L'été des Français - Episode 3 : Rêver ses vacances ou vivre les vacances de ses rêves ?

Ipsos lance la saga "L'été des Français" avec la communauté Ipsos ConnectLive, rassemblant 1 500 Français. Chaque semaine, les participants seront interrogés sur un thème spécifique et invités à partager leurs points vue. Cette semaine, nous leur avons demandé de nous décrire leurs vacances de rêves. Quelles destinations, quelles aventures font rêver nos membres ? Ambiance carte postale ou semaine sportive éreintante ?

Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre
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Au fait, à quoi servent les vacances ?

Quitter son domicile pour partir dans une autre région ou un autre pays sans objectif de conquête, d’exploration ou de commerce, animé de la seule envie de les découvrir, est une idée que l’on associe à Montaigne et à son Journal de voyage en Italie par la Suisse & l’Allemagne en 1580 & 1581. Depuis, le tourisme s’est popularisé et avec les congés payés en 1936, il est devenu difficile d’imaginer une année sans vacances.

Quand on leur demande ce que les vacances représentent pour eux, les participants de notre communauté online ConnectILive nous parlent avant tout de coupure, de pause dans les routines, de dépaysement, d’évasion…, autant d’antidotes et de soupapes face à un quotidien répétitif et stressant, surtout dans un contexte pesant de crises sanitaires et économiques : « Se déconnecter, reprendre des forces et voir autre chose, est important de temps en temps ».

La magie des vacances est de donner l’illusion de se dégager des contraintes, comme si « partir en voyage, c’était se rappeler notre liberté », parce qu’elles permettent de révéler quelque chose de soi de plus vrai et de plus naturel dans cette séquence où l’on est anonyme, entouré de gens qui ne nous connaissent pas et que nous ne reverrons a priori jamais (à la différence des collègues de travail ou des amis), d’où pour certains, un sentiment d’impunité qui favorise la spontanéité, le lâcher-prise, les pulsions…

Pour d’autres, les vacances sont un moment d’intensité pour se renouveler et se redécouvrir, par opposition à un quotidien qui ne surprend plus : « Les voyages permettent d'élargir la vision des choses, de découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles cultures. On sort du quotidien et cela fait un bien fou de de profiter d'autres paysages, d’être enchanté par un coucher de soleil et de profiter des gens que l'on aime ».

Mais les vacances ont un début et une fin, on sait en partant quand on rentrera, ce qui explique pourquoi il faut savoir investir leur durée limitée pour en oublier le terme, la fatalité. Deux attitudes y aident, incarnées par les Egotistes qui veulent éliminer toutes les contraintes et les stress, les autres en priorité, parce que le vrai Luxe, c’est « être seul, pour être au calme et ne pas me prendre la tête du soir au matin avec des êtres compliqués » ou

Les Fusionnels qui, à l’inverse, n’envisagent pas de vivre une expérience sans la partager : « Je me sentirai incapable de faire un voyage solo ! Même pour un voyage de rêve, je choisis mon mari pour m'accompagner ; les moments où nous ne sommes pas ensemble sont plutôt rares : le temps d'une formation, d'un concours... Partir en vacances sans lui ? "Même pas en rêve" -> tout est dit ! »  ni l’amplifier : « Oui, j’aime découvrir des endroits merveilleux, mais j’aime d’autant voire plus voir l’émerveillement dans les yeux de mon conjoint ou de mes enfants ».

A propos de voyages et de vacances, le rêve est de faire disparaître le temps. Dans l’hypothèse où ils pourraient partir sans limite financière, c’est sur leur durée que les participants insistent : faire le tour du monde en bateau, passer de pays en pays, aller partout en camping-car « L'idéal est de tout voir, mais en premier j'irais en Europe avec l'Italie ou l'Espagne pour leur côté chaleureux, ou les pays du Nord pour la verdure et l'accueil.  Ce serait un voyage à la fois bien-être et visites, c'est à dire que je prendrais le temps aussi de me reposer, de me détendre, et de visiter ce qu'il y a à visiter tout en essayant de rencontrer des personnes du coin et goûter aussi les spécialités culinaires du pays ».

Comment vivre ce voyage rêvé ?

Les Explorateurs rêvent de parcourir le vaste monde, comme leurs illustres prédécesseurs Marco Polo, Magellan, ou La Pérouse : « J’irais en Europe, en Martinique, puis j’irai faire un tour aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Afrique du Sud, à Tahiti… », les Passionnés voudraient se consacrer à un pays ou une région qui les intéressent depuis toujours (Japon, Asie, Monde Celte avec le triptyque Irlande, Ecosse, Féroé…), quand les Paresseux n’ont qu’une envie, tout oublier sur « une plage, avec un mojito et du sable entre les fesses », à Bali si possible. Pour les Gourmands, voyage est synonyme d’expériences gustatives, pas forcément à l’autre bout du monde : « J’irais dans une ville française ou il existe des bistrots traditionnels pour déguster la gastronomie locale », alors que les Spectateurs associent aux parcs d’attractions, Disney World en tête, un idéal de loisirs et d’aventures emblématique de leur vision du voyage de rêve. Terminons avec les Extrêmes, qui veulent se fondre sans la culture et les traditions du pays, comme « aller en Ecosse visiter les châteaux, manger de la panse de brebis, boire de la vraie bière, et faire une session de coupage de tronc d'arbre » !

En ce qui concerne l’impact de l’actualité (covid-19 et inflation) sur la manière de passer l’été 2022, deux populations se distinguent : les Indifférents à la covid-19, qui ne se sentent pas menacés par le virus, les Inquiets qui ont peur d’une nouvelle vague de contaminations et de nouvelles restrictions, les deux pouvant subir les hausses des prix et changer leurs plans : « J'ai l'impression qu'avec le Covid, on ne peut plus profiter à fond de notre voyage. Il faut toujours penser au test pour partir/revenir, aux possibles annulations, faire attention à ne pas attraper ou donner de microbes. Du coup ça me donne moins envie de voyager », « Depuis la COVID les voyages sont compromis et la crise financière ne permet pas de faire de grands projets », dans un contexte de crise internationale : « Mon seul souhait est de voyager vers des pays qui ne sont pas en guerre ou risquent de l'être ».

On le voit, les rêves sont vite rattrapés par une actualité qui rend d’autant plus indispensable leur pouvoir d’attraction et d’évasion : « J’ai de plus en plus envie de voyager car ce quotidien m'ennuie beaucoup plus qu'avant ».


Retrouvez tous les épisodes de
notre saga de l'été

Episode 1 - L'hôtel grand absent des vacances

Episode 2 - L'éveil des désirs secrets


Les prénoms des personnes citées ont été modifiés.

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Auteur(s)

  • Yves Bardon Directeur du programme Flair, Ipsos Knowledge Centre

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