse du temps de travail. 42 % pensent en effet qu’il va augmenter – contre 29 % sur l’ensemble des pays – et seuls 15 % qu’il va diminuer – contre 22 %. Le développement de l’intelligence artificielle dans un cadre professionnel est perçu de façon très contrasté parmi les salariés français : il y a autant de Français qui s’estiment inquiets de son impact que de Français considérant qu’il s’agit d’une « évolution normale » (à 39%). Au contraire aux États-Unis, les salariés observent l’arrivée de l’IA de manière plus positive que les salariés Français, avec 20% de salariés américains qui la décrivent comme une opportunité contre 11% en France.

Les jeunes, des salariés plus optimistes ?

Jeunes

Les jeunes salariés sont plus enclins à la révolution au travail : plus d’un tiers des 18-24 ans (36 %) pensent que l’expérience au travail dans 10 ans sera plus enrichissante (et même 44 % des jeunes américains), contre seulement 22 % pour l’ensemble des salariés. Ils sont de plus 56 % à penser que les entreprises de leur pays sont bien préparées aux changements du monde du travail, contre 43 % pour l’ensemble.

Les millenials sont plus nombreux que leurs aînés à voir dans le slashing un futur standard : 64 % des 18-24 ans pensent qu’exercer plusieurs activités professionnelles en même temps deviendra la norme (et 70 % au Royaume-Uni), soit 3 points de plus que la moyenne. Enfin, ils sont moins réticents vis-à-vis de la technologie : 20 % pensent que l’intelligence artificielle est une opportunité pour les salariés, contre 15 % pour l’ensemble des salariés.

 

VOIR LES TYPOLOGIES DE SALARIÉS

Fiche technique :
Étude Ipsos « Tomorrow’s work » pour Revolution@Work menée en septembre 2017 dans 4 pays – France, États-Unis, Pays-Bas, Royaume-Uni – sur un échantillon de 1000 répondants dans chaque pays sur un échantillon représentatif.

Auteur(s)

  • Jean-Baptiste Aloy
    Jean-Baptiste Aloy
    Workforce Analytics and Employee Experience Insights, Ipsos LEAD
  • Julia Pironon
    Julia Pironon
    Directrice de clientèle, Ipsos ERM

Articles liés

  • Arrêt maladie
    Société Enquête

    Santé mentale : 43 % des arrêts de travail sont désormais liés à des motifs psychologiques

    Alors que le gouvernement vient de présenter son plan d’action national contre l’absentéisme (9 avril 2026) et que François Bayrou chiffre le coût des arrêts maladie à 17 milliards d’euros par an, Workplace Options dévoile les résultats de la 7ème édition de son baromètre réalisé par Ipsos BVA auprès de 2 000 actifs français. Pour la première fois, l’étude couvre l’ensemble du secteur privé, y compris les TPE et les travailleurs indépendants. Les résultats révèlent l’ampleur de la crise silencieuse de la santé mentale au travail et le paradoxe du sur-engagement.
  • Ia et google

    IA en entreprise : état des lieux et leviers d'accélération

    Ipsos bva a conduit une grande enquête pour Google afin de réaliser un panorama de l'IA en France. Pour la première fois, cette enquête s'est notamment intéressée de manière approfondie aux usages de l'IA par les auto-entrepreneurs et les dirigeants de TPE. Parmi les principaux enseignements, on note une accélération de l’adoption pour atteindre un Français sur deux. L’utilisation en entreprise reste néanmoins encore souvent limitée à des tâches basiques, et elle est fréquemment initiée de manière individuelle, sans cadre clair au niveau de l’organisation. Si les petites entreprises accusent un retard dans l’adoption structurelle de l’IA par rapport aux grands groupes, les auto-entrepreneurs et dirigeants de TPE se montrent toutefois très actifs, explorant volontiers des usages à plus forte valeur ajoutée de l’IA que les salariés français en moyenne. Face au frein principal du manque de cas d’usage, la formation demeure le principal levier d'accélération.
  • Baromètre des salariés expérimentés | Ipsos

    Seules 8% des entreprises ont conçu des politiques de recrutement dédiées aux salariés expérimentés

    Ipsos dévoile une étude inédite sur l'emploi des seniors en entreprise, réalisée pour le Ministère du Travail et de l'Emploi, l'ANDRH et la communauté "Les entreprises s'engagent". Cette enquête menée auprès des DRH offre un éclairage sur la place des salariés expérimentés dans les entreprises françaises. L'étude révèle que malgré leur présence significative, peu d'entreprises ont mis en place des dispositifs spécifiques pour les seniors. Elle met en lumière les défis liés à la prévention de l'âgisme, la formation continue, la gestion des carrières et le transfert intergénérationnel des compétences. Ce rapport identifie des pistes d'amélioration pour une meilleure intégration et valorisation de ces talents expérimentés dans le monde du travail.